8. Jérôme Lindon. L’esprit de résistance
1925-2001
- Par François Dosse
Pages 215 à 248
Citer ce chapitre
- DOSSE, François,
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- Dosse, F.
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Notes
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[1]
Jérôme Lindon, présentation, Jonas, Le Livre de Jonas, Minuit, 1955, p. 9.
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[2]
Ibid., p. 11.
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[3]
Jérôme Lindon, lettre à ses parents, 17 janvier et 20 mai 1945, cité par Anne Simonin, Les Editions de Minuit, 1942-1955. Le devoir d’insoumission, IMEC, 1995, p. 304.
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[4]
Jérôme Lindon, entretien avec Antoine de Gaudemar, « Les 50 coups de Minuit », Libération, 27 février 1992.
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[5]
Au milieu des années 1950, les éditions de Minuit cumulent des pertes de 20 millions de francs pour un capital de 4 millions.
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[6]
En novembre 1949, Vercors obtient une saisie-arrêt sur l’ensemble de ses ouvrages vendus par Minuit. La contre-offensive conduit les deux parties à abandonner leurs poursuites en mai 1950.
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[7]
Claude Morgan, « Minuit n’est pas l’heure du crime », Les Lettres françaises, no 369, 28 juin 1951.
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[8]
Jérôme Lindon, entretien avec Anne Simonin, Les Editions de Minuit, 1942-1955…, op. cit., p. 382.
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[9]
Jérôme Lindon, « Première rencontre », dans Samuel Beckett, Cahiers de L’Herne, 1976, p. 95.
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[10]
Ibid., p. 96.
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[11]
Ventes au cours de leur première année de parution : Molloy, 694 exemplaires ; Malone meurt, 241 exemplaires ; L’Innommable, 476 exemplaires : voir Anne Simonin, Les Editions de Minuit, 1942-1955…, op. cit., p. 379.
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[12]
Jean Paulhan, lettre à Jérôme Lindon, septembre 1951, citée par Anne Simonin, ibid., p. 379.
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[13]
Suzanne Dumesnil, lettre à Jérôme Lindon, 24 avril 1951, citée par Anne Simonin, ibid., p. 390.
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[14]
Entre 1961 et 1965, En attendant Godot est vendu à 3 000 exemplaires par an, puis 9 000 de 1966 à 1969, et plus de 25 000 par an à partir de 1969 ; chiffres communiqués par Anne Simonin, ibid., p. 392.
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[15]
Jérôme Lindon, « Première rencontre », dans Samuel Beckett, op. cit., 1976, p. 96.
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[16]
Mathieu Lindon, Ce qu’aimer veut dire, POL, 2011, p. 19.
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[17]
Madeleine Chapsal, L’Express, 12 janvier 1961, repris dans Madeleine Chapsal, Ces voix que j’entends encore, Fayard, 2011, p. 119-134.
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[18]
Voir Madeleine Chapsal, Les Roses de Bagatelle, Fayard, 2005.
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[19]
En 1952, Georges Lambrichs offre sa démission que refuse Lindon, mais il l’accepte en décembre 1954. Il aura apporté nombre d’auteurs importants chez Minuit : Alain Robbe-Grillet, Michel Butor, mais aussi Paul Gégauff, Marcel Guersant, François Augiéras…
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[20]
Jacques Brenner, Les Lumières de Paris, Julliard, 1962, p. 109.
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[21]
Ibid., p. 101-102.
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[22]
Roland Barthes, « Littérature objective. Alain Robbe-Grillet, Les Gommes et Le Chemin du retour (inédit) », Critique, no 86-87, juillet-août 1954.
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[23]
Si l’on mesurait l’écho d’un livre à l’aune de ses seuls chiffres de vente, on pourrait hâtivement conclure à un échec de cette stratégie éditoriale : les ventes des Gommes ne dépasseront pas 600 exemplaires l’année de sa parution. Mais l’écho majeur de ce nouage entre Robbe-Grillet, Lindon et Roland Barthes autour d’un livre, rampe de lancement d’un nouveau phénomène littéraire et baptême d’une nouvelle sensibilité en rupture, montre les limites des statistiques et la complexité de l’histoire culturelle.
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[24]
Catherine Robbe-Grillet, Jeune mariée. Journal 1957-1962, Fayard, 2004 ; rééd. Livre de Poche, 2006, p. 224-225.
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[25]
1957 voit paraître simultanément chez Minuit Fin de partie de Samuel Beckett, La Jalousie d’Alain Robbe-Grillet, Le Vent de Claude Simon, Tropismes de Nathalie Sarraute et La Modification de Michel Butor, précédés de la parution de Graal Flibuste de Robert Pinget en 1956, et immédiatement suivis par celle de Moderato cantabile de Marguerite Duras en 1958.
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[26]
Laure Adler, Marguerite Duras, Gallimard, 1998, p. 490.
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[27]
Claude Simon, Libération, 11 avril 2001.
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[28]
Traduit dans plus de quarante langues, L’Amant est l’un des plus grands succès de l’édition d’après guerre. Dix-neuf ans après sa parution, le tirage du livre a dépassé 1 360 000 exemplaires, auxquels s’ajoutent plus de 1 million d’exemplaires publiés par le club France Loisirs.
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[29]
Jérôme Lindon, entretien avec Laure Adler, 8 juin 1996, dans Marguerite Duras, op. cit., p. 853.
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[30]
Laure Adler, ibid., p. 854.
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[31]
Jérôme Lindon, entretien avec Madeleine Chapsal, L’Express, 12 janvier 1961, repris dans Madeleine Chapsal, Ces voix que j’entends encore, op. cit., p. 122.
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[32]
Nils Andersson, entretien avec l’auteur.
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[33]
Cet appel est signé, entre autres, par Jean-Paul Sartre, François Mauriac, Roger Martin du Gard, André Malraux…
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[34]
Pierre Vidal-Naquet, Mémoires, t. 2 : Le Trouble et la lumière (1955-1998), Seuil, 1998, p. 69.
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[35]
Ibid., p. 79.
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[36]
Pierre Nora, entretien avec l’auteur.
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[37]
Ni revue d’un homme, ni revue d’un groupe, le comité de rédaction de Critique s’élève à 26 membres en 1950 et compte nombre de signatures prestigieuses parmi lesquelles celles de Raymond Aron, Georges Friedmann, Jean Wahl, Lewis Mumford ou Alexandre Koyré.
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[38]
Entre autres celles de Jacques Bouveresse, Pierre Clastres, Georges Didi-Huberman, André Green, Vincent Descombes, Jacques Donzelot, Emmanuel Levinas, Jean-François Lyotard, Louis Marin, Charles Rosen, Clément Rosset, François Roustang ou encore Michel Serres avec sa série des Hermès. C’est aussi dans cette collection que l’on retrouve l’œuvre commune de Gilles Deleuze et Félix Guattari. Lindon publie L’Anti-Œdipe et Mille plateaux dans cette collection, toute l’œuvre de celui qui est devenu son ami, Gilles Deleuze.
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[39]
Gilles Deleuze, « A propos des nouveaux philosophes et d’un problème plus général », supplément de Minuit, no 24, mai 1977 ; repris dans Deux régimes de fous, Minuit, 2003, p. 127.
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[40]
On y retrouve le philosophe grec Kostas Axelos, Edgar Morin, Jean Duvignaud autour desquels viennent s’agréger François Fejtö, Pierre Fougeyrollas et Colette Audry. Jusqu’à sa disparition en 1962, la revue fera paraître vingt-huit numéros.
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[41]
Elle débute par la publication d’un ouvrage déjà ancien de Georg Lukacs, Histoire et conscience de classe, puis paraissent la reprise de L’Erotisme de Georges Bataille, de Lautréamont et Sade de Maurice Blanchot, de De la guerre de Karl von Clausewitz.
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[42]
Jean-Claude Guillebaud, entretien avec l’auteur.
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[43]
Jean Echenoz, Jérôme Lindon, Minuit, 2001, p. 13.
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[44]
Ibid., p. 25.
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[45]
Christian Oster, Libération, 11 avril 2001.
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[46]
Ibid.
-
[47]
Jean Echenoz, Jérôme Lindon, op. cit., p. 39.
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[48]
Ibid., p. 42.
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[49]
Ibid., p. 53-54.
-
[50]
Jean-Philippe Toussaint, « Le jour où j’ai rencontré Jérôme Lindon », dans La Salle de bain, Minuit, 2005.
-
[51]
Ibid.
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[52]
Patrick Deville publie ses premiers romans chez Minuit, Cordon bleu (1987), Longue vue (1988), Le Feu d’artifice (1992), La Femme parfaite (1995), Ces deux-là (2000).
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[53]
Marie Ndiaye, Libération, 11 avril 2001.
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[54]
Jean Rouaud, Le Monde, 14 avril 2001.
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[55]
Eric Chevillard, entretien avec l’auteur.
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[56]
Ibid.
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[57]
Patrick Kéchichian, « Jérôme Lindon, cinquante ans de résistance sous l’étoile de Minuit », Le Monde, 14 avril 2001.
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[58]
Antoine de Gaudemar, « Jérôme Lindon. Cinquante ans de combat littéraire », Libération, 13 avril 2001.
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[59]
Mathieu Lindon, Ce qu’aimer veut dire, op. cit.
-
[60]
Pierre-Sébastien Heudaux (pseudonyme de Mathieu Lindon), Nos plaisirs, Minuit, 1983.
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[61]
Mathieu Lindon, Ce qu’aimer veut dire, op. cit., p. 215.
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[62]
Jérôme Lindon, cité par Mathieu Lindon, ibid., p. 202.
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[63]
Pierre Nora, « Le grand rabbin de l’édition », Le Journal du dimanche, 15 avril 2001 ; repris dans Pierre Nora, Historien public, op. cit., p. 414.
L’instantané est bien connu ; il réunit les écrivains du « nouveau roman » dans un portrait de groupe où l’on reconnaît, autour de leur éditeur Jérôme Lindon, Alain Robbe-Grillet, Claude Simon, Nathalie Sarraute, Samuel Beckett, Claude Mauriac, Robert Pinget et Claude Ollier. Il manque néanmoins un appelé de marque dans ce groupe, celui qui vient d’assurer le succès de cette révolution littéraire en remportant en 1957 le prix Renaudot avec La Modification, Michel Butor, dont Jérôme Lindon guette en vain l’arrivée en scrutant la rue du Dragon. Cette photographie a été prise par un reporter italien durant l’automne 1959 pour rendre compte de la vie littéraire française dans un magazine culturel italien, l’Illustrazione italiana. Publiée en 1960, cette photo va cristalliser pour longtemps un phénomène qui, par-delà la diversité de ses représentants, sera connu sous le nom de « nouveau roman ». Pourtant très divers par leur style et leurs sources d’inspiration, tous ces auteurs ont un point commun, celui d’être publiés par un grand accoucheur de talents littéraires, Jérôme Lindon.
Ce groupe pose devant les locaux des éditions de Minuit, au 7, rue Bernard-Palissy à Saint-Germain-des-Prés. C’est là qu’officie depuis 1951 le maître des lieux, au troisième étage d’une maison vétuste qui a en son temps abrité un bordel et dont l’étroitesse de l’escalier, la dimension modeste de ses quelques pièces semblent si peu conformes au rayonnement acquis au plan international par l’activité intellectuelle qui y réside…
Date de mise en ligne : 06/11/2017
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