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Chapitre I. Les inégalités en milieu paysan

Pages 257 à 281

Citer ce chapitre


  • Falque-Vert, H.
(2013). Chapitre I. Les inégalités en milieu paysan. Les hommes et la montagne en Dauphiné au XIIIe siècle (p. 257-281). Presses universitaires de Grenoble. https://shs.cairn.info/les-hommes-et-la-montagne-en-dauphine-au-xiii-siecle--9782706107269-page-257?lang=fr.

  • Falque-Vert, Henri.
« Chapitre I. Les inégalités en milieu paysan ». Les hommes et la montagne en Dauphiné au XIIIe siècle, Presses universitaires de Grenoble, 2013. p.257-281. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-hommes-et-la-montagne-en-dauphine-au-xiii-siecle--9782706107269-page-257?lang=fr.

  • FALQUE-VERT, Henri,
2013. Chapitre I. Les inégalités en milieu paysan. In : Les hommes et la montagne en Dauphiné au XIIIe siècle. FONTAINE : Presses universitaires de Grenoble. La pierre et l'écrit, p.257-281. URL : https://shs.cairn.info/les-hommes-et-la-montagne-en-dauphine-au-xiii-siecle--9782706107269-page-257?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Sur les hommes de la paroisse d’Arvieux : B 3700, fol. 51. Cinq alberga de Molines sont dépendants de la parerie noble de Molines : B 2662, fol. 480vo, 481 vo, B 3699, fol. 3vo, B 3700, fol. 54vo. Sur des paysans dépendants de seigneurs à Pont : ibid., fol. 71 vo. Sur des homines communes du dauphin et du marquis de Saluces : ibid., fol. 67.
  • [2]
    Sur la « quête » provençale : J.-P. Poly, La Provence …, op. cit., p. 134. E. Baratier, Enquêtes …, op. cit., p. 59. Nobles du Queyras considérés comme homines ligii dalphini : B 3700, fol. 56, 64, 77vo. G. Giordanengo, « Les roturiers possesseurs de fiefs nobles en Dauphiné aux XIVe et XVe siècles », CH, 1970, p. 319-334. Première mention d’homines quittios et ligios en 1225, dans la région de Romans : P.E. Giraud, Essai historique …, op. cit., t. 5, charte 363.
  • [3]
    Sur les hommages roturiers des communautés queyrassines en 1332 : B 2611, fol. 209 à 224. A propos des étrangers : B 3700, fol. 64. Dans l’enquête d’Arvieux : ibid., fol. 51; pour Saint-Eusèbe : ibid., fol. 67; pour Bellin : ibid., fol. 71 vo. Sur les homines ligii du Valcluson en 1260 : B 2662, fol. 465, 458vo ; B 3699, fol. 45, 55, 56, 58; pour leurs « hommage et fidélité » en 1246 : Documenti, sigilli et monete appartenenti alla storia della monarchia di Savoia, éd. Cibrario et Promis, Turin, 1833, p. 159, cité dans L. Faletti, « Le contraste juridique en Bourgogne et Savoie au sujet de la mainmorte seigneuriale », dans Mémoires de la société pour l’histoire du droit et des institutions des anciens pays bourguignons, comtois et romans 12, 1948-1949, p. 117-139; 13, 1950-1951, p. 138-176, en particulier p. 145. Mention d’hominium ligium et taylla pour un hameau de Saint-Chaffrey : B 3699, fol. 32vo. V. Chomel, Les « hommes delphinaux » et la coseigneurie en Dauphiné (XIVe-XVIe siècles), dans Les libertés au Moyen Age, Festival d’histoire de Montbrison ( 1-5 octobre 1986), p. 291-302.
  • [4]
    G. Duby, La société …, op. cit., p. 559. M. David, Le patrimoine foncier de l’Eglise de Lyon de 984 à 1267. Contribution à l’étude de la féodalité dans le Lyonnais, Lyon, 1942, p. 307. P. Ourliac, « Les villages de la région toulousaine au XIIe siècle », dans AESC, 1949, p. 268-277. P. Petot, « L’hommage servile. Essai sur la nature juridique de l’hommage », dans RHDFE, 1927, p. 68-107.
  • [5]
    Pour la description de l’hommage modo plebeyo en Haut-Dauphiné, B 2962, fol. 496 (1334). Sur l’emploi de la formula Philiberti dans les châtellenies de Bardonnèche, Valcluson, Pont : ibid., fol. 502, 505vo. G. Giordanengo, « Epistola Philiberti … », art. cit., p. 828-849. Sur l’hommage imposé aux anciens hommes de François de Bardonnèche : B 2962, fol. 507. Texte de la charte de 1343 : B 3010, fol. 579-592. Editée dans A. Fauche-Prunelle, Essai sur les anciennes institutions …, op. cit., 1, p. 347-369. Sur l’hommage lige en Briançonnais : Henri de Jouvencel, Du Briançonnais piémontais en Ile-de-France. Recherches historiques, généalogiques et biographiques sur les Jouvencel, Villeconin, 1940, p. 143-149.
  • [6]
    Suppression de la taille arbitraire, comme unique concession : P. Vaillant, Les libertés …, op. cit., p. 311.
  • [7]
    Sur les enfants illégitimes en Queyras : B 3700, fol. 51, 57, 60vo, 61vo ; pour le Valcluson, ibid., fol. 98vo, 100, 101 vo, 104, 106 ; dans le mandement de La Buissière en Grésivaudan : B 2662, fol. 128vo. A propos des étrangers : B 3700, fol. 51, 54vo, 57, 60vo, 61vo, 64, 78 pour le Queyras. Pour le droit de gardia ou commendaria : quatre cas seulement en Queyras, B 3700, fol. 60, 62vo, 64vo. Sur la sauvegarde en Provence : E. Baratier, Enquêtes …, op. cit., p. 74. P. Petot, « La commendise personnelle », dans Mélanges P. Fournier, Paris, 1929, p. 609-614.
  • [8]
    Sur des donations ou ventes d’hommes au XIIIe siècle : G. Collino, Le carte della prevostura …, charte 183 (1186) ; dans le mandement de Réotier, cession par un châtelain à des nobles : B 2662, fol. 475 ou B 3699, fol. 16 (1260). Achat par le comte de Valentinois : B 3894 (1256) ; achat par le chapitre de Vienne d’un homme lige au prix de 100 sous (1249 ?): U. Chevalier, Actes capitulaires de l’église Saint-Maurice-de-Vienne : statuts, inféodations, comptes …, Vienne, 1875, p. 91; achat d’homines, census, servicia et omnia alia par le dauphin à un noble du mandement de La Buissière : B 2662, fol. 130 (1262) et fol. 150vo (1265). Vente de droits et biens en Gapençais, sive sint dominia, homines … terre : P. Guillaume, Chartes de Durbon …, charte 415 (1242).
  • [9]
    Dépendance par leur corps pour des tenanciers de La Garde : B 2662, fol. 385vo. Sur l’expression servitutes rusticales dans le mandement de Vallouise : B 2662, fol. 495vo (1265). Sur l’expression nebula servitutis, mentionnée dans un texte de 1318, cité par V. Chomel, « Francs » et « rustiques » dans la seigneurie dauphinoise au temps des affranchissements », BPH, année 1965, 1968, p. 285-308, notamment p. 294. Sur la dépendance personnelle en Provence : R. Aubenas, « Le servage à Castellane au XIVe siècle », RHDFE, 61, 1937, p. 77-93. C. Samaran, « Notes sur la dépendance personnelle en Haute-Provence au XIVe siècle », A.M., 69, 1957, p. 229-236.
  • [10]
    Sur la fin ou les fins de l’esclavage : P. Bonnassie, « Survie et extinction du régime esclavagiste dans l’Occident du haut Moyen Age (IVe-XIe siècle)», CCM, n°4, 1985, p. 307-343. G. Bois, La mutation de l’an mil. Lournand, village mâçonnais de l’antiquité au féodalisme, Paris, 1989, p. 31-61. Dernière mention du mot servus en Dauphiné en 1117 : Ch. de Monteynard, Cartulare … de Domina, charte 64. Disparition du vocable en Mâçonnais en 1107 : G. Duby, La société …, op. cit., p. 249. N. Didier, « Les plus anciens textes sur le servage dans la région dauphinoise », dans Etudes du droit privé offertes à Pierre Petot, Paris, 1959, p. 3-12. P. Duparc, « Libres et hommes liges », dans Journal des savants, 1973, p. 81-98. Homo proprius en Haut-Dauphiné : G. Collino, Le carte …, charte 183 (1186). Homo proprius correspond à homo ligius dans le mandement de Réotier : B 3700, fol. 8. Dans le mandement d’Avalon en Grésivaudan, opposition entre les nobles qui sont qualifiés de tenentes libere et les paysans, tenentes per villenagium : B 2662, fol. 178 et 200vo. Pour la présentation des nobles comme liberi et des paysans comme non liberi : ibid., fol. 43, 47-47vo, 58vo, 59, 63-63vo.
  • [11]
    Tenanciers queyrassins possessionnés dans différents quartiers : supra, tableau 27.
  • [12]
    Achats de biens nobles par des paysans : B 3700, fol. 64. Les liberi Johannis Ymberti et leur père : B 2662, fol. 477. Sur Pierre Didier : B 3700, fol. 61vo et 62. Sur Michel Nehel : B 3699, fol. 6, 7, et B 3700, fol. 62. Giraud Maysėvuli : B 3699, fol. 6, B 3700, fol. 61 vo, 62. Jean Arnaud : B 3699, fol. 7.
  • [13]
    Sur Martin Gilbert : B 3699, fol. 10, 15 et B 3700, fol. 66vo.
  • [14]
    Sur les « brassiers » et « laboureurs » dans le royaume de France : M. Bloch, Les caractères originaux …, op. cit., p. 198. G. Duby, L’économie rurale.op. cit., p. 206-207.
  • [15]
    Première enquête sur Pragelas : B 2662, fol. 453 à 458, et Dossier documentaire p. 451 et suivantes ; pour la deuxième enquête : B 2662, fol. 458vo-461 vo, ou B 3699, fol. 58 à 60; pour la troisième enquête : B 3700, fol. 105vo à 121vo.
  • [16]
    L’église de Pragelas tient du comte quelques prairies : Dossier documentaire (94), et B 3700, fol. 111 vo. Les ermitan de Cassa Nova ou la domus heremitanorum Casse Nove tiennent une maison et parum prati : Dossier documentaire (160) et B 3700, fol. 110vo. Perception des tâches par le maréchal Obert Auruce : Dossier documentaire (2). Sur Bernard Orsel : Dossier documentaire (123), (126), (149) ; B 2662, fol. 458vo à 461 ; B 3700,passim entre fol. 104 et 121.
  • [17]
    Dans le tableau suivant (38) seules sont comptabilisées les exploitations pour lesquelles nous disposons de superficies précises, et seules sont retenues les terres taschiabiles ou cultibilės à l’exclusion des « hermes » ou « terres stériles », même mesurées.
  • [18]
    Tenures des trois frères Masquarrons ou Mascarrons : Dossier documentaire (12) ; pour les tenures de Peyronna Maynella et Agnès Infirma : ibid., (146) et (172). Pour des comparaisons avec d’autres régions : R. Fossier, La terre et les hommes …, op. cit., t. 2, p. 646-647. G. Sivery, Structures agraires et vie rurale dans le Hainaut à la fin du Moyen Age, Lille, 1977, t. 1, p. 315-318. Histoire de la France rurale …, op. cit., t. 1, p. 570-574. L. Genicot, « L’étendue des exploitations agricoles dans le comté de Namur à la fin du XIIIe siècle », E.R., 56, 1962, p. 5-31. Cl. Rotelli, Una campagna medievale …, op. cit., p. 126-127 et p. 325, 329.
  • [19]
    Pour le calcul de la rente sur une sétérée de terre : Dossier documentaire (8), (23), (34), (63), (70), (72), (98), (122), (143), (146), (147), (162), (166), (169), (172), (175), (179).
  • [20]
    Pour nous limiter à la seule société paysanne, nous avons exclu les cens payés par l’église de Pragelas, les « ermites » de « Casa Nova » et les Orselli qui sont des officiers delphinaux.
  • [21]
    Unique mention d’essart en 1249 : Dossier documentaire (126) ; unique mention d’essart en 1265 : B 3700, fol. 119. Sur les Mascarrons en 1265 : B 3700, fol. 119vo.
  • [22]
    Pour ce développement : supra, tableau 40.
  • [23]
    Sur les quatre tenanciers ou groupes de tenanciers aisés de 1249 : Dossier documentaire (121), (133), (137), (138). On les retrouve en 1260 : B 2662, fol. 459vo-46l ; puis en 1265 : B 3700, fol. 106, 110vo, 111vo, 114vo, 115. Pour les cinq tenanciers pauvres : Dossier documentaire, (84), (100), (110), (146), (172) : Hugues, Pierre Pellicers, Agnès Infirma semblent avoir disparu avant même l’enquête de 1260. « Petronilla de Lent » se retrouve en 1265 : B 3700, fol. 109. Sur « Peyronna Maynella » en 1260 et 1265 : B 3699, fol. 58vo et B 3700, fol. 108vo.
  • [24]
    Pour les huit femmes seules : Dossier documentaire (84), (145), (146), (158), (161), (172), (187), (188) ; pour l’association de deux femmes sans lien précis de parenté : ibid., (157) ; pour les six hommes : ibid., (80), (100), (110) (155), (167), (190).
  • [25]
    N’apparaissent plus en 1265, trois femmes mentionnées en 1249 : Dossier documentaire (172) et (157). Pour les cinq hommes : ibid. (80), (110), (155), (167), (190). Sur la promotion sociale de Peyrona Maynella : supra, note 23. Sur les six autres femmes (Ponza de Podio, Augusta Fauressa, Petronilla de Lent, Johanna Peyrola, Selva, Agnès Leonarda) en 1260 et 1265 : B 2662, fol. 459vo, 460; B 3700, fol. 109, 110vo, 114vo.
  • [26]
    Six exploitants possèdent 20 sétérées ou plus : Dossier documentaire (5), (74), (121), (168), (133), (138). Onze ont entre 9 et 20 sétérées : ibid., (95), (97), (131), (137), (69), (93), (126), (8) et (149), (34), (4).
  • [27]
    Sur les trois meuniers : Dossier documentaire (4), (8), (149), (34) ; sur Ponce Giraud : ibid., (65) et (108). Jean Barraz et Etienne Mayners, qui tiennent un moulin et un battoir (ibid., (34)), sont beaux-frères : B 3700, fol. 120vo. Sur le meunier Odon Faber : dossier documentaire (8) et (149) ; sur les pueri Johannis Fabri : ibid. (121).
  • [28]
    Sur les trois femmes : Dossier documentaire (97) (168) et (131). Sur les six individus mentionnés seuls : ibid., (4), (69), (93), (95), (133), (138). Pour les quatre associations de frères : ibid., (5), (74), (78), (126).
  • [29]
    Sur Pierre et Jean Jacob en 1249 : Dossier documentaire (5) ; en 1260 : B 2662, fol. 460vo ou B 3699, fol. 59vo.
  • [30]
    Sur la situation de Bermond Sarracin : dossier documentaire (126) pour 1249; en 1260, B 2662, fol. 459vo ; sur sa veuve et ses enfants en 1265 : B 3700, fol. 111 vo, 117vo. Pour Jean Chalers : dossier documentaire (131), B 2662, fol. 460. B 3700, fol. 108, 112.
  • [31]
    Sur les Mascarrons : supra, notes 18 et 21 en 1249 et 1265; en 1260 : B 2662, fol. 460vo et 461 ou B 3699, fol. 59vo.
  • [32]
    Dossier documentaire (31) et B 3700, fol. 108vo.
  • [33]
    Lantelme Rebol : B 3700, fol. 110, 111, 111vo, 113, 115vo, 117.

Deux types d’inégalités divisent le monde paysan : les unes reposent sur des critères d’ordre juridique et distinguent dépendants et affranchis ; les autres, plus importantes, se fondent sur la hiérarchie des fortunes et révèlent l’existence, comme en tout temps, de riches et de pauvres.
Vue par les enquêteurs de Guigues VII, la société paysanne, dans les hautes vallées dauphinoises, se compose d’hommes liges et d’affranchis : ainsi en 1265, déclarentils : « tous les hommes de la paroisse [d’Arvieux] sont liges du seigneur comte …, sauf les nobles et les affranchis, s’il y en a ». A vrai dire, rien n’atteste en Queyras l’existence de franchiti à l’époque des enquêtes : c’est seulement en 1282, on le sait, que le bourg d’Abriès se vit concéder une charte de franchise par le dauphin. En revanche, le burgus castri de Bois-des-Ayes en Valcluson avait reçu la sienne du maréchal Obert Auruce, avant 1260, et dans la haute Varaita, quelques individus ou familles avaient accensé leur taille et dès lors se considéraient comme « affranchis » ; en fait, ils étaient simplement dispensés de la taille arbitraire : franchiti a tallia, et cette dispense suffisait alors pour les projeter dans la classe des « francs » par opposition aux autres, à tous les autres, considérés comme « liges », et qui forment l’immense majorité du monde des campagnes. En général, en effet, tous les paysans se considèrent comme hommes liges du dauphin et lui-même les tient pour ses homines ligii et quitii. Ainsi, la société paysanne est prise dans un réseau généralisé de dépendance…


Date de mise en ligne : 17/11/2023

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