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Chapitre II. Les derniers jours de paix

Pages 53 à 65

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  • Crémieux-Brilhac, J.-L.
(2020). Chapitre II. Les derniers jours de paix. Les Français de l'an 40 (Tome 1) : I. La guerre oui ou non ? (p. 53-65). Gallimard. https://shs.cairn.info/les-francais-de-l-an-40-tome-1-la-guerre-oui-ou-non--9782072879630-page-53?lang=fr.

  • Crémieux-Brilhac, Jean-Louis.
« Chapitre II. Les derniers jours de paix ». Les Français de l'an 40 (Tome 1) I. La guerre oui ou non ? Gallimard, 2020. p.53-65. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-francais-de-l-an-40-tome-1-la-guerre-oui-ou-non--9782072879630-page-53?lang=fr.

  • CRÉMIEUX-BRILHAC, Jean-Louis,
2020. Chapitre II. Les derniers jours de paix. In : Les Français de l'an 40 (Tome 1) I. La guerre oui ou non ? Paris : Gallimard. Folio Histoire, p.53-65. URL : https://shs.cairn.info/les-francais-de-l-an-40-tome-1-la-guerre-oui-ou-non--9782072879630-page-53?lang=fr.

Notes

  • [1]
    C’est ce que rapporte Gamelin d’après ses souvenirs de deux entretiens personnels avec Daladier les 20 et 22 août 1939 (général Gamelin, Servir, t. I, p. 29).
  • [2]
    Bonnet a toujours soutenu par la suite que l’ordre dans lequel Daladier posa les questions avait commandé les réponses des militaires : la réponse à la première question (La France doit-elle tenir ses engagements ?) étant positive, le général Gamelin était moralement lié, une reculade aurait été imputable à l’armée, et à l’armée seulement. Cf. à ce sujet les points de vue opposés du général Gamelin, Servir, t. III, p. 23 et s. et de G. Bonnet, Défense de la paix, t. II, p. 301-309, ainsi que l’analyse de G. Rossi-Landi, La Drôle de guerre, p. 14.
  • [3]
    Vuillemin précisera sa position dans une note du 26 août au ministre de l’Air Guy La Chambre.
  • [4]
    AN 496/AP (4 DA/3, Dr. 5).
  • [5]
    Cf. notamment Gamelin, Servir, t. I, p. 30.
  • [6]
    Cf. général de Villelume, Journal d’une défaite, à la date du 26 août, p. 8.
  • [7]
    J. Zay, Carnets secrets, p. 67. Daladier a-t-il ajouté : « Il faut qu’ils sacrifient Dantzig, ils auraient dû le faire plus tôt », comme le rapporte l’historien anglais A. Adamthwaite (op. cit., p. 341) ?
  • [8]
    Akten zur deutschen auswärtigen Politik, no 258.
  • [9]
    Idem, no 351.
  • [10]
    Il dîne avec lui le 31 août et le 3 septembre, et lui téléphone entre-temps d’heure en heure.
  • [11]
    J. Zay, Carnets secrets, p. 80-81.
  • [12]
    A. de Monzie, Ci-devant, p. 146.
  • [13]
    AN 496/AP (2 DA/7, Dr. 5).
  • [14]
    É-J. Bois, Le Malheur de la France, p. 41.
  • [15]
    Cf. Jean Montigny, Le Complot contre la paix, Paris, Éditions de la Table ronde, 1966, p. 264 et René Château, « Le comité de liaison », Les Nouveaux Temps, 8 octobre 1941.
  • [16]
    JOD, Chambre des députés, 3 septembre 1939, p. 1952.
  • [17]
    Déposition de Frot. AN 496/AP (4 DA/14, Dr. 4), corroborée par son collègue Rives, ibid. (4 DA/18, Dr. 2) et par P.-É. Flandin, Politique française, p. 332. Malvy, beaucoup moins catégorique, exposa qu’il avait eu seulement l’impression qu’en cas de guerre, le gouvernement reviendrait devant la commission et devant la Chambre, AN 496/ AP (4 DA/16, Dr. 3).
  • [18]
    Piétri, Mes années d’Espagne, 1940-1948, Paris, Plon, 1954, p. 7.
  • [19]
    Cf. Le Temps, 4 septembre 1939.
  • [20]
    Comme le souligne G. Rossi-Landi, op. cit., p. 17.
  • [21]
    Bergery a donné deux récits très voisins de la scène en 1963 et 1964. Annexe à une lettre à l’historien anglais Adamthwaite, mai 1963 et émission de radio sur Europe no 1, texte joint à une lettre à Frossard, 23 décembre 1964. Fonds Bergery, Hoover Institution.
  • [22]
    Lors du comité secret du 19 mars 1940 qui devait entraîner la chute de Daladier, et dans les deux textes ci-dessus mentionnés.
  • [23]
    Et peut-être une vingtaine d’abstentions.
  • [24]
    Une morasse censurée de l’hebdomadaire Aux écoutes du 9 septembre 1939 donne de ces faits la version suivante : « Après la séance, plusieurs parlementaires qui avaient affecté de ne pas applaudir M. Daladier, se réunirent dans un bureau de commission à la Chambre. Il y avait là MM. Paul-Émile Flandin, Paul Faure, René Brunet, Léon Baréty. Il s’agissait pour ces hommes politiques de rechercher un moyen de décider Hitler à accepter la convocation d’une conférence internationale. Ce moyen, ils ne le trouvèrent pas, car ils se séparèrent sans avoir rédigé de communiqué ; l’heure n’était plus aux communiqués parlementaires, elle est aux communiqués de guerre » (BDIC, GFo/Δ 102).
  • [25]
    Dans une allocution prononcée devant les maires du Cantal. Cf. Laval parle, p. 275.
  • [26]
    Témoignage oral de M. Frédéric-Dupont, député de Paris, 31 janvier 1989.
  • [27]
    Jules Moch, Rencontres avec Léon Blum, Paris, Plon, 1970, p. 256.
  • [28]
    Documents Bergery, Hoover Institution.

Le communiqué de Moscou éclate comme le tonnerre dans le ciel des vacances. Dans la nuit du 22 au 23 août, au Palm Beach de Cannes, le bal des Petits Lits blancs a été l’apothéose de la saison mondaine ; il en marque aussitôt la clôture. Les rappels sous les drapeaux touchent 900 000 hommes entre le 21 et le 27 août. À partir du 24, la ruée du retour des vacanciers embouteille les routes et les gares : l’ambassadeur d’Italie Guariglia, à Montélimar, doit se loger dans une arrière-boutique de confiseur. Le gouvernement annule le 1er Festival du cinéma à Cannes, prévu pour le 1er septembre, et le parti communiste la fête de l’Humanité fixée au 3. La population reste étonnamment calme, bien que chacun sente que la guerre est pour le lendemain.
La guerre à l’ouest mit cependant dix jours à éclater. Au niveau des décideurs français, trois étapes jalonnent cette décade anxieuse : le feu vert donné le 23 août par les chefs des armées ; les ultimes efforts des gouvernants et ceux des hommes politiques pacifistes pour arrêter, entre le 24 et le 31 août, la marche à la guerre ; le vote des crédits militaires par le Parlement, enfin, le 2 septembre, dans un faux-semblant d’unanimité nationale.
Le 23 août, à 18 heures, à la demande de Georges Bonnet, Daladier a réuni dans son bureau les grands chefs militaires pour trouver réponse à trois questions précises :
La France peut-elle, sans réagir, assister à la disparition de la carte d’Europe de la Pologne ou de la Roumanie, ou de l’une de ces deux puissances …


Date de mise en ligne : 08/07/2021

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