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8. Au-delà de l’Agapè, l’Éros : quelques figures de l’inceste fraternel

Pages 171 à 194

Citer ce chapitre


  • Viaux, J.-L.
(2022). 8. Au-delà de l’Agapè, l’Éros : quelques figures de l’inceste fraternel. Les incestes : Clinique d'un crime contre l'humanisation (p. 171-194). érès. https://shs.cairn.info/les-incestes--9782749274621-page-171?lang=fr.

  • Viaux, Jean-Luc.
« 8. Au-delà de l’Agapè, l’Éros : quelques figures de l’inceste fraternel ». Les incestes Clinique d'un crime contre l'humanisation, érès, 2022. p.171-194. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-incestes--9782749274621-page-171?lang=fr.

  • VIAUX, Jean-Luc,
2022. 8. Au-delà de l’Agapè, l’Éros : quelques figures de l’inceste fraternel. In : Les incestes Clinique d'un crime contre l'humanisation. Toulouse : érès. Enfances, parentalités et institutions, p.171-194. URL : https://shs.cairn.info/les-incestes--9782749274621-page-171?lang=fr.

Notes

  • [1]
    L’Agapè, dans le Nouveau Testament, désigne dans le même temps cet amour de Dieu pour l’homme et cet amour fraternel entre les hommes qui constitue une exhortation à aimer son prochain jusqu’à son ennemi (O. Bobineau, « Qu’est-ce que l’Agapè ? De l’exegèse à une synthèse anthropologique en passant par la théologie », Revue du mauss, n° 1, 2010).
  • [2]
    G. Bonnet, « Le fétiche et l’idéalisation ou le fétiche : un concentré d’amour perdu », dans D. Bouchet-Kervella et coll. (sous la direction de), Le fétichisme, Paris, Puf, coll. « Monographies et débats de psychanalyse », 2012, p. 73-91.
  • [3]
    « Les abus sexuels dans la fratrie », Extrait du livre de Jean-Paul Mugnier, De l’incestueux à l’incestuel, une approche relationnelle, paru aux éditions Fabert en 2013, Carnet de notes sur les maltraitances infantiles, n° 5, 2016, p. 48-54.
  • [4]
    J.L. Viaux, « Adolescents agresseurs sexuels : de quelle sexualité parle-t-on ? », dans P.D. Jaffé, J. Zermatten (sous la direction de), Les jeunes auteurs d’actes d’ordre sexuel, Sion, Institut universitaire Kurt Bösch, 2011.
  • [5]
    D. Dussy, Anthropologie de l’inceste, livre I, Le berceau des dominations, Marseille, eld, 2013.
  • [6]
    Notamment des livres importants pour la clinique : J. André, Incestes (2001), D. Castro, Incestes (1995) ou M. Gabel, S. Lebovici et P. Mazet, Le traumatisme de l’inceste (1995) ; Y.-H. Haesevoets, dans L’enfant victime d’inceste (2015) consacre une page aux « autres liens de parenté » et « les grands-pères et les frères abuseurs » non sans noter qu’il s’agit là de dysfonctionnements concernant le groupe familial et non le seul sujet.
  • [7]
    A. Green, « La relation de la mère nécessairement incestueuse », dans J. André (sous la direction de), Incestes, Paris, Puf, 2001.
  • [8]
    J.-M. Talpin, « La fratrie orpheline et l’inceste », Le divan familial, n° 10, 2003, p. 133-144.
  • [9]
    R. Jaitin, Clinique de l’inceste fraternel, Paris, Dunod, 2006.
  • [10]
    Cf. P.-C. Racamier (1995), L’inceste et l’incestuel, Paris, Dunod, 2010.
  • [11]
    Ou le mariage « croisé » de deux frères avec deux sœurs (un frère et une sœur épousent un frère et une sœur) et, comme dans les fictions, dans la vraie vie, il arrive qu’après avoir épousé l’un(e) et divorcé, l’un ou l’une épouse l’autre sœur/frère.
  • [12]
    M. Godelier, « Qu’est-ce qu’un acte sexuel ? », Revue internationale de psychopathologie, n° 19, 1995, p. 351-382.
  • [13]
    A. Binet (1887), Le fétichisme dans l’amour, Paris, Payot, coll. « Petite bibliothèque Payot », 2000.
  • [14]
    G. Bonnet, op. cit.
  • [15]
    D. Sibony, Perversions. Dialogue sur des folies actuelles, Paris, Le Seuil, coll. « Points Essais », 2000.
  • [16]
    S. Freud, note de 1924 ajoutée aux « Nouvelles remarques sur les psycho--névroses de défense » (1896), dans Névrose, psychose et perversion, Paris, Puf, 1973.

Mugnier en constatant le manque de recherche sur le sujet de l’inceste fraternel l’explique « non seulement par le silence qui [l’]entoure mais aussi par la banalisation de ces actes très souvent attribués à la découverte de la sexualité entre frères et sœurs à peine pubères. Il ne s’agit pas de nier cette découverte de la sexualité dans la fratrie, ni de qualifier d’abus toute expérience sexuelle entre préadolescents et/ou adolescents d’une même famille ». Il fait donc la distinction entre les découvertes de la sexualité entre pairs d’âge au sein de la famille (y compris cousins et cousines) et les agressions.
Quant à sa prévalence, malgré quelques recherches bibliographiques je n’ai trouvé aucune étude statistique sur l’inceste fraternel, pourtant non marginal dans mon expérience de clinicien et d’expert. Il est pourtant connu que les agressions et viols par des jeunes gens de moins de 25 ans sont en nombre important : entre 20 et 30 % des auteurs d’agressions et de viols sont dans cette tranche d’âge. Aussi bien dans les statistiques que dans les écrits cliniques il n’est question que des « agressions sexuelles par des adolescents », ce qui ne fait pas apparaître en tant que tel l’inceste fraternel. Cela n’apparaît pas davantage dans le décompte des plaintes adultes puisqu’il n’est et ne sera question que de viol incestueux, sans spécificité. On notera d’ailleurs que les associations de défense des victimes ou spécifiquement des enfants ont tendance à considérer le viol comme un ensemble déterminé, sans distinction des problématiques familiale…


Date de mise en ligne : 27/09/2022

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