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11. « La guerre par d’autres moyens ». L’Europe et le système continental

Pages 333 à 350

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  • Mikaberidze, A.
(2020). 11. « La guerre par d’autres moyens ». L’Europe et le système continental. Les Guerres napoléoniennes : Une histoire globale (p. 333-350). Flammarion. https://shs.cairn.info/les-guerres-napoleoniennes-une-histoire-globale--9782081521544-page-333?lang=fr.

  • Mikaberidze, Alexander.
« 11. “La guerre par d’autres moyens”. L’Europe et le système continental ». Les Guerres napoléoniennes Une histoire globale, Flammarion, 2020. p.333-350. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-guerres-napoleoniennes-une-histoire-globale--9782081521544-page-333?lang=fr.

  • MIKABERIDZE, Alexander,
2020. 11. « La guerre par d’autres moyens ». L’Europe et le système continental. In : Les Guerres napoléoniennes Une histoire globale. Paris : Flammarion. Hors collection, p.333-350. URL : https://shs.cairn.info/les-guerres-napoleoniennes-une-histoire-globale--9782081521544-page-333?lang=fr.

Notes

  • [*]
    En français dans le texte.
  • [1]
    Les guerres impliquant la Grande-Bretagne et la France depuis 1697 incluent la guerre de Succession d’Espagne (1701-1714), la guerre de Succession d’Autriche (1740-1748), la guerre de Sept Ans (1756-1763), la guerre d’Indépendance des États-Unis (1775-1783) et les guerres révolutionnaires (1793-1802). La Grande-Bretagne et la France furent alliées à une seule occasion, durant la guerre de la Quadruple-Alliance (1718-1720).
  • [2]
    Eli F. Heckscher, The Continental System. An Economic Interpretation, Oxford, Clarendon Press, 1922, p. 18-27, 42-43, 47, 77, 91 ; J. Holland Rose, « Napoleon and English Commerce », English Historical Review, 8, 1893, p. 704-725. Sur la question de la neutralité, voir W. Allison Phillips et Arthur H. Reede, Neutrality. Its History, Economic, and Law, vol. 2, The Napoleonic Period, New York, Columbia University Press, 1936.
  • [3]
    En juin 1793, la Grande-Bretagne interdit toute importation de nourriture depuis la France mais revint sur cette décision quelques mois plus tard.
  • [4]
    E. F. Heckscher, The Continental System…, op. cit., p. 81-83. Voir aussi Frank Edgar Melvin, Napoleon’s Navigation System. A Study of Trade Control During the Continental Blockade, New York, University of Pennsylvania, 1919, chap. 1.
  • [5]
    Les cent dernières années ont vu l’apparition d’une quantité d’études (pour la plupart des thèses et des essais non publiés) sur la nature générale du blocus continental et ses conséquences sur les États européens. Le sujet a bénéficié d’une salutaire réévaluation avec l’ouvrage d’E. F. Heckscher, The Continental System, op. cit., qui demeure la seule étude d’ensemble. De précieux ajouts à l’historiographie sont ceux de Katherine Aaslestad et Johan Joor (dir.), Revisiting Napoleon’s Continental System. Local, Regional and European Experiences, New York, Palgrave Macmillan, 2014 et François Crouzet, « The Continental System : After Eighty Years », in Ronald Findlay, Rolf G. H. Henriksson, Hakan Lindgren et Mats Lundahl (dir.), Eli Heckscher, International Trade, and Economic History, Cambridge (Mass.), MIT Press, 2006, p. 323-342. Mon analyse du blocus continental se fonde sur des lectures supplémentaires de François Crouzet, La Guerre économique et le blocus continental, Paris, Économica, Paris, 1984 (2e éd.) ; Geoffrey James Ellis, Napoleon’s Continental Blockade. The Case of Alsace, New York, Oxford University Press, 1981 ; Harley Farris Anton, « The Continental Study : A Study of Its Operation and Feasibility », mémoire de maîtrise, Louisiana State University, 1976 ; Merritt P. Whitten, « France and the Continental System of the Berlin Decree », mémoire de maîtrise, University of Wisconsin-Madison, 1964 ; François Crouzet, L’Économie britannique et le blocus continental, 1806-1813, Paris, Presses universitaires de France, 1958 ; Albert John Daeley, « The Continental System in France as Illustrated by American Trade », thèse de doctorat, University of Wisconsin-Madison, 1949 ; John Baugham Harrison, « The Continental System in Italy as Revealed by American Commerce », thèse de doctorat, University of Wisconsin-Madison, 1937 ; Leah Julia Fritz, « Napoleon’s Continental System in the North German States », mémoire de maîtrise, University of Wisconsin-Madison, 1937 ; Andrew Wellington Tuholski, « The Continental System of Napoleon », mémoire de maîtrise, Columbia University, 1919.
  • [6]
    Napoléon à Eugène de Beauharnais, 23 août 1810, CG, X, no 24410, p. 567.
  • [7]
    Décret de Berlin, 21 novembre 1806, in CN, XIII, p. 555-556.
  • [8]
    Décret britannique, 11 novembre 1807, in Walter Lowrie et Matthew St. Clair Clarke, American State Papers. Documents Legislative and Executive of the Congress of the United States, Washington, Gales and Seaton, 1832, III, p. 269-270.
  • [9]
    Décret de Milan, 17 Décembre 1807, Fondation Napoléon, www.napoleon.org/histoire-des-2-empires/articles/2eme-decret-de-milan-17-decembre-1807/ ; Napoléon à Maret, 17 décembre 1807, CG, VII, no 16899 p. 1361.
  • [10]
    Une distinction entre ces deux termes a longtemps été entretenue par les historiens français Marcel Dunan et Roger Dufraisse. Voir M. Dunan, « Le système continental », Revue des études napoléoniennes, 3, 1913, p. 115-146 ; M. Dunan, « L’Italie et le système continental », Revue de l’Institut Napoléon, 96, 1965, p. 176- 192 ; R. Dufraisse, « Régime douanier, blocus, système continental : essai de mise au point », Revue d’histoire économique et sociale, 44, 1966, p. 518-534 ; R. Dufraisse, « Napoléon pour ou contre l’Europe », Revue du souvenir Napoléonien, 402, 1995, p. 4-25.
  • [11]
    Emmanuel de Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène, Paris, L’Auteur, 1823, V, p. 400. Il faut noter que ce passage est un ajout ultérieur au journal. La version originale du manuscrit de Las Cases, qui a été récemment publiée, ne contient pas ce passage. Emmanuel de Las Cases, Mémorial de Sainte-Hélène. Le manuscrit retrouvé, texte établi, présenté et commenté par Thierry Lentz, Peter Hicks, Francois Houdecek et Chantal Prévot, Paris, Perrin, 2018, p. 629-630.
  • [12]
    Napoléon à Eugène de Beauharnais, 23 août 1810, CG, X, no 24410, p. 568.
  • [13]
    D’après Eli Hecksher, c’était « la conception française du marché continental », un avis partagé par un autre grand spécialiste, G. Ellis, qui le décrivit comme « un marché commun à sens unique ». Voir A. Chabert, Essai sur les mouvements des revenus et de l’activité économique en France de 1789 à 1820, Paris, Librairie de Médicis, 1949.
  • [14]
    Par exemple, en 1810, un nouveau droit de douane permit au royaume d’Italie de n’importer que du lin, de la gaze, de la laine et du coton français. Owen Connelly, Napoleon’s Satellite Kingdoms, New York, Free Press, 1965, p. 48.
  • [15]
    Napoléon à Louis-Napoléon, 15 décembre 1806, in Lettres inédites de Napoléon Ier (an VIII-1809), éd. Leon Lecestre, Paris, Plon, 1897, I, p. 82.
  • [16]
    E. F. Heckscher, The Continental System…, op. cit., p. 162 ff.
  • [17]
    Voir P. K. O’Brien, « Public Finance », in Larry Neal (dir.), The Rise of Financial Capitalism. International Capital Markets in the Age of Reason, Cambridge, Cambridge University Press, 1990, p. 201-222 ; P.K. O’Brien, « Public Finance in the Wars with France, 1793-1815 », in H.T. Dickinson (dir.), Britain and the French Revolution, 1789-1815, New York, St. Martin’s, 1989, p. 165-187.
  • [18]
    Napoléon à Louis-Napoléon, 3 avril 1808, in CN, XVI, no 13718, p. 473. Quand le pair écossais Alexander, marquis de Douglas et de Clydesdale, offrit à Jacques-Louis David la somme énorme de 1 000 guinées pour un portrait de l’Empereur, Napoléon donna son accord à condition que le portrait (le très apprécié Napoléon dans son cabinet de travail) soit payé en espèces. Pour plus de détails, voir Philippe Bordes, Jacques-Louis David. Empire to Exile, New Haven, Yale University Press, 2005, p. 113-121.
  • [19]
    B. R. Mitchell et Phyllis Deane, Abstract of British Historical Statistics, Cambridge, Cambridge University Press, 1962, p. 441-443.
  • [20]
    Voir Roger Knight, Britain Against Napoleon. The Organization of Victory, 1793-1815, Londres, Allen Lane, 2013. Sur la question de savoir si la France aurait pu affamer la Grande-Bretagne, voir William Freeman Galpin, The Grain Supply of England during the Napoleonic Period, New York, Macmillan, 1925, p. 109-122, 168-201.
  • [21]
    E. F. Heckscher, The Continental System…, op. cit., p. 93.
  • [22]
    Pour une étude en profondeur, voir Eugene Tarle, Kontinental’naya blokada, Moscou, Zadruga, 1913) ; Carlo Zaghi, L’Italia di Napoleon dalla Cisalpina al Regno, Turin, UTET, 1986. Pour une analyse plus concise, voir Alexander Grab, « The Kingdom of Italy and Napoleon’s Continental Blockade », in K. Aasletad et J. Joor (dir.), Revisiting Napoleon’s Continental System…, op. cit., p. 98-111 ; A. Grab, « The Politics of Finance in Napoleonic Italy (1802-1814) », Journal of Modern Italian Studies, 3, no 2, 1998, p. 127-143.
  • [23]
    Alexandre Chabert, Essai sur les mouvements des revenus et de l’activité économique en France de 1798 à 1820, Paris, Librairie de Médicis, 1949, p. 368-369 ; François Crouzet, « Wars, Blockade, and Economic Change in Europe, 1792-1815 », Journal of Economic History, 24, no 4, 1964, p. 575-577.
  • [24]
    Voir Louis Bergeron, Banquiers, négociants et manufacturiers parisiens du Directoire à l’Empire, Paris, EHESS, 2000, chap. 10-11.
  • [25]
    Voir Agusti Nieto-Galan, Colouring Textiles. A History of Natural Dyestuffs in Industrial Europe, Boston, Kluwer Academic, 2001, chap. 3.
  • [26]
    L. Bergeron, France under Napoleon, Princeton, Princeton University Press, 1981, p. 159-160, 162-167, 172-184 ; E. F. Heckscher, The Continental System…, op. cit., p. 286-294 ; François Crouzet, « Wars, Blockade, and Economic Change in Europe, 1792-1815 », Journal of Economic History, 24, no 4, 1964, p. 567-588. La soude (carbonate de sodium) et la potasse (carbonate de potassium) sont des composés chimiques essentiels pour la fabrication du verre, du tissu, du savon et du papier. En 1791, Nicolas Leblanc breveta un nouveau procédé de production de ces alcalis à partir du sel de mer, mais sa réussite fut entravée par la Révolution française, au cours de laquelle les gouvernements révolutionnaires réquisitionnèrent l’usine de Leblanc et rendirent publiques ses techniques. Napoléon restitua l’usine à Leblanc, mais ce dernier endura la concurrence livrée par des sociétés rivales qui exploitaient son invention.
  • [27]
    Chambre des lords, Ordres du conseil, 15 février 1808, in The Parliamentary Register, Londres, John Stockdale, 1808, I, p. 365.
  • [28]
    B. H. Tolley, « The Liverpool Campaign Against the Order in Council and the War of 1812 », in J.R. Harris (dir.), Liverpool and Merseyside. Essays in the Economic and Social History of the Port and Its Hinterland, New York, Augustus M. Kelley, 1969, p. 98-145 ; D. J. Moss, « Birmingham and the Campaign Against the Orders-in-Council and the East India Company Charter, 1812-1813 », Canadian Journal of History, 11, 1976, p. 173-188 ; Antoinette L. McDaniel, « ‘Thus Has the People Gloriously Triumphed’ : Petitioning, Political Mobilization and the Orders-in-Council Repeal Campaign, 1808-1812 », thèse de doctorat, University of Tennessee, Knoxville, 1992.
  • [29]
    The Bank – The Stock Exchange – The Bankers – The Bankers’ Clearing House – The Minister and the Public, Londres, E. Wilson, 1821, p. 75. Les banques de West End ont poussé près et autour de Westminster et du Strand pour servir l’élite britannique, à savoir la petite et la grande noblesse, ainsi que l’élite marchande. Voir Eric Kerridge, Trade and Banking in Early Modern England, Manchester, Manchester University Press, 1988, p. 76-84.
  • [30]
    Mina Ishizu, « Boom and Crisis in Financing British Transatlantic Trade : A Case Study of the Bankrupcy of John Leigh & Company in 1811 », in Thomas M. Safley (dir.), The History of Bankruptcy. Economic, Social and Cultural Implications in Early Modern Europe, New York, Routledge, 2013, p. 144-154.
  • [31]
    B. R. Mitchell, British Historical Statistics, Cambridge, Cambridge University Press, 1988, p. 495. Sur les efforts britanniques en Europe du Nord, voir A. N. Ryan, « The Defence of British Trade in the Baltic, 1808-1813 », English Historical Review, 74, no 292, 1959, p. 443-466.
  • [32]
    Pour une analyse intéressante, voir R. Knight, Britain Against Napoleon…, op. cit., p. 386-416.
  • [33]
    R. P. Dunn-Pattison, Napoleon’s Marshals, Londres, Methuen, 1909, p. 60- 61.
  • [34]
    R. Knight, Britain Against Napoleon…, op. cit., p. 403.
  • [35]
    Pour une analyse intéressante, voir Silvia Marzagalli, « The Continental System. A View from the Sea » ; Jann M. Witt, « Smuggling and Blockade-Running During the Anglo-Danish War from 1807 to 1814 » ; Michael Rowe, « Economic Warfare, Organize Crime and the Collapse of Napoleon’s Empire », in K. Aasletad et J. Joor (dir.) Revisiting Napoleon’s Continental System…, op. cit., p. 90-93, 153- 169, 196-199. Voir aussi Gavin Daily, « Napoleon and the ‘City of Smugglers’, 1810-1814 », Historical Journal, 50, no 2, 2007, p. 333-352 ; et « English Smugglers, the Channel, and the Napoleonic Wars, 1800-1814 », Journal of British Studies, 46, no 1, 2007, p. 30-46.
  • [36]
    Pour une analyse intéressante du développement industriel français pendant la Révolution française et l’Empire, voir Jeff Horn, The Path Not Taken. French Industrialization in the Age of Revolution, 1750-1830, Cambridge (Mass.), MIT Press, 2006, chap. 5-7. Horn avance (de manière assez provocante) que l’échec de la France à adopter les politiques industrielles « libérales » des Britanniques n’était pas dû à l’incapacité de Napoléon de les comprendre mais plutôt à l’héritage de la Révolution française, et plus particulièrement la crainte des révoltes ouvrières. Si les industriels britanniques pouvaient compter sur l’État pour garder les ouvriers à leur place, les industriels français, eux, vivaient sous la menace des troubles révolutionnaires et ne pouvaient pas s’appuyer de la même manière sur l’État français.
  • [37]
    Cité par F. E. Melvin, Napoleon’s Navigation System…, op. cit., p. 48.
  • [38]
    François Crouzet, « Wars, Blockade, and Economic Change in Europe, 1792- 1815 », Journal of Economic History, 24, no 4, 1964, p. 571.
  • [39]
    F. E. Melvin, Napoleon’s Navigation System…, op. cit., p. 114-117, 120, 124, 128-129, 135-137, 173-178, 300-307. Pour une étude en profondeur, voir Silvia Marzagalli, Les Boulevards de la fraude. Le négoce maritime et le Blocus continental, 1806-1813, Bordeaux, Hambourg, Livourne, Villeneuve-d’Ascq, Presses universitaires du Septentrion, 1999) ; S. Marzagalli, Bordeaux et les États-Unis, 1776-1815. Politique et stratégies négociantes dans la genèse d’un réseau commercial, Genève, Droz, 2014 ; A. J. Daeley, « The Continental System in France as Illustrated by American Trade », thèse citée.
  • [40]
    E. F. Heckscher, The Continental System…, op. cit., p. 258, 272-277.
  • [41]
    F. Évrard, « Le commerce des laines d’Espagne sous le Premier Empire », Revue d’histoire moderne et contemporaine, 4, 1937, p. 212-218.
  • [42]
    Jean Labasse, Le Commerce des soies à Lyon sous Napoléon et la crise de 1811, Paris, Presses universitaires de France, 1957, p. 70-83.
  • [43]
    Voir Richard J. Barker, « The Conseil Général des Manufactures Under Napoleon (1810-1814) », French Historical Studies, 6, no 2, 1969, p. 198-213.
  • [44]
    Pour plus d’informations, voir François Crouzet, « Les conséquences économiques de la Révolution : à propos d’un inédit de sir Francis d’Ivernois », Annales historiques de la Révolution francaise, XXXIV, 1962, p. 182-217.
  • [45]
    David Landes fait remarquer que « les années 1850 et 1860 furent celles où l’Europe occidentale rattrapa la Grande-Bretagne. Pas au sens quantitatif : cela devait arriver plus tard, et seulement dans certains domaines. Pas même au sens qualitatif, que ce soit dans l’échelle et l’efficacité de production de certaines industries, ou le degré d’industrialisation de l’économie en général ». David S. Landes, The Unbound Prometheus. Technological Change and Industrial Development in Western Europe from 1750 to the Present, Cambridge, Cambridge University Press, 2003, p. 41-230 (ici p. 228-229). Voir aussi François Crouzet, « Wars, Blockade, and Economic Change in Europe, 1792-1815 », Journal of Economic History, 24, no 4, 1964, p. 578, 585.
  • [46]
    August Wilhelm von Schlegel, The Continental System, and Its Relations with Sweden, Londres, J. J. Stockdale, 1813, p. 86-87.

À la suite des victoires françaises d’Austerlitz, Iéna et Friedland, l’affrontement économique entre la France et la Grande-Bretagne prit de telles proportions qu’il engloutit quasiment toute l’Europe continentale. Comme il a été dit ailleurs, les deux pays étaient en conflit presque permanent depuis la guerre de la Grande Alliance (1688-1697) et ils imposaient au commerce de l’adversaire, ainsi qu’à celui d’autres nations, belligérantes ou neutres, tout un ensemble de restrictions, tarifs douaniers et embargos notamment. En tant que puissance commerciale prédominante (et en cours d’industrialisation rapide), la Grande-Bretagne savait bien que le commerce maritime était vital pour la majeure partie de l’Europe, y compris la France, et elle chercha à en tirer avantage en décrétant des embargos. Les victoires incessantes de Napoléon rendaient cette tâche de plus en plus difficile à mesure que de nouveaux territoires passaient sous contrôle français et allongeaient la ligne de côte que les Britanniques devaient surveiller. Alors que la France dominait sur terre mais manquait d’une marine pour défier la puissance maritime de la Grande-Bretagne, celle-ci se trouvait dans la situation inverse, ce qui aboutissait à une impasse militaire entre les deux pays.
Considéré par beaucoup comme la plus grosse erreur de Napoléon, le système continental n’était pas aussi irrationnel que l’ont prétendu certains. C’était, dans le fond, « la guerre par d’autres moyens », pour reprendre l’expression de Clausewitz : une tentative de résoudre les problèmes militaires et politiques par des moyens économiques…


Date de mise en ligne : 02/03/2022

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