Chapitre IV. Les communistes aux armées
Pages 635 à 664
Citer ce chapitre
- CRÉMIEUX-BRILHAC, Jean-Louis,
- Crémieux-Brilhac, Jean-Louis.
- Crémieux-Brilhac, J.-L.
Citer ce chapitre
- Crémieux-Brilhac, J.-L.
- Crémieux-Brilhac, Jean-Louis.
- CRÉMIEUX-BRILHAC, Jean-Louis,
Notes
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[1]
Les principaux éléments de ce chapitre m’ont servi de base pour une communication faite au colloque organisé en 1983 par l’IHTP, la Fondation nationale des sciences politiques et le CRHMSS sur « Le parti communiste de 1938 à 1941 » et ont donné lieu à publication dans les Actes de ce colloque.
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[2]
Cahiers d’histoire de l’institut Maurice Thorez, no 11, 1er trimestre 1974.
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[3]
Le premier numéro (janvier 1940) a fait l’objet d’au moins deux tirages, de texte identique et de mise en page différente ; le numéro 2 de février est réduit à sa plus simple expression : un simple recto, que seuls le titre et la numérotation distinguent d’un tract.
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[4]
Le Trait d’union, no 3, mars 1940.
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[5]
L’Humanité, premier numéro spécial imprimé, novembre 1939.
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[6]
Tract : « Jeunes, luttez contre les responsables de la nouvelle guerre ! » (janvier 1940).
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[7]
A. Rossi, Les Communistes français pendant la drôle de guerre, pl. XXIV.
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[8]
L’Humanité du soldat, 1er mai 1940.
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[9]
L’Humanité, no 46, 16 mai 1940.
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[10]
Le Parti communiste français au peuple de France, premier numéro spécial de L’Humanité imprimée, novembre 1939.
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[11]
L’Humanité du soldat, 1er mai 1940.
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[12]
L’une pour souligner « qu’un régime comparable au régime hitlérien est maintenant installé chez nous », l’autre pour faire confiance à la résistance des travailleurs allemands : « Paix entre nous ! Guerre aux tyrans ! Nous savons que nous ne sommes pas seuls. De même que nous combattons ici Daladier-Reynaud, les soldats allemands combattent Hitler et les ouvriers anglais combattent Chamberlain-Churchill. La lutte internationale contre la guerre est engagée, nous saurons la poursuivre jusqu’à la paix que nous voulons tous. »
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[13]
« Soldats (…) exigez la mise en accusation de tous les responsables de la guerre, des Daladier, Laval, Bonnet, Flandin, Blum, Jouhaux, etc. », Le Trait d’union, no 3, mars 1940.
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[14]
Numéro spécial de L’Humanité imprimée.
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[15]
Les Cahiers du bolchevisme, éditorial, janvier 1940.
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[16]
Les Cahiers du bolchevisme, janvier 1940.
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[17]
Ibid.
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[18]
Les permissions avaient été supprimées du 6 au 26 avril en raison des opérations de Norvège.
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[19]
Il est caractéristique que le seul exemplaire d’un « organe de soldats » qui ait été conservé, La Liaison, éditée par des soldats du 223e RRT, consacre son unique numéro à célébrer le mouvement de protestation qui a permis à un bataillon de la région parisienne d’obtenir une amélioration de l’ordinaire : « Par cette union, par nos aspirations communes, nous formerons un bloc qui nous permettra d’obtenir satisfaction en attendant la bienheureuse libération. »
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[20]
Les différentes armées retransmettent les directives correspondantes aux divisions entre le 18 et le 20 octobre.
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[21]
AN2 W/66 ; SHAT 29 N/130.
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[22]
Circulaire secrète du 25 octobre 1937 du 3e Bureau PR. Cf. aussi la note du ministre de l’Air du 5 novembre 1939 (SHAA citée par P. Buffotot).
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[23]
Daladier a prononcé entre le 1er septembre 1939 et le 9 avril 1940 527 inscriptions dont 319 militants communistes, 125 trotskistes, socialistes-révolutionnaires et libertaires considérés par le bureau PR comme les plus dangereux et 65 défaitistes ou propagandistes de l’objection de conscience.
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[24]
Outre les PR sont fichés 104 suspects, au nombre desquels un médecin-lieutenant, 3 lieutenants dont un chef de casemate et « un militaire qui a eu des rapports avec des soldats allemands » (sans doute à l’occasion d’une patrouille, sans qu’il se soit agi d’une fraternisation caractérisée). Il s’y ajoute enfin 224 « douteux », fichés sans qualification particulière, qui sont loin d’être uniquement des politiques.
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[25]
Le lieutenant Stoetzel, sociologue d’avenir, se refuse à retirer à un militant communiste la responsabilité d’un des fusils-mitrailleurs de sa section, comme le demande son chef de bataillon. Quand A. Lecœur, au sortir de six mois de prison, rejoint son unité d’infanterie de forteresse — formation interdite aux PR — son capitaine l’accueille par ces mots : « Ici, nous ne faisons pas de distinction entre les soldats. Je ne veux pas savoir ce que vous avez fait. Si vous vous conduisez comme les autres, vous serez traité comme les autres. Sinon, je serai obligé de sévir. Et avec d’autant plus de sévérité que je vous aurai prévenu. »
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[26]
Tels militants qui, restés civils, auraient été incarcérés ne sont pas inquiétés dans la liberté surveillée de l’armée : c’est le cas des députés communistes mobilisés. Cogniot s’étonne dans ses Mémoires de n’avoir pas été cassé de son grade de capitaine de réserve (Parti pris…, p. 46) : c’est un genre de mesure que le règlement ne prévoyait qu’en cas de faute grave, suivant une procédure codifiée, et que le commandement ne semble pas avoir jamais envisagé de prendre envers quiconque exerçait normalement ses fonctions d’officier.
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[27]
Cf. t. I, « Fuite en avant et solitude », p. 232-249.
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[28]
SHAT 34 N/375. Cf. aussi le témoignage de Charles Fréchard, « Les compagnies spéciales de travailleurs indésirables durant la drôle de guerre », Notre musée, no 41, décembre 1970, Association pour la création d’un musée de la Résistance.
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[29]
La création de trois nouvelles compagnies de travailleurs indésirables a été décidée entre le 18 avril et le 10 mai 1940 : elles semblent n’avoir existé que sur le papier.
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[30]
« Pendant le séjour au pays minier de Ludelange-Tressange, nous nous arrangions pour dîner ensemble dans des familles de mineurs immigrés ; nous apportions de l’argent et des provisions ; nous pouvions converser sans danger. Nous nous communiquions nos informations et nos réflexions… Mais peut-on considérer comme activité militante ces entretiens entre communistes… » (Témoignage de Pierre Hervé à l’auteur, 1983).
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[31]
AN2W/66.
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[32]
« Les quatre exemplaires parvenus à Laval par cette voie étaient lus d’abord par les camarades et transmis ensuite à d’autres camarades et à des sympathisants sûrs, pour les faire circuler autour d’eux. Certains numéros ont même été recopiés à la main pour accroître la diffusion » (F. Grenier, Journal de la drôle de guerre…, p. 74).
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[33]
À la VIIe armée, les premières interceptions sont signalées les 17 et 18 novembre 1939.
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[34]
On en connaît trois modèles, cités ou reproduits par A. Rossi, Les Communistes pendant la drôle de guerre, pl. XXV et XXVI.
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[35]
Fait significatif, les deux expressions de « guerre impérialiste » et de « paix immédiate » ne sont presque jamais citées par le contrôle postal (qui pourtant fait bonne mesure à l’expression des sentiments pacifistes).
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[36]
P. Buffotot, Le Moral dans l’armée de l’air française, 1939-1940, SHAA.
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[37]
SHAT 29 N/47. On connaît par des dénonciations le genre de propos tenus par les communistes défaitistes les plus frustes : « Vivement que les Boches et que les Russes arrivent pour qu’il n’y ait plus de riches. » « Si je vais au front, je fusillerai tous les officiers et tous ceux qui ont des sardines sur les bras. » Les cas sont rares, les poursuites très peu nombreuses (SHAT 9 N/360).
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[38]
Numéro spécial de L’Humanité : « Les soldats contre la guerre », mars 1940 : « Qui pourra douter de l’importance considérable d’une telle manifestation ? (…) Ils étaient des centaines, de formations militaires différentes : à peu près tous participèrent à la manifestation (…) Le silence officiel, le mutisme de la presse asservie n’empêchent pas le cri des permissionnaires de la gare de l’Est de retentir sur tous les points du front. Nous pouvons même prédire qu’il traversera les mers et que son retentissement sera énorme dans l’armée d’Orient (…) À bas la guerre ! À bas le gouvernement ! Les soviets partout ! Thorez au pouvoir ! (…) Les impérialistes ont engagé la guerre pour leurs intérêts sordides. Les permissionnaires de la gare de l’Est leur rappellent qu’une autre guerre est engagée : celle des peuples secouant leurs chaînes, portant en eux les espérances de l’humanité tout entière contre leurs oppresseurs. »
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[39]
AN F 7/14 809. Le Trait d’union (no 3) de mars signale un incident analogue la même semaine à la gare du Nord : « Un permissionnaire crie à la portière “À bas la guerre !” Et tous les gars de reprendre en chœur : “À bas la guerre !” »
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[40]
AN2W/57.
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[41]
L’affaire trouva son épilogue judiciaire le 16 juillet 1941 devant le tribunal militaire permanent d’Alger qui condamna deux des militaires arrêtés pour détention de tracts à deux ans de prison, les deux militants civils qui les leur avaient fournis à cinq ans de prison, et infligea des peines de cinq ans de prison par défaut à neuf autres personnes (quatre militaires, dont l’ingénieur qui semble avoir été localement le chef de file de l’opération, et quatre civils). L’acte d’accusation n’avait pas retenu le crime de trahison, « les circonstances » (dont peut-être la fuite des principaux inculpés) « n’ayant pas permis d’établir ce crime ».
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[42]
JOD, Comité secret du Sénat, 1939-1940, Séance du 16 avril 1940, p. 49.
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[43]
SHAT 34 N/373. Louis Aragon, affecté de septembre à décembre 1939 à l’un de ces régiments, en a laissé un tableau peu reluisant dans Les Communistes et des notations narquoises dans les premiers poèmes du Crève-Cœur.
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[44]
Mémoire du général Gamelin du 20 mai 1942 : « Les menées communistes et l’armée » (AN 2 W/68).
Nulle part, sinon dans les usines d’armement, le virage du PCF, qui en un mois l’a fait passer du devoir ardemment assumé de défense nationale et antifasciste à la « lutte contre la guerre impérialiste » et « pour la paix immédiate », ne risquait d’avoir des incidences plus graves qu’aux armées ; nulle part, pour le gouvernement comme pour le commandement, l’enjeu n’était plus important. La soudaine opposition du parti communiste à une guerre à laquelle ses militants doivent cependant participer crée une situation politique et psychologique sans exemple.
Jusqu’à quel point le PCF estime-t-il possible de développer la lutte politique dans l’armée ? Et avec quels moyens ? Comment réagit le commandement ? Comment se comportent les communistes sous l’uniforme ? Sont-ils un facteur de vulnérabilité pour l’armée ? Autant de questions qui, contrairement à bien d’autres, sont constamment posées tout au long de la « drôle de guerre » : et non sans raisons.Car la lutte que le parti ne peut mener ouvertement ni par voie de presse ni bientôt sur le plan parlementaire, il a choisi de la livrer à la base, avant tout dans l’industrie où il a ses bastions, mais aussi dans l’armée.
Il se trouve assurément démuni pour agir auprès des militaires. Un commandement hostile et un milieu homogène de cadres de carrière ont depuis vingt ans défendu l’armée contre toute infiltration ; les officiers et sous-officiers de réserve ne sont communistes qu’en proportion infime ; le parti n’a ni implantation ni relais dans une troupe en majorité rurale et dans laquelle le pacte germano-soviétique, la volte-face communiste et la désertion de Thorez ont suscité réprobation et amertume…
Date de mise en ligne : 08/07/2021
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