Chapitre premier. L’angoisse et le consentement
Pages 69 à 87
Citer ce chapitre
- CRÉMIEUX-BRILHAC, Jean-Louis,
- Crémieux-Brilhac, Jean-Louis.
- Crémieux-Brilhac, J.-L.
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Notes
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[1]
R. Murphy, Un diplomate parmi les guerriers, p. 32. Aux raisons d’anxiété s’ajoutait la crainte très répandue que les grandes villes soient anéanties par des bombardements aériens. La publicité faite autour des thèses du général italien Douhet, théoricien de la guerre aérienne d’extermination, et les propagandes pacifistes en avaient accrédité l’idée.
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[2]
E. L. Spears, Témoignage sur une catastrophe, p. 10 et 18.
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[3]
Wladimir d’Ormesson, Carnets inédits, AN 144/AP.
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[4]
Simone de Beauvoir, La Force de l’âge, Paris, Gallimard, 1960, p. 391.
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[5]
Paul Valéry, lettre inédite à madame Jeanne Voilier, septembre 1939.
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[6]
Dans L’Action française, 4/9/1939.
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[7]
Notation, il est vrai plus tardive, en date du 3 avril 1940, G. Sadoul, Journal de guerre.
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[8]
Cf. par exemple : William Shirer, Mon journal à Berlin, 1934-1941, Montréal, Éditions de la Revue moderne.
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[9]
Marthe Massenet, Journal d’une longue nuit, 1939-1944, Paris, Fayard, 1971, p. 11.
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[10]
Les Français n’ont pas attendu la dernière minute pour prendre leurs précautions pécuniaires : les retraits l’emportent depuis la seconde quinzaine d’août sur les dépôts dans les caisses d’épargne, et l’on a pu dire que financièrement la guerre avait commencé dès la mi-août et de façon plus manifeste le 22 août, avec l’annonce du pacte germano-soviétique : de fait, ni les particuliers, ni les entreprises ne se sont trompés sur les effets de l’accord de Moscou ; mais le sang-froid est resté général. Et il suffira de peu de semaines pour que les dépôts soient de nouveau en excédent.
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[11]
A. de Monzie, Ci-devant, p. 142.
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[12]
Akten, t. VII, no 538.
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[13]
AD, Vaucluse, Haute-Savoie, Allier, Rhône.
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[14]
Henry Miller, Souvenirs, souvenirs, Paris, Gallimard, 1953.
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[15]
Rapport du délégué à l’information pour le Vaucluse. AD Vaucluse.
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[16]
Marcel-Edmond Naegelen, L’Attente sous les armes, 1939-1940, Paris, Jérôme Martineau, 1970, p. 39.
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[17]
Lettre ouverte à Daladier publiée le 8 août, dans le bulletin SIA (Solidarité internationale antifasciste) : « Sans doute assimile-t-on ma modeste personne à une partie du territoire et entend-on m’empêcher de soustraire ma silhouette de soldat de 2e classe aux prochaines corvées de tranchées ou aux caprices de l’adjudant de semaine. Mille regrets, mon Daladier ! Cette partie du territoire qu’est mon corps imparfait, je n’en puis disposer à votre guise. Ma mère me l’a donnée en dépôt. Je la lui conserverai jusqu’à mon dernier souffle. Mon corps est à moi. Propriété privée. Attention, chiens méchants ! Avec ou sans dix-huit mois de prison, je ne me ferai pas assassiner pour vos conseils d’administration, pour les conseils d’administration des amis de vos amis, non plus que pour les amis des amis des conseils d’administration des amis de vos amis (…) »
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[18]
Cf. Isabel Boussard, « Le pacifisme paysan » dans R. Rémond et J. Bourdin, La France et les Français en 1938-1939, p. 75.
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[19]
Reproduite dans Le Temps du 1er avril 1939.
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[20]
« On peut toujours mourir pour Dantzig en sachant que c’est idiot et mourir honorablement. Mais je conclus qu’il est plus intelligent de pousser amis et adversaires à compromis que de souffler sur les tisons. » L’Œuvre, 10 juillet 1939.
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[21]
Sous la signature de Jean-François Gravier, le futur auteur de Paris et le désert français.
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[22]
Premiers sondages IFOP, cf. R. Rémond et J. Bourdin, Daladier chef de gouvernement, p. 265 et s.
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[23]
C’est ce qu’il déclare au diplomate britannique Cadogan, cité par A. Adamthwaite, p. 318.
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[24]
Le Populaire, 17 août 1939.
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[25]
Gallus, L’Intransigeant, 24 août 1939.
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[26]
Le Matin, 28 août 1939.
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[27]
G. Riou, secrétaire de la commission des Affaires étrangères de la Chambre, Le Matin, 3 septembre 1939.
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[28]
Par une lettre que publie Le Temps du 19 septembre 1939.
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[29]
Cf. Ch. Tillon, On chantait rouge, p. 279. Sur cette phase, cf. aussi : J. Fauvet en collaboration avec A. Duhamel, Histoire du Parti communiste français, 1920-1976.
Comment réagit, comment réagira la masse des Français devant la guerre ?
Leur adhésion n’était pas acquise d’avance et jusqu’au dernier moment Daladier s’en est inquiété. Depuis mars 1939, il a constamment manœuvré sur deux fronts, le front de la grande diplomatie et le front intérieur qui, pour lui, allait du Palais-Bourbon à Orange et Carpentras. Il a été assez habile durant le printemps et l’été de 1939 pour faire soutenir sa politique de « fermeté au service de la paix » par une opinion publique qui était un an plus tôt en majorité munichoise. Un de ses soucis, à partir du 23 août, a été que le gouvernement ne porte pas la responsabilité de la guerre. Le 3 septembre, il a tout lieu d’être rassuré à ce sujet : l’adhésion massive de l’opinion et l’immense scandale causé par le pacte de Moscou lui laissent les mains libres.
À ce moment décisif, le contraste est éclatant entre les deux niveaux de l’opinion publique : microcosme politique et parlementaire parisien et « France profonde ».
Les Français suivent leur gouvernement. Non pas de gaieté de cœur : rarement peuple aura été aussi lucide. Cette déclaration de guerre provoquée par deux tyrans est trop visiblement pour la France l’échec d’une politique et l’annonciatrice de grands malheurs : impuissance de la raison à arrêter le nouveau « fléau de Dieu », vacillement des idéologies et des situations assises, faillite simultanée du pacifisme et de l’espérance communiste, adieu au libéralisme. Angoisse devant une épreuve dont on devine le prix sans qu’elle ouvre l’espoir d’un avenir meilleur…
Date de mise en ligne : 08/07/2021
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