Chapitre VI. L’ombre du maréchal
Pages 777 à 799
Citer ce chapitre
- CRÉMIEUX-BRILHAC, Jean-Louis,
- Crémieux-Brilhac, Jean-Louis.
- Crémieux-Brilhac, J.-L.
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- CRÉMIEUX-BRILHAC, Jean-Louis,
Notes
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[1]
Cité par Guy Pédroncini, Pétain, le soldat et la gloire, Paris, Perrin, 1989, d’après La France et son armée, p. 308-309.
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[2]
Lettre citée, ainsi que plusieurs extraits de correspondances comparables, par Richard Griffiths, Pétain et les Français, Paris, Calmann-Lévy, 1974, p. 211.
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[3]
Georges Cressent dit Georges Valois : cet anarcho-syndicaliste nourri de Proudhon et de Sorel était devenu pendant plusieurs années un pilier de L’Action française dont il rédigeait la page économique. Il s’en est éloigné pour fonder en 1925 le premier parti français authentiquement fasciste, le Faisceau, auquel il a apporté une chaleur communicative et une dialectique à la fois nationaliste et anticapitaliste assez entraînantes pour trouver des bailleurs de fonds et grouper quelque 25 000 adhérents dont quelques figures de marque comme Philippe Barrès et Philippe Lamour. Trop gauchiste pour ne pas être vite abandonné par ses pourvoyeurs de crédits, il s’est reconverti en éditeur après l’échec du Faisceau en 1928, publiant un bulletin, Le Nouveau Siècle, et des ouvrages parmi lesquels, outre ses propres livres, La Banque internationale de Mendès France, Perspectives socialistes de Marcel Déat et le premier livre de Bertrand de Jouvenel. En 1933, il a fondé la Société coopérative « Les Amis du nouvel âge », dont la publication devait prendre la suite du Nouveau Siècle. Sa Feuille de 1939 est en principe destinée aux amis et coopérateurs du Nouvel Âge.
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[4]
Commissariat général à l’information, dossier de police et spécimens de La Feuille de G. Valois (AN F/41).
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[5]
É.-J. Bois, Le Malheur de la France, p. 112.
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[6]
Comme Kerillis l’a souligné dans L’Époque du 22 décembre 1939.
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[7]
R. Guariglia, La Diplomatie difficile, p. 144.
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[8]
Akten zur deutschen Auswärtigen Politik, t. VIII, no 363, p. 325.
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[9]
PRO FO 371/24 308/3 871, p. 150 et ss., 25-29 janvier 1940. Sir Alexander Cadogan, bien qu’incrédule, adressa une lettre personnelle à l’ambassadeur britannique à Paris pour lui demander de s’informer. Je n’ai pas trouvé trace de la réponse de ce dernier.
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[10]
Les Archives secrètes de la Wilhelmstrasse, t. IX/1, p. 22.
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[11]
C’est au cours de cet entretien que Pétain aurait prononcé la phrase sibylline : « Ils auront besoin de moi dans la seconde semaine de mai » (A. de Monzie, Ci-devant, 30 mars 1940). Mistler rapporte de son côté qu’étant allé voir Pétain à Saint-Sébastien en avril 1940, il le trouva très pessimiste sur l’issue de la guerre et persifleur à l’égard des gouvernants français. « Il me ramena en voiture à Biarritz. Vers Irun, il me montra à droite et à gauche de la route des tranchées bétonnées et des abris. — Qu’est-ce que c’est ? lui demandai-je. — C’est la ligne Don Quichotte, me répondit-il » (Bon poids, Paris, Grasset, 1976, p. 98.) Témoignage que Jean Mistler m’a confirmé et précisé en mars 1986.
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[12]
P. Baudouin, Neuf mois au gouvernement, p. 76.
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[13]
Procès-verbal du Comité de guerre du samedi 25 mai 1940, d’après P. Baudouin, op. cit., p. 86.
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[14]
AN 3W/280.
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[15]
P. Baudouin, op. cit.,
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[16]
P. Baudouin, op. cit., p. 78, 91 et 118.
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[17]
O. H. Bullitt, For the President Personal and Secret…, p. 450.
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[18]
D’après une confidence de Reynaud à l’ambassadeur Campbell le 5 juin.
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[19]
Au Conseil suprême du 31 mai, Reynaud a réclamé un concours aérien supplémentaire ; Churchill a répondu qu’après les dix escadrilles supplémentaires accordées le 17 mai pour la bataille de Flandres, il ne restait en Angleterre que vingt-neuf escadrilles, vitales pour la défense du pays. Jour après jour, Reynaud, poussé par Weygand, réclame à nouveau dix escadrilles supplémentaires ; Churchill ne peut promettre qu’une intervention accrue des avions basés en Angleterre.
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[20]
Ces faits sont aujourd’hui bien établis grâce à la communication de Philip M. H. Bell au cinquième colloque historique franco-britannique de décembre 1983 : British Attitudes towards the French Armistice, mai-juin 1940, texte non publié, IHTP.
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[21]
P. Baudouin, op. cit., p. 150.
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[22]
Un propos que rapporte J. Daridan (Le Chemin de la défaite, p. 222) donne à penser qu’il y eut accord explicite. Baudouin, lorsqu’il se vit contraint, en décembre 1940, d’abandonner le portefeuille du ministère des Affaires étrangères, aurait déclaré : « Le maréchal est un ingrat. Il oublie que c’est moi qui l’ai mis à même de s’entendre avec Weygand le 25 mai. Ils se sont alors engagés réciproquement à ne pas parler d’armistice jusqu’à ce que la situation militaire puisse entraîner un changement de régime. » Cf. également P. de Villelume, Journal d’une défaite…, p. 440.
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[23]
Général de Gaulle, Mémoires de guerre, t. I : L’Appel, p. 45.
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[24]
BN/Man., fonds Romain Rolland, lettres à sa sœur.
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[25]
BN/Man., fonds Jean-Richard Bloch, lettre à Jean Paulhan du 30 juillet 1940.
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[26]
P. Baudouin, op. cit., p. 135-136.
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[27]
Ibid., p. 148.
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[28]
Ibid., p. 152.
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[29]
Ibid., p. 149.
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[30]
Mémoire établi par le général Weygand à l’intention de la Cour suprême de justice de Riom (AN 2W/280), texte confirmé par Louis Marin.
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[31]
E. Berl, La Fin de la IIIe République, p. 82.
Rien dans le comportement des Français n’entrave donc la liberté d’action de Paul Reynaud, sinon sa crainte renaissante que leur moral ne résiste pas à de nouvelles défaites ou à des propositions de paix. Il faut qu’il ait perçu un manque de conviction dans une partie du pays pour s’être à ce point inquiété, comme Daladier avant lui, de sa vulnérabilité. C’est afin de consolider le moral qu’il a rappelé le maréchal Pétain de Madrid, où il était ambassadeur, pour en faire son vice-président du Conseil et qu’il a choisi Weygand, général de soixante-treize ans mais paré du prestige de Foch, pour remplacer Gamelin ; jusqu’au bout, le souci de l’effet et l’obsession de la majorité parlementaire auront pesé sur des choix d’importance stratégique. Ce qu’il n’a pas prévu, c’est que l’opposition à la poursuite de la guerre ne viendrait ni d’une opinion publique docile ni du Parlement, qui ne sera plus convoqué qu’en juillet pour enterrer la République, mais de ceux-là mêmes qu’il a mis en place, Pétain, Weygand et le secrétaire du Comité de guerre qui devrait être son homme de confiance, Baudouin : c’est au sein du gouvernement que va s’engager l’ultime lutte de pouvoir entre partisans de la guerre à outrance et partisans de la paix.Pétain, survivant des généraux en chef de 1914-1918 sur le front français, jouit d’un immense prestige. Ses mérites ont été éclatants : en 1917, a pu écrire de Gaulle, « quand il fallut choisir entre la ruine et la raison, Pétain fut promu ». À la gloire du vainqueur de Verdun, maître de la stratégie défensive, s’ajoute l’auréole d’un chef humain : vingt ans après, les « poilus » lui restent reconnaissants d’avoir mis fin aux boucheries de son prédécesseur Nivelle et de les avoir compris…
Date de mise en ligne : 08/07/2021
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