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L'observation directe comme méthode pour la sociologie des institutions. À propos d'une enquête au Conseil supérieur de l'audiovisuel

Pages 143 à 161

Citer ce chapitre


  • Méon, J.-M.
(2006). L'observation directe comme méthode pour la sociologie des institutions. À propos d'une enquête au Conseil supérieur de l'audiovisuel. Dans
  • A. Cohen,
  • B. Lacroix
  • et P. Riutort
Les formes de l'activité politique : Éléments d'analyse sociologique (XVIIIe-XXe siècle) (p. 143-161). Presses Universitaires de France. https://doi.org/10.3917/puf.cohe.2006.01.0143.

  • Méon, Jean-Matthieu.
« L'observation directe comme méthode pour la sociologie des institutions. À propos d'une enquête au Conseil supérieur de l'audiovisuel ». Les formes de l'activité politique Éléments d'analyse sociologique (XVIIIe-XXe siècle) Presses Universitaires de France, 2006. p.143-161. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-formes-de-l-activite-politique--9782130551508-page-143?lang=fr.

  • MÉON, Jean-Matthieu,
2006. L'observation directe comme méthode pour la sociologie des institutions. À propos d'une enquête au Conseil supérieur de l'audiovisuel. In :
  • COHEN, Antonin,
  • LACROIX, Bernard
  • et RIUTORT, Philippe,
Les formes de l'activité politique Éléments d'analyse sociologique (XVIIIe-XXe siècle) Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Hors collection, p.143-161. DOI : 10.3917/puf.cohe.2006.01.0143. URL : https://shs.cairn.info/les-formes-de-l-activite-politique--9782130551508-page-143?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/puf.cohe.2006.01.0143


Notes

  • [1]
    J.-M. Méon, L'Euphémisation de la censure. Le contrôle des médias et la protection de la jeunesse : de la proscription au conseil, thèse de science politique, soutenue à l'Université Robert-Schuman -Strasbourg III, le 15 décembre 2003.
  • [2]
    V. Dubois, La Vie au guichet. Relation administrative et traitement de la misère, Paris, Economica, 1999, p. 5.
  • [3]
    Bernard Lacroix, Jacques Lagroye, Le Président de la République. Usages et genèses d'une institution, Paris, FNSP, 1992, p. 10.
  • [4]
    Jean-Michel Chapoulie, « Le travail de terrain, l'observation des actions et des interactions, et la sociologie », Sociétés contemporaines, 2000, n° 40, p. 20.
  • [5]
    Nous reprenons ici le découpage proposé comme première approche d'une institution dans Lionel Chaty, « Éléments de pratique pour l'analyse des institutions », dans Curapp, Les Méthodes au concret. Démarches, formes de l'expérience et terrains d'investigation en science politique, Paris, PUF, 2000, p. 253-274.
  • [6]
    Ces documents comportent néanmoins une forte ambiguïté dans la mesure où ils sont porteurs des biais produits par les catégories constituées des acteurs qui en sont à l'origine. Jacques Chevallier, Science administrative, Paris, PUF, 1986, rééd. 1994, p. 69-70 ; J.-M. Chapoulie, « Le travail de terrain, l'observation des actions et des interactions, et la sociologie », art. cité, p. 20.
  • [7]
    Henri Peretz, Les Méthodes en sociologie. L'observation, Paris, La Découverte, 1998, p. 77.
  • [8]
    Ibid., p. 72-73.
  • [9]
    C'est le « paradoxe de l'observateur » évoqué par Olivier Schwartz : « Pour étudier un groupe social, il faut l'observer, mais l'observer c'est le “perturber” donc rendre sa connaissance difficile ou impossible » (O. Schwartz, « L'empirisme irréductible. La fin de l'empirisme ? », postface dans Nels Anderson, Le Hobo. Sociologie du sans-abri (1923), Paris, Nathan, 1993, p. 271). Voir aussi « L'observateur, facteur de perturbation », dans Anne-Marie Arborio, Pierre Fournier, L'Enquête et ses méthodes : l'observation directe, Paris, Nathan, 1999, p. 85 et s.
  • [10]
    O. Schwartz, « L'empirisme irréductible. La fin de l'empirisme ? », art. cité, p. 282.
  • [11]
    V. Dubois, La Vie au guichet. Relation administrative et traitement de la misère, op. cit., p. 14-15.
  • [12]
    « Le travail de terrain, field work […] consiste en une présence prolongée au sein d'un groupe afin de se familiariser avec celui-ci et de recueillir tout type de document. L'observation directe constitue un des aspects du travail de terrain et peut accompagner d'autres méthodes comme les entretiens formels, la consultation de documents écrits, la constitution de statistiques ou l'usage de statistiques déjà existantes. En un mot, le travail de terrain comporte le plus souvent une part d'observation directe mais fait aussi appel à d'autres méthodes » (H. Peretz, Les Méthodes en sociologie. L'observation, op. cit., p. 16-17).
  • [13]
    Frédéric Sawicki, « Les politistes et le microscope », dans Curapp, Les Méthodes au concret. Démarches, formes de l'expérience et terrains d'investigation en science politique, Paris, PUF, 2000, p. 143-164, notamment p. 152-153.
  • [14]
    Selon H. Peretz, Les Méthodes en sociologie. L'observation, op. cit., p. 14, il s'agit-là des principales tâches pour l'observateur.
  • [15]
    L'insertion personnelle et de longue durée est le critère du travail ethnographique selon O. Schwartz, « L'empirisme irréductible. La fin de l'empirisme ? », art. cité. De même, Stéphane Beaud et Florence Weber, dans leur Guide de l'enquête de terrain, Paris, La Découverte, 1998, p. 298-299, font de la longue durée l'une des trois conditions de l'enquête ethnographique (avec le degré d'interconnaissance du milieu observé et la réflexivité de l'enquêteur).
  • [16]
    P. Bourdieu, avec Loïc J. D. Wacquant, « La pratique de l'anthropologie réflexive. Le séminaire de Paris », dans Réponses, Paris, Le Seuil, 1992, notamment p. 203-204.
  • [17]
    L'expression est empruntée à H. Peretz, Les Méthodes en sociologie. L'observation, op. cit., p. 74-75.
  • [18]
    H. B. Schwartzman, Ethnography in Organizations, Qualitative Research Methods Series, vol. 27, Newbury Park, London, New Dehli, Sage Publications, 1993, notamment p. 38-43 et p. 64-66.
  • [19]
    Ibid., p. 41, notre traduction.
  • [20]
    Nous évoquons ici les locaux occupés au moment de l'enquête (2001), le CSA ayant déménagé depuis.
  • [21]
    Norbert Elias souligne que les pronoms constituent des révélateurs des relations d'interdépendance entre les individus. Un pronom n'a de sens que par rapport aux autres. Les pronoms révèlent à la fois les positions spécifiques des personnes et leurs relations réciproques. En ce sens, lorsque nous relevons que l'usage du « ils » constitue une mise à distance, cela implique qu'il ne s'agit pas là de deux groupes isolés, envisagés dans leur indépendance, mais du placement d'un groupe – les chargés de missions – par rapport à un autre – les conseillers (« La série des pronoms comme modèle de configuration », dans N. Elias, Qu'est-ce que la sociologie ?, op. cit., p. 146-154).
  • [22]
    N. Elias, « Remarques sur le commérage » (extrait de N. Elias, John L. Scotson, The Established and the Outsiders, 1965), Actes de la recherche en sciences sociales, novembre 1985, n° 60, p. 23-29. Cet extrait est précédé d'une présentation par Francine Muel-Dreyfus.
  • [23]
    O. Schwartz, « L'empirisme irréductible. La fin de l'empirisme ? », art. cité, p. 299.
  • [24]
    P. Bourdieu, Choses dites, Paris, Minuit, 1987, p. 151.
  • [25]
    F. Dupuy, J.-C. Thoenig, Sociologie de l'administration française, Paris, Armand Colin, 1983, p. 57-60. Les mêmes auteurs illustrent ce principe de « rétention d'information » notamment à partir de l'étude d'une préfecture, dans F. Dupuy, J.-C. Thoenig, L'Administration en miettes, Paris, Fayard, 1985, p. 41-53.
  • [26]
    Nous nous appuyons ici sur la présentation par Mark Thatcher de la lecture de la revolving door que font les théoriciens de la « capture » (M. Thatcher, « Regulation in Europe : Independent Regulatory Agencies », communication au VIIe Congrès de l'AFSP, Lille, septembre 2002).
  • [27]
    M. Dagnaud, L'État et les Médias. Fin de partie, Paris, Odile Jacob, 2000, et notamment p. 64-69.
  • [28]
    Jérôme Bourdon, Haute fidélité. Pouvoir et télévision 1935-1994, Paris, Le Seuil, 1994 ; Stéphane Olivesi, Histoire politique de la télévision, Paris, L'Harmattan, 1998.
  • [29]
    Sur la régulation en matière audiovisuelle, voir notamment Bernard Guillou, Jean-Gustave Padioleau, La Régulation de l'audiovisuel, Paris, CNCL/La Documentation française, 1988.
  • [30]
    Nous renvoyons ici notamment à J. Lagroye, « On ne subit pas son rôle », entretien accordé à Politix, 2e trimestre 1997, n° 38, p. 7-17 et aux applications des notions de rôle et de définition du rôle dans V. Dubois, La Vie au guichet. Relation administrative et traitement de la misère, op. cit., 1999, p. 3-4, 84 et 102 et s. et dans L. Chaty, « Le rapport aux postes : pour une analyse de la configuration de l'administration face à ses usagers, le cas d'un bureau de poste parisien », Politique et management public, septembre 1993, vol. 11, n° 3, p. 77-96.
  • [31]
    L'observation montre cependant que ce découragement et cette autocensure sont accompagnés de résistances et d'efforts d'adaptation. Cette résistance se comprend d'une double façon. Elle témoigne d'un investissement professionnel réel, qui est chez certains le produit d'une approche militante ou passionnée de leur fonction. En même temps, elle est aussi un moyen de se préserver, d'éviter les critiques de la hiérarchie. Les pratiques des chargés de mission participant au contrôle articulent alors soumission à ces contraintes et développement de stratégies de contournement.
  • [32]
    Je tiens ici à remercier Vincent Dubois pour ses conseils.

Le présent article se propose de revenir sur un travail d'enquête reposant sur l'observation ethnographique d'une institution, le Conseil supérieur de l'audiovisuel. L'enquête présentée ici s'inscrit dans une recherche plus large que la seule étude d'une institution, celle-ci ayant porté sur l'analyse des modalités du contrôle public des médias et notamment des contenus audiovisuels – et leur évolution dans le sens d'une euphémisation, c'est-à-dire d'un exercice moins direct de l'autorité, du recours à des formes plus « douces » de contraintes, le « conseil » remplaçant la sanction. Ainsi, dans le cadre de cette recherche, l'objectif n'était pas d'étudier l'institution pour elle-même mais de saisir la façon dont son fonctionnement concret contribue à orienter la politique publique dont elle a la charge. En présentant de façon détaillée l'observation réalisée pour ce travail – ses conditions de réalisation, ses résultats –, il s'agit, à partir d'une approche ethnographique du CSA, de comprendre ce que les modalités d'action propres à l'institution doivent aux contraintes qui lui sont spécifiques en l'occurrence, essentiellement des contraintes organisationnelles, liées notamment à la place du CSA et de ses membres dans la configuration de l'audiovisuel.Considérer qu'une institution n'existe pas en dehors des usages qui en sont fait représente un acquis aujourd'hui classique de la sociologie des institutions : ce sont les discours et les pratiques des acteurs qui participent à lui donner sa figure, qui contribuent à sa « formalisation »…


Date de mise en ligne : 17/09/2015

https://doi.org/10.3917/puf.cohe.2006.01.0143

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