5. Le XIXe siècle
- Par Alain Couprie
Pages 82 à 110
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- Couprie, A.
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L’âge romantique « est le temps de la première personne » (Georges Gusdorf), d’un « moi » inquiet, en proie au « mal du siècle » (dont les premiers symptômes apparaissent au siècle précédent). Avec la disparition de la stabilité et de l’ordre « classiques », le « moi » divorce du monde. S’ensuit une angoisse existentielle : dégoût de la vie, mélancolie, désordre des désirs, quête jamais satisfaite d’infini, conscience aiguë de la fuite du temps. C’est le « vague des passions » dont Chateaubriand se fait l’analyste dans Génie du christianisme et dans René; ou le « spleen » que Vigny évoque (dans Stello) avant Baudelaire. La dimension historique n’en est pas absente : « Toute la maladie du siècle présent vient de deux causes : le peuple, qui a passé par 1793 et 1814, porte au cœur deux blessures. Tout ce qui était n’est plus ; tout ce qui sera n’est pas encore », écrit Musset (La Confession d’un enfant du siècle). Comment s’inscrire dans cette béance de l’Histoire ? La révolution de 1830 ne comble pas les espérances qu’elle a soulevées. La monarchie de Juillet est vite jugée trop fade, trop préoccupée d’argent. Vient le temps du « désenchantement » (dont Le Rouge et le Noir se fait par exemple l’écho).
Dès lors le « moi », déçu par l’existence et la société, se cherche des points d’ancrage :
- dans la valorisation du sentiment qui, par-delà (ou en deçà de) l’entendement, permet de mieux communier avec les autres et le monde, et qui devient l’aune de la vertu et de la morale ; qui procure l’intensité consolatrice – même si la souffrance en est la contrepartie et si les risques d’une « chute de tension » sont forts …
Date de mise en ligne : 25/06/2024
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