« Pour l’amour de l’avenir »
n° 955, 7 décembre 1962
- Par Elsa Triolet
Pages 238 à 244
Citer ce chapitre
- TRIOLET, Elsa,
- ROUBAUD-QUASHIE, Guillaume,
- Avec le concours de TSIPTSIOS, Lukas,
- Triolet, Elsa.
- Triolet, E.
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- Triolet, E.
- Triolet, Elsa.
- TRIOLET, Elsa,
- ROUBAUD-QUASHIE, Guillaume,
- Avec le concours de TSIPTSIOS, Lukas,
Une nouvelle d’Alexandre Soljénitzyne, « Une journée d’Ivan Dénissovitch », publiée dans le numéro de novembre 1962 de la revue Novy Mir, à Moscou, a fait naître des vagues qui sont parvenues jusqu’aux journaux parisiens. L’importance de cette nouvelle de Soljénitzyne est double : littéraire et politique. Le talent de l’auteur est grand ; le thème – un camp de concentration soviétique – paraît ici pour la première fois dans la littérature imprimée en URSS.
Il existe, en effet, divers points de vue quant à l’opportunité de revenir sur le grand désastre que l’Union soviétique a vécu pendant bien un quart de siècle. Ne parlons pas du point de vue des individus dangereux pour qui ce malheur a été un bonheur, et qui espèrent revivre ces temps bénis ; si bien qu’ils n’admettent pas qu’on en parle en mal. Il doit en exister encore, de ceux-là, l’histoire n’est pas tellement vieille.
D’autres et surtout parmi les jeunes, ne veulent plus entendre parler de « politique » : de l’évasion s’il vous plaît, assez de malheur comme ça ! Personnellement, je ne me fierais pas beaucoup à cet apolitisme.
D’autre encore, probablement les plus nombreux, considèrent que plus vite ces temps maudits seront oubliés, mieux il vaudra ; le souvenir de cette aberration collective leur est intolérable, il les blesse dans leur cœur, dans leur fierté, et dans l’orgueil ; ils préféreraient que l’on continuât à se faire, que deux cents millions d’hommes et de femmes gardent leur secret, comme d’un accord tacite, ils l’avaient fait toutes ces interminables années…
Date de mise en ligne : 12/02/2026
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