« Rencontre. Entretien avec Franck Delorieux »
n° 76, novembre 2010
- Par René Schérer
Pages 972 à 975
Citer ce chapitre
- SCHÉRER, René,
- ROUBAUD-QUASHIE, Guillaume,
- Avec le concours de TSIPTSIOS, Lukas,
- Schérer, René.
- Schérer, R.
Citer ce chapitre
- Schérer, R.
- Schérer, René.
- SCHÉRER, René,
- ROUBAUD-QUASHIE, Guillaume,
- Avec le concours de TSIPTSIOS, Lukas,
René Schérer. « Nous avons tous été enfants avant d’être hommes », a écrit Descartes. Nous parlons toujours nécessairement de l’enfance à partir de l’enfant que nous avons été. Et, j’ajoute, que nous le restons intérieurement encore. Les ruptures certaines ne peuvent supprimer une continuité. Nous n’entrons jamais pleinement dans l’âge adulte, « dans la vie », disait mon ami, mort aujourd’hui, Georges Lapassade. Mais il y a l’enfant en face de nous, notre contemporain, notre interlocuteur. Et, lui, il est toujours, par avance, un mystère, une énigme. Qu’est-il ? Que pense-t-il, au juste ? J’ai toujours lutté, dans mes séminaires, mes écrits contre la tendance à se substituer à lui, à parler à sa place, comme le font généralement les mères, mais aussi les pédagogues. L’enfant interlocuteur, notre associé, notre contemporain, capable de parler, de ressentir avec nous et, d’une certaine manière, au même niveau, sur le même plan, c’est cela qui importe. Traiter l’enfant comme pleinement pourvu de l’éventail des passions, c’est-à-dire des mêmes moyens d’agir et de sentir que les adultes de son entourage, je l’ai trouvé chez Charles Fourier ; et j’ai cru, dans les années soixante-dix, le retrouver avec les mouvements lycéens qui avaient lieu à cette époque. Il y a donc plusieurs motivations dans le fait que j’ai écrit sur l’enfance : une d’ordre théorique, intellectuel, et puis il y a également le fait que, dans ces années où j’ai commencé à écrire Émile perverti, toute la jeunesse et l’enfance s’étaient portées dehors…
Date de mise en ligne : 12/02/2026
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
36,99 €
Acheter ce chapitre
3,00 €