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Chapitre III. Le PCF entre l’Internationale communiste et la France

Pages 218 à 231

Citer ce chapitre


  • Crémieux-Brilhac, J.-L.
(2020). Chapitre III. Le PCF entre l’Internationale communiste et la France. Les Français de l'an 40 (Tome 1) : I. La guerre oui ou non ? (p. 218-231). Gallimard. https://shs.cairn.info/les-francais-de-l-an-40-tome-1-la-guerre-oui-ou-non--9782072879630-page-218?lang=fr.

  • Crémieux-Brilhac, Jean-Louis.
« Chapitre III. Le PCF entre l’Internationale communiste et la France ». Les Français de l'an 40 (Tome 1) I. La guerre oui ou non ? Gallimard, 2020. p.218-231. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-francais-de-l-an-40-tome-1-la-guerre-oui-ou-non--9782072879630-page-218?lang=fr.

  • CRÉMIEUX-BRILHAC, Jean-Louis,
2020. Chapitre III. Le PCF entre l’Internationale communiste et la France. In : Les Français de l'an 40 (Tome 1) I. La guerre oui ou non ? Paris : Gallimard. Folio Histoire, p.218-231. URL : https://shs.cairn.info/les-francais-de-l-an-40-tome-1-la-guerre-oui-ou-non--9782072879630-page-218?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Sur les réactions des militants, voir t. II, p. 312-313.
  • [2]
    D’après le rédacteur en chef adjoint de L’Humanité Darnar, cité par A. Tasca, Vichy 1940-1944. Archives de guerre…, p. 329.
  • [3]
    Aragon est alors rédacteur en chef adjoint de Ce soir. Darnar finira par désavouer, à l’automne 1939, la politique soviétique.
  • [4]
    R. Bourderon et G. Willard, La France dans la tourmente, 1939-1944, p. 29-30.
  • [5]
    Ce qui lui valut de figurer sur la « première liste noire des espions, traîtres, renégats, suspects et agents de la Gestapo », diffusée par le PCF en janvier 1943, avec la mention : « En août 1939, a désavoué par écrit le PCF. Anticommuniste. » BDIC. Sadoul avait en 1943 le tort d’avoir eu raison, en 1939, contre le parti communiste, et le tort supplémentaire d’avoir été libéré d’un camp d’internement du gouvernement de Vichy par décision de Laval.
  • [6]
    Cf. notamment S. Courtois, Le PCF dans la guerre…, p. 43 et ss.
  • [7]
    Lettre publiée dans Le Populaire du 9 septembre 1939.
  • [8]
    Monmousseau ajoute : « Un gouvernement qui a peur du peuple court à la défaite. »
  • [9]
    Il se félicitera, à partir de fin octobre, de voir « libérer » les provinces orientales de la Pologne peuplées de Biélorusses, que les Alliés avaient laissées à la Russie en 1919 et que le traité de Riga lui avait enlevées en 1921 sans qu’elle y ait jamais renoncé.
  • [10]
    R. Rémond, Notre Siècle, 1918-1988, p. 277.
  • [11]
    La commission administrative de la CGT, réunie le 25 septembre, entérine l’exclusion des communistes par 24 voix contre 5 et 2 abstentions.
  • [12]
    Ainsi l’écrivain communiste Georges Sadoul (homonyme de Jacques Sadoul mentionné plus haut), mobilisé dans l’Est, relève dans Gringoire du 26 septembre ces phrases du colonel Fabry : « Désormais et pour tous les peuples — l’Allemagne comprise — une lourde défaite fera surgir quelque part le spectre de la révolution… Comment la France et chaque nation lutteront-elles préventivement contre la révolution en marche derrière la guerre ? » Cette lecture lui inspire la question suivante, caractéristique de l’intellectuel communiste : « Ces paroles sont-elles la clef de la drôle de guerre ? » (Journal de guerre, p. 46).
  • [13]
    F. Crémieux et J. Estager, Sur le parti, 1939-1940, p. 139.
  • [14]
    Un rapport de police du 24 septembre 1939 qui figure dans A. Tasca, op. cit., p. 324-325, donne de cet appel la version suivante :
    « La Pologne est vaincue (…) Staline est le grand vainqueur de la première manche (…) Impossible maintenant aux démocraties occidentales de conclure des accords ou des traités sans la participation de l’Union soviétique. En face de cette situation que faire ?
    « Chamberlain prétend faire la guerre trois ans s’il le faut pour abattre le régime hitlérien ; les oligarchies financières anglaises veulent vaincre Hitler avec la peau des prolétaires français.
    « Le grand Staline et Dimitrov estiment qu’il n’est pas nécessaire de faire tuer 2 millions d’ouvriers français et allemands pour renverser Hitler ; il faut cesser les hostilités et aider le peuple allemand à chasser Hitler et à le remplacer par un gouvernement de son choix.
    « Aux entreprises de Chamberlain et de son petit chien de Daladier, Staline et le Parti communiste français répondent : Non ! Ils disent : “Cessez immédiatement les hostilités !… Les soldats français ne se feront pas tuer pour l’Angleterre.” »
  • [15]
    Comme G. Bourgeois l’a montré dans sa thèse : Communistes et anticommunistes pendant la drôle de guerre, p. 116 et ss.
  • [16]
    Jacques Duclos aurait dit au cours de la réunion restreinte du comité central du 20 septembre : « Dans une situation sans issue, la seule solution est la fuite en avant. »
  • [17]
    Les signes avant-coureurs n’ont pas manqué non plus dans les émissions de Radio Moscou. Dès le 3 septembre, des émissions attribuaient à l’Angleterre la responsabilité de la guerre, et expliquaient que le pacte de Moscou avait sauvé l’URSS des horreurs de la guerre (BBC, Monitoring Service, Daily Digest of World Reports).
  • [18]
    Sur ces événements, cf. F. Crémieux et J. Estager, op. cit., p. 119-120 et 141. Fried alias Clément, Hongrois de Slovaquie, révolutionnaire professionnel, a représenté l’Internationale communiste à Paris de 1931 à 1939, s’est replié en septembre 1939 sur Bruxelles où se fixèrent l’antenne occidentale de l’Internationale communiste, puis la direction du Parti communiste français avec Jacques Duclos et Ramette. Cf. plus loin p. 262-263.
  • [19]
    F. Crémieux et J. Estager, op. cit., p. 137-138.
  • [20]
    R. Bourderon et G. Willard, op. cit., p. 28-30.
  • [21]
    Cf. journaux en date du 29 septembre tels que L’Œuvre.
  • [22]
    A. Tasca, op. cit., p. 338.
  • [23]
    Cf. le récit de la désertion de Thorez et de son passage en Belgique dans Fr. Crémieux et J. Estager, op. cit., p. 148-152.
  • [24]
    Extrait du premier numéro imprimé de L’Humanité clandestine, importé de Belgique.

Le pacte germano-soviétique a pris les communistes français par surprise, on l’a vu. Aucune explication de Moscou ; Paris et Londres ont gardé le silence sur les négociations. Du 23 au 26 août, L’Humanité et Ce soir ont approuvé le pacte en le présentant comme un moyen de contenir l’Allemagne : leurs commentaires ont fait scandale. La base ouvrière a réagi avec désespoir, souvent avec colère. On racontera que Gabriel Péri est resté enfermé deux jours dans son bureau de L’Humanité : « On ne pouvait pas lui tirer un mot, on l’a sorti presque de force pour le faire manger, il était entièrement anéanti. » D’autres ne se sont inclinés que par solidarité.
Rien n’exprime mieux le trouble de certaines consciences communistes que la longue lettre que l’avocat et journaliste Jacques Sadoul a adressée le 26 août au sénateur de la Seine Marcel Cachin, la plus haute autorité morale du communisme français. Elle est importante à la fois en raison de la personnalité de son auteur et parce qu’elle pose implicitement une question capitale : le PCF de 1939 pouvait-il éviter de s’aligner sur Moscou ?Sadoul (1881-1956) occupe une place à part dans le mouvement communiste. Militant socialiste dès sa vingtième année, il était pendant la Grande Guerre capitaine de réserve attaché au cabinet du ministre de l’Armement Albert Thomas, quand celui-ci l’a chargé d’une mission militaire en Russie pour qu’il y soit son correspondant personnel. À Saint-Pétersbourg, il s’est lié avec Lénine et Trotski, il s’est enthousiasmé pour la révolution bolchevique, au point de participer à la guerre civile, il est devenu inspecteur de l’Armée Rouge, toutes activités qui lui ont valu d’être décoré de l’ordre du Drapeau rouge, mais d’être inculpé aussi, sur ordre de Clemenceau, de désertion et d’intelligence avec l’ennemi et d’être condamné à mort par contumace ; il est rentré seulement en France en 1924 pour y être acquitté au terme d’un procès tumultueux…


Date de mise en ligne : 08/07/2021

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