Chapitre de Que sais-je ? / Repères

Chapitre IV

Étude lexicale et sémantique

Pages 55 à 77

Citer ce chapitre


  • Rouayrenc, C.
(2009). Étude lexicale et sémantique. Les gros mots (3e éd., 1597 p. 55-77). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/les-gros-mots--9782130477983-page-55?lang=fr.

  • Rouayrenc, Catherine.
« Étude lexicale et sémantique ». Les gros mots, Presses Universitaires de France, 2009. p.55-77. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-gros-mots--9782130477983-page-55?lang=fr.

  • ROUAYRENC, Catherine,
2009. Étude lexicale et sémantique. In : Les gros mots. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Que sais-je ? p.55-77. URL : https://shs.cairn.info/les-gros-mots--9782130477983-page-55?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Mot apparu au xve avec le sens de « colique » ; celui de « peur » date du xixe. Trouiller, « avoir peur », qui en est un dérivé, est attesté en 1912 ; sur trouiller a été formé récemment (1977) le fréquentatif trouilloter de même sens. L’expression avoir le trouillomètre à zéro, « avoir très peur » est apparue en 1948, cf. J.-P. Colin et J.-P. Mével, op. cit.
  • [2]
    Cf. R. Confiant, op. cit., p. 71 : « la peur-cacarelle aux entrailles. »
  • [3]
    Chier dans son froc, cf. Sartre, La mort dans l’âme, 1949, cité par le TLF.
  • [4]
    Sur pétoche ont été formés pétochard (1947) et récemment pétocher, « avoir peur ».
  • [5]
    Céline construit l’expression avec un complément : avoir la foire de, sur le modèle de avoir peur de, cf. TLF.
  • [6]
    G. Esnault, op. cit.
  • [7]
    Pour ces divers mots, cf. supra, chap. III.
  • [8]
    Foireux est apparu au xiie avec le sens de « qui a la colique », au xixe avec celui de « lâche », mais péteux, dont le sens de « lâche » date de 1790, n’a jamais eu qu’un sens figuré : cf. TLF.
  • [9]
    On trouve, par amalgame de bander que d’une avec mouiller, ne mouiller que d’une, employé par une femme dans La dérobade (1976) de J. Cordelier (cf. J. Cellard et Rey, op. cit.).
  • [10]
    Cf. TLF.
  • [11]
    Cf. D.  Belloc , Le petit Parmentier Paris, Balland, 1995, p. 85. « Le père qui voyait mais qui fermait sa gueule, un lâche, une couille molle, une larve. »
  • [12]
    Le ventre est aussi le siège du courage : avoir des tripes, manquer de tripes.
  • [13]
    Cf. TLF.
  • [14]
    Cf. TLF et A. Delvau, 1866, op. cit.
  • [15]
    Qui date partir en couille de 1947.
  • [16]
    « Haut mal de mes burnes ! caltez ! » Céline , Casse-Pipe, III, p. 49.
  • [17]
    « Si on se défend pas, on est de la merde » T.  Jonquet , La vie de ma mère !, Paris, Gallimard, 1994, p. 41.
  • [18]
    Cf. ça (ne) pisse pas loin, « ça manque d’intérêt ».
  • [19]
    Cf. TLF.
  • [20]
    Cf. « ces gros connards [...] gagneurs de guerre de merde » Cavanna , Les Ruskoffs, 1979, Paris, Belfond, p. 31.
  • [21]
    Cf. Rabelais, Gargantua, V : « C’est bien chié chanté. »
  • [22]
    TLF.
  • [23]
    Op. cit.
  • [24]
    Cf. Cavanna, op. cit., p. 183 : « Je vous emmerde, spectateurs ! Je vous emmerde, appréciateurs, fins gourmets ès courage et attitudes viriles ! Je vous emmerde, moralistes ! Je t’emmerde, postérité ! »
  • [25]
    Op. cit.
  • [26]
    Cf. J.-P. Colin et J.-P. Mével, op. cit.
  • [27]
    « Tu peux te la foutre au cul, ta soupe ! Je vas dormir », Zola, La terre, cité dans le TLF.
  • [28]
    Se branler les couilles ou se les branler signifient « ne rien faire ».
  • [29]
    Proche de ces expressions : laisser pisser, c’est-à-dire laisser faire, plus fréquent actuellement que l’expression, déjà attestée en 1866 (cf. A. Delvau, op. cit.) et diversement expliquée, laisser pisser le mérinos ou plus tard la bête ; cf. A.  Rey et S.  Chantreau , Dictionnaire des expressions et locutions, Paris, Dictionnaires Le Robert, 1989.
  • [30]
    Cf. R.  Fallet , Le beaujolais nouveau est arrivé , cité par J.  Cellard et A.  Rey , op. cit.
  • [31]
    Cf. Berroyer, op. cit., p. 10 : « Tu les paies pas, toi, tu vas pas nous chier une pendule ! »
  • [32]
    Ça baigne dans le béton 1988, cité dans Ch.  Bernet et P.  Rézeau , op. cit.
  • [33]
    Cf. Sartre , La mort dans l'âme 1949. cité dans le TLF
  • [34]
    Op. cit.
  • [35]
    Op. cit.
  • [36]
    Cf. Sartre , La mort dans l’âme 1949. cité dans le TLF
  • [37]
    Liéchem, chier en loucherbem (cf. chap. V, I, 1, F), est daté par E. Chautard de 1888.
  • [38]
    Cf. J.  Vautrin , Bloody Mary 1982, cité par Ch.  Bernet et P.  Rézeau , op. cit.
  • [39]
    « Fais pas chier la bite, on est dans notre droit. » A.  Boulard , Bleubite 1988, cité par Ch.  Bernet et P.  Rézeau , op. cit.
  • [40]
    A.  Delvau , 1866, op. cit. donne chier dans la malle ou dans le panier de quelqu’un, « lui jouer un tour qu’on ne pardonnera jamais » et commente : « L’expression qu’on pourrait croire moderne, sort de la satire Ménippée où on lit : Cettuy-là a fait caca en nos paniers… »
  • [41]
    Chiasse, qui peut désigner une personne méprisable ou une chose sans valeur, a aussi pour signifie « ennui sérieux » (1961) : quelle chiasse !, cf. TLF.
  • [42]
    Cf. sombrer dans la cacade, H. Bazin, 1954, cf. TLF.
  • [43]
    Cf. Ph. Djian, 37° 2 le matin, Éditions B. Barrault, Paris, J’ai lu, p. 186 : « Un de ces jours, il nous arrivera une merde si on fait pas un peu plus attention. »
  • [44]
    Cf. Ch. Bernet et P. Rézeau, op. cit.
  • [45]
    TLF.
  • [46]
    Apparu en 1596 au sens de « déféquer » et en 1909 au sens figuré de « ne savoir que répondre à une question ».
  • [47]
    Se démerder (1915), en revanche, signifie « se tirer d’affaire », « se débrouiller » et démerdage au Sénégal signifie « débrouillardise ». Démouscailler, de même formation à partir de mouscaille, a depuis 1927 le sens de « tirer d’embarras ».
  • [48]
    TLF.
  • [49]
    Variante rare, de même sens, emmerdation, cf. G. Sandry et M. Carrère, op. cit.
  • [50]
    Apparu en 1844 chez Flaubert sous le forme enkikinante, cf. TLF.
  • [51]
    Cf. kiki, « cou ».
  • [52]
    Cf. S. Le Doran et al., op. cit.
  • [53]
    Cf. Ch. Bernet et P. Rézeau, op. cit.
  • [54]
    Cf. « Toi, tu m’fous les glandes » Renaud , Marche à l’ombre, 1980.
  • [55]
    Cf. J.-P. Colin et J.-P. Mével, op cit.
  • [56]
    Cf. J.-P. Colin et J.-P. Mével, op. cit. ; J. Cellard et A. Rey, op. cit., suggèrent les surrénales.
  • [57]
    Expression antérieure à avoir les boules , cf. P.  Merle , Dictionnaire du français branché, Paris, Seuil, 1989.
  • [58]
    Variante de en avoir plein les bottes qui date de 1915.
  • [59]
    Cf. Ch. Bernet et P. Rézeau, op. cit.
  • [60]
    Dans ce cas, issu de couillonnade par apocope.
  • [61]
    Cf. J. Cellard et A. Rey, op. cit.
  • [62]
    1866, op. cit.
  • [63]
    Op. cit.
  • [64]
    Op. cit.
  • [65]
    E. Chautard, op. cit., p. 329.
  • [66]
    Carelman , Catalogue d’objets introuvables Paris, Balland, 1, 1969, 2, 1976.
  • [67]
    Cf. Brassens , Le mécréant, 1960.
  • [68]
    Sot comme un panier percé, qui est attesté par Oudin en 1640, est à rapprocher de panier à (aux) crottes, « postérieur », ce qui explique également valise : cf. A. Rey et S. Chantreau, op. cit.
  • [69]
    Expression peut-être motivée par con comme un manche : cf. A. Rey et S. Chantreau, op. cit.
  • [70]
    Cf. A. Rey et S. Chantreau, op. cit., qui rappellent les expressions crétin de la lune ou encore il a un quart de lune dans la tête (il est un peu fou) attesté chez D’Hautel, 1808, op. cit. ainsi que le sens : « postérieur » de lune. Pour J.-P. Colin et J.-P. Mével, op. cit., référence au C majuscule initial du mot, symbolisé par le dernier quartier de la lune.
  • [71]
    Cette expression peut être renforcée : con comme une bite de cheval. Con comme une bite d’amarrage témoigne du rapprochement avec le terme de marine bitte, origine discutée car au moment de l’apparition de bite, une bitte était « faite de poutres courtes entrecroisées », cf. J. Cellard et A. Rey, op. cit.
  • [72]
    Cf. infra, chap. VI, IV. Y.  Audouard , dans La connerie n’est plus ce qu’elle était Paris, Plon, 1993. , établit une typologie « sommaire » des cons et distingue « le con évolutif », « le con définitif » et « le con intelligent »
  • [73]
    « Version rustique et bon enfant de conard », R.  Edouard , Dictionnaire des injures, Paris, Tchou, 1973, p. 385.
  • [74]
    J.-P. Colin et J.-P. Mével, op. cit.
  • [75]
    Cf. TLF.
  • [76]
    Cf. TLF. G. Esnault, op. cit., signale le mot en 1896 au sens de « discours », « rédaction ».
  • [77]
    Cf. A. Doillon, 1992, op. cit., p. 8.
  • [78]
    Le mot est attesté par G. Esnault, op. cit., en 1903, comme une variante de déconnage.
  • [79]
    Cf. J.-P. Colin et J.-P. Mével, op. cit.
  • [80]
    Très employé, toutefois, dans le Midi ; souvent, sous la forme couillon de la lune.
  • [81]
    Cf. R. Edouard, op. cit.
  • [82]
    Cf. Rabelais, Le tiers Livre, XII : « Je vous lui coupperay les couillons tout rasibus du cul. »
  • [83]
    Le couillonisme est pour Flaubert (1855) le manque de courage érigé en système, cf. TLF.
  • [84]
    Terme apparu en 1791 (en 1592 sous la forme coyonade) : cf. TLF.
  • [85]
    Cf. E.  Pépin , Coulée d’or, Paris, Gallimard, 1995, « Un petit sec-sec juste pour oublier la couillontise des hommes », p. 48.
  • [86]
    Cf. L.  Depecker , Les mots de la francophonie, Paris, Belin, 1988.
  • [87]
    Cf. TLF.
  • [88]
    Cf. Zola , L’assommoir 1877. cité dans le TLF
  • [89]
    Expression apparue dans la première moitié du xive, reprise au xixe, cf. TLF A. Delvau, 1866, op. cit., donne comme seul sens : homme d’une taille exagérée.
  • [90]
    Cf. S. Le Doran et al., op. cit.
  • [91]
    Cf. Céline , Mort à crédit I, p. 878..
  • [92]
    Mot daté par J. Cellard et A. Rey du xixe ; culterie chez San-Antonio.
  • [93]
    Attesté à la fin du xvie avec le sens de « qui a la forme d’un couillon » et en 1855 avec celui de « se montrer poltron », cf. TLF.
  • [94]
    Op. cit.
  • [95]
    Cf. J.-P. Goudaillier, op. cit.
  • [96]
    Cf. TLF.
  • [97]
    Cf. TLF.
  • [98]
    Cf. A. Boudard, Le café du pauvre, cité par J.-P. Colin et A. Mével, op. cit.
  • [99]
    Qui a été précédé de « Il a le pot ! Il l’a tout en or, doré » (1925), cf. G. Esnault, op. cit.
  • [100]
    Cf. de même sens : avoir l’oignon qui décalotte (1977).
  • [101]
    Cf. Ch. Bernet et P. Rézeau, op. cit.
  • [102]
    Jonc désigne en argot l’or (métal).
  • [103]
    Cf. « Il voulait lui dire merde, aussi, pour lui porter chance […] » J. Amila, La bonne tisane, 1955 cité dans Ch. Bernet et P. Rézeau, op. cit.
  • [104]
    Cf. TLF.
  • [105]
    Cf. Céline : « grinçante rouilée salaude ! », Férie pour une autre fois, IV, p. 72.
  • [106]
    Cf. O. Bloch et W. Wartburg, op. cit. et TLF.
  • [107]
    J.-P. Colin et J.-P. Mével, op. cit.
  • [108]
    Cf. G. Esnault, op. cit.
  • [109]
    Cf. G. Zsnault, op. cit. ; cf. Matériaux pour l’histoire du vocabulaire français, op. cit.
  • [110]
    J.-P. Colin et J.-P. Mével, op. cit.
  • [111]
    Cf. G.  Esnault , op. cit. : dans Jésus la Caille de Carco, Paris, A. Michel, 1914, « Poche », 1980, p. 205. : « J’te l’arrange ta gueulle, saloperie !... ta sale gueule... », l’injure s’adresse à une femme
  • [112]
    Cf. J.-P. Colin et J.-P. Mével, op. cit.
  • [113]
    Cf. S. Le Doran et al., op. cit.
  • [114]
    Cf. O. Bloch et W. von Wartburg, op. cit. et TLF.
  • [115]
    Cf. Le Petit Robert, 1990.
  • [116]
    Cf. R. Edouard, op. cit.
  • [117]
    Cf. S. Le Doran et al., op. cit.
  • [118]
    Cf. TLF.
  • [119]
    Cf. TLF.
  • [120]
    Cf. TLF.
  • [121]
    Cf. G. Esnault, op. cit.
  • [122]
    Cf. G. Esnault, op. cit. et TLF.
  • [123]
    Apparu en 1800 avec le sens de « fainéant » : cf. Esnault, op. cit.
  • [124]
    Cf. TLF.
  • [125]
    Cf. L. Larchey, op. cit.
  • [126]
    Cf. G Esnault, op. cit.
  • [127]
    G. Esnault, op. cit., signale que dans l’argot militaire en 1916 carne s’appliquait à un homme.

Tous les termes ou expressions vus sont tabous et pourtant, qu’ils réfèrent à la sexualité ou à la fonction excrémentielle, bon nombre ont un emploi figuré et nous servent quotidiennement à traduire des sentiments aussi fondamentaux que la peur, le mécontentement, le mépris. Cela ne saurait étonner. Ce qui est fondamental, c’est le corps ; c’est de là que partent nos impressions. Et le langage le manifeste sans ambiguïté, qui traduit l’abstrait à l’aide des mots que nous refusons parce qu’ils ont trait à ce qu’il y a de plus intime en nous.
Ce chapitre est à la fois une étude de champs sémantiques et de champs lexicaux, de champs sémantiques puisque y sont étudiés divers signifiés d’un mot, champs lexicaux puisque y sont regroupés autour de quelques signifiés fondamentaux des mots ou expressions de sens voisins. Ceci, dans le souci d’éviter des répétitions.
Comme le disent avoir la trouille au cul, ou avoir la chiasse, les termes qui entrent dans le champ notionnel des productions excrémentielles sont utilisés pour indiquer la peur, grâce à une métonymie, la peur étant désignée par une manifestation physique. Chier et pisser sont ainsi suivis d’un complément circonstanciel qui désigne une partie du vêtement : chier, faire ou pisser dans son froc, dans sa culotte, expressions qui ont des variantes telles que celles-ci relevées en milieu scolaire : je me chie dessus et je me chie 42, variante-valise qui s’explique par le croisement de je me chie dessus et à la six quatre deu…


Date de mise en ligne : 14/03/2010

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