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Chapitre V. Anatomie de trois campagnes d’opinion (I) : la victoire par miracle

Pages 444 à 463

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  • Crémieux-Brilhac, J.-L.
(2020). Chapitre V. Anatomie de trois campagnes d’opinion (I) : la victoire par miracle. Les Français de l'an 40 (Tome 1) : I. La guerre oui ou non ? (p. 444-463). Gallimard. https://shs.cairn.info/les-francais-de-l-an-40-tome-1-la-guerre-oui-ou-non--9782072879630-page-444?lang=fr.

  • Crémieux-Brilhac, Jean-Louis.
« Chapitre V. Anatomie de trois campagnes d’opinion (I) : la victoire par miracle ». Les Français de l'an 40 (Tome 1) I. La guerre oui ou non ? Gallimard, 2020. p.444-463. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-francais-de-l-an-40-tome-1-la-guerre-oui-ou-non--9782072879630-page-444?lang=fr.

  • CRÉMIEUX-BRILHAC, Jean-Louis,
2020. Chapitre V. Anatomie de trois campagnes d’opinion (I) : la victoire par miracle. In : Les Français de l'an 40 (Tome 1) I. La guerre oui ou non ? Paris : Gallimard. Folio Histoire, p.444-463. URL : https://shs.cairn.info/les-francais-de-l-an-40-tome-1-la-guerre-oui-ou-non--9782072879630-page-444?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Sur cette presse, cf. l’étude fondamentale de Pierre Albert dans le tome III de L’Histoire générale de la presse française de Cl. Bellanger, J. Godechot et P. Terrou, notamment p. 509 à 620.
  • [2]
    Sources : pour mars 1939, Cl. Bellanger, J. Godechot et P. Terrou, t. III, p. 511, d’après les prises des Messageries. Pour avril 1940 : APPBA.
  • [3]
    Leurs rédacteurs en chef respectifs, Pierre Lazareff (Paris-Soir) et Élie-Joseph Bois (Le Petit Parisien), partiront en juin 1940, le premier pour l’Amérique, le second pour Londres, de même que Pertinax (L’Époque et L’Europe nouvelle), Geneviève Tabouis (L’Œuvre), Georges Boris et Georges Gombault (La Lumière), Maurice Schumann (agence Havas).
  • [4]
    Sur Lucien Romier, les carnets de Wladimir d’Ormesson sont sans équivoque.
  • [5]
    AN 334 AP/8.
  • [6]
    C’est seulement après l’armistice que les Bunau-Varilla entraînèrent Stéphane Lauzanne dans le journalisme de collaboration. À noter, au Matin, la participation d’un chroniqueur militaire que ses confrères évitent tant « il tient des propos qui ne sont pas ceux d’un Français » ; il devait s’associer dramatiquement, en 1943-1944, à la répression des résistants. Cf. Ch. Morice, Quarante ans de journalisme, p. 15-16.
  • [7]
    Une consigne de presse particulière interdira aux journaux de faire allusion à sa condamnation.
  • [8]
    Le général Gamelin a reproduit dans Servir, t. II, p. 451 ss., quelques-uns de ces rapports.
  • [9]
    Cf. le livre bourré de faits saisis sur le vif de l’excellent correspondant américain à Berlin William Shirer, Mon journal à Berlin. 1934-1941, Montréal, Éd. de la Revue moderne, 1943. Cf., dans le même sens, les communications — et notamment celle d’Eberhard Jäckel — faites à la Conférence historique internationale de Berlin, Die Entfesselung des Zweiten Weltkrieges, 21-22 août 1989.
  • [10]
    La progression de L’Œuvre et de Paris-Soir est due aussi à ce que ce sont les deux journaux sur lesquels se sont reportés de préférence des électeurs communistes privés de L’Humanité et de Ce soir.
  • [11]
    Ce n’est guère le cas que de chroniqueurs de L’Époque, de Pierrefeu dans L’Œuvre, ainsi que d’Henry Bidou et de René Pinon dans La Revue des deux mondes, ces deux derniers concluant finalement à la supériorité de la défensive sur des lignes préparées.
  • [12]
    Match, 16 novembre 1939.
  • [13]
    Clément Vautel, dans Le Journal du 28 octobre 1939 ; Jean Fabry dans Le Matin du 28 novembre et du 3 décembre 1939.
  • [14]
    Le Canard enchaîné, 15 novembre 1939.
  • [15]
    « Nous avons besoin qu’on ne nous mente plus (…), que des Tabouis au petit pied, ne viennent pas nous expliquer les divergences de vues des chefs hitlériens ou de l’État-Major allemand. Qu’en savent-ils ? Qui le leur a révélé ? Avons-nous besoin de ragots pour faire notre devoir ? Ce peuple ne peut-il entendre la vérité ? Ne peut-il regarder la vérité en face ? » M. Dupouey, La Voix des combattants, 2 décembre 1939.
  • [16]
    BN Man., fonds Gabriel Marcel, correspondance, t. XVIII.
  • [17]
    La Revue des deux mondes, 1er novembre 1939, p. 155.
  • [18]
    L’Action française, 20 septembre 1939, mais aussi 2 novembre et 9 février, etc.
  • [19]
    Lettres à sa sœur et à Maurice Bardèche, Œuvres, t. XII, p. 515-518.
  • [20]
    J.-P. Sartre, Lettres au Castor, t. I, p. 367, 21 octobre 1939.
  • [21]
    J.-P. Sartre, Carnets de guerre, p. 64-65. Il décrit avec précision les effets de cette campagne d’optimisme : « C’est d’abord ici un curé qui lit dans le cirage des bottes et qui prédit la chute de Hitler pour décembre. Et puis ce sont des discrètes réflexions de “sages” — les mêmes qui prévoyaient une guerre longue, ou d’autres —, les uns parlant d’une possibilité mystérieuse pour la guerre de “tourner court”, les autres plus francs écrivant : “J’ai la conviction que la guerre sera plus courte qu’on ne pense.” Ici, les pessimistes désarment. En partie sans doute sous l’influence de cette nouvelle propagande (est-elle concertée ? s’agit-il de remonter un moral assez bas ?), en partie aussi parce que cette longue patience humaine est difficile à acquérir et qu’ils étouffent d’ennui. »
  • [22]
    Sensiblement meilleur aux armées que dans la population civile, comme c’était également le cas en Allemagne.

Trois campagnes d’opinion ont comblé le vide de la « drôle de guerre » : la campagne d’amitié et de solidarité franco-britannique, nécessaire pour répondre à toutes les attaques et critiques de la propagande allemande, et qui a duré autant que les hostilités ; la « campagne du miracle attendu » de l’automne 1939 ; puis la campagne pour l’aide à la Finlande de l’hiver 1940. Cette dernière n’est elle-même, à bien des égards, qu’un épisode et une extension d’un mouvement d’opinion beaucoup plus ample d’orchestration de la lutte anticommuniste et de dénonciation de l’ennemi intérieur qui remonte à 1934-1935 et qui ne s’éteindra qu’à la Libération ; bien que la campagne d’aide à la Finlande et la campagne de mobilisation contre l’ennemi intérieur répondent dans une large mesure à une même inspiration et soient étroitement imbriquées, on les traitera séparément pour mieux en démonter le mécanisme.
La campagne d’amitié franco-britannique a eu le caractère d’une opération voulue par le gouvernement ; planifiée par lui, elle a été exécutée en grande partie par ses soins : tous les media officiels y ont concouru, radio, cinéma, affiches, discours, célébrations, tournées de conférences, journée franco-britannique du 11 novembre 1939, et aucune pression n’a été négligée pour que les journaux et les municipalités s’y associent. Il n’y a pas lieu de l’analyser plus en détail, tant elle est sans histoires.
La « campagne de la victoire par miracle » et la campagne pour l’aide à la Finlande sont beaucoup plus singulières…


Date de mise en ligne : 08/07/2021

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