Chapitre d’ouvrage

La femme au pouvoir ( ? ) sous l’Ancien Régime : du carnaval à la comédie

Pages 227 à 242

Citer ce chapitre


  • Spielmann, G.
(2013). La femme au pouvoir ( ? ) sous l’Ancien Régime : du carnaval à la comédie. Dans
  • L. Desjardins
Les figures du monde renversé de la Renaissance : Hommage à Louis Van Delft (p. 227-242). Hermann. https://doi.org/10.3917/herm.desja.2013.01.0227.

  • Spielmann, Guy.
« La femme au pouvoir ( ? ) sous l’Ancien Régime : du carnaval à la comédie ». Les figures du monde renversé de la Renaissance Hommage à Louis Van Delft, Hermann, 2013. p.227-242. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-figures-du-monde-renverse-de-la-renaissance--9782705686963-page-227?lang=fr.

  • SPIELMANN, Guy,
2013. La femme au pouvoir ( ? ) sous l’Ancien Régime : du carnaval à la comédie. In :
  • DESJARDINS, Lucie,
Les figures du monde renversé de la Renaissance Hommage à Louis Van Delft. Paris : Hermann. Les collections de la République des Lettres, p.227-242. DOI : 10.3917/herm.desja.2013.01.0227. URL : https://shs.cairn.info/les-figures-du-monde-renverse-de-la-renaissance--9782705686963-page-227?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/herm.desja.2013.01.0227


Notes

  • [1]
    Marc Angenot, Les champions des femmes : examen du discours sur la supériorité des femmes, 1400-1800, Montréal, Presses de l’Université du Quebec, 1977, p. 2.
  • [2]
    « Molière ou l’esprit du carnaval », in Jean Émelina (dir.), Molière et la fête, Pézenas, Domens, 2003, p. 231-260.
  • [3]
    Jean-Louis Guez de Balzac, Dissertations critiques [1654], in Œuvres, t. II, Paris, T. Jolly, 1665, p. 686-687. Cf. Ibid., p. 573 : « Il ne faut pas faire apres pasques ce qu’on fait au carnaval, ni s’habiller tous les jours, comme on s’habille un jour de desbauche. »
  • [4]
    « Carême » vient du latin quadragesima [dies], « le quarantième [jour] » avant Pâques.
  • [5]
    Théodore Agrippa d’Aubigné, « De la réunion des religions », Confession Catholique du Sieur de Sancy, L. II, ch. 2 [1630], in Œuvres Complètes, Genève, Slatkine, 1967, t. II, p. 322.
  • [6]
    Februarius vient de Februa, « instruments de purification » utilisés à cette occasion : laine, épeautre et sel, rameau d’olivier ou de pin.
  • [7]
    Julio Caro Baroja, Le Carnaval. [El Carnaval. Analisis historico-cultural, Madrid, Taurus, 1965], Paris, Gallimard (Bibliothèque des histoires), 1979 [trad. Sylvie Sesé-Léger].
  • [8]
    Johann Wolfgang von Goethe, « Das römische Karneval », Italienische Reise [Septembre 1786 – Mai 1788], in Werke, Ausgabe letzter Hand, Stuttgart, Cotta, 1829 ; Goethes Werke : Hamburger Ausgabe in 14 Bänden (1948), Beck, 1981, t. XI, p. 484 [éd. Erich Trunz, München] : « Das römische Karneval ist ein Fest, das dem Volke eigentlich nicht gegeben wird, sondern das sich das Volk selbst gibt. »
  • [9]
    Mikhaïl Bakhtine, L’œuvre de François Rabelais et la culture populaire au Moyen-Age et sous la Renaissance [1965], Paris, Gallimard (Tel), 1970, p. 16-17 [trad. Andrée Robel].
  • [10]
    Une tradition ancienne soutenait la thèse que les femmes se transmettent entre elles des « secrets » leur donnant sur les hommes un ascendant aussi puissant que mystérieux. Voir Helen R. Lemay, Women’s secrets : a translation of Pseudo-Albertus Magnus’s De secretis mulierum with commentaries, Albany (NY), State University of New York Press, 1992.
  • [11]
    Abbé Michel De Pure, La Prétieuse, ou Le mystère des ruelles [1656-1657], Paris, Droz, 1938, vol. I, p. 114 [éd. Emile Magne]. C’est Parthénoïde, ennemie des précieuses, qui s’exprime ainsi.
  • [12]
    François de Grenaille de Chatounières, Lhonneste mariage, Paris, A. de Sommaville et Toussaint Quinet, 1640, p. 168.
  • [13]
    R. P. Thomas Le Blanc, La direction ou la consolation des personnes mariées, ou les Moyens infaillibles de faire un mariage heureux d’un qui serait malheureux, Paris, Gilles André, 1664, p. 18.
  • [14]
    Beaucoup plus inquiétante est la situation mise en scène dans George Dandin, où un mari ne parvient pas à se faire respecter ; mais la différence de condition entre Angélique de Sottenville et Dandin neutralise en quelque sorte l’ascendant qu’elle a pris sur lui, tandis que le final enjoué – du moins dans la production d’origine – permet de tourner en dérision une inversion scandaleuse de la hiérarchie sociale. Voir mon article « Farce, Satire, pastorale et politique : le spectacle total de George Dandin », Revue d’histoire littéraire de la France 6 (1993), p. 850-862.
  • [15]
    Voir mon article « Viduité et pouvoir dans le discours comique, 1683-1715 », XVIIe siècle 135/2 (1995), p. 331-344.
  • [16]
    Florent Carton Dancourt et Monsieur de Saint Yon, Le Chevalier à la mode [jouée en 1687], Paris, Michel Guérout, 1688.
  • [17]
    Florent Carton Dancourt, Le charivari [jouée en 1697], Paris, Ribou, 1697.
  • [18]
    Sur ces figures, voir Lise Beaumont-Maillet, La guerre des sexes, Paris, Albin Michel (Les Albums du Cabinet des Estampes), 1984.
  • [19]
    Charles de la Rivière Dufresny, La noce interrompue [jouée en1699], Paris, Ribou, 1699.
  • [20]
    Lise Beaumont-Maillet, op. cit., p. 78.
  • [21]
    Art. « Charivari », Dictionnaire de l’Académie Françoise, Paris, J.-B. Coignard, 1694.
  • [22]
    Ruben de Couder, Nouveau guide pratique des maires, des adjoints, des secrétaires de mairie et des conseillers municipaux… suivi d’un formulaire de tous les actes à dresser par les maires […], 16e édition, entièrement refondue et annotée, Paris, Garnier Frères, 1910, p. 220. Le charivari tombe sous le coup de l’article R. 623-2 du Code pénal, qui sanctionne les bruits ou tapages injurieux ou nocturnes troublant la tranquillité des habitants.
  • [23]
    Ulysse Déjeux, « Le Trottage », Histoire du Deschaux (Jura), Dole, Paul Audebert Éditeur, 1910, p. 65-66.
  • [24]
    Florent Carton Dancourt, Les Dieux comédiens, ou la métempsychose des amours (jouée en 1717), in Les Œuvres de M. Dancourt, Paris, Ribou, 1706-1718, t. IX.
  • [25]
    Rappelons qu’en France le régime matrimonial de 1804, qui maintenait les femmes dans un état de minorité juridique, ne fut définitivement réformé qu’en 1965 (permettant par exemple à une épouse de gérer ses biens elle-même, d’ouvrir un compte en banque et exercer une profession sans l’autorisation de son mari) ; qu’en matière d’autorité parentale la mère n’est devenue l’égale du père qu’en 1970, et qu’il a fallu attendre 1971 pour que soit votée une loi rendant obligatoire l’égalité des salaires entre les hommes et les femmes pour un même travail, et 1975 pour la libéralisation complète du divorce.
  • [26]
    Florent Carton Dancourt, Céphale et Procris (jouée en 1711), in Les Œuvres de M. Dancourt, Paris, Ribou, 1706-1718, t. IX.
  • [27]
    Révision constitutionnelle du 8 juillet 1999 ajoutant à l’article 3 de la Constitution de 1958 « la loi favorise l’égal accès des femmes et des hommes aux mandats électoraux et aux fonctions électives » et enjoignant (art. 4) aux partis politiques de « contribuer à la mise en oeuvre » de ce principe ; Loi sur la parité en politique (6 juin 2000) ; Loi Génisson sur l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes (9 mai 2001) reprenant les termes de la loi Roudy du 13 juillet 1983, etc.

Depuis ses origines médiévales, la comédie en France s’est assigné le but de poser à sa manière la question du pouvoir à travers celle du mariage et de l’autorité dans l’univers domestique, ce qui impliquait forcément une interrogation sur le statut de la femme. Le point de référence en la matière serait donc ce « préjugé le plus invétéré, le plus consubstantiel à toutes les sociétés que nous pouvons connaître », ce « postulat de bon sens » de « la supériorité, naturelle d’abord et partant intellectuelle, non du mâle sur la femelle, mais spécifiquement de l’homme sur la femme ». L’inversion d’un principe de bon sens universellement admis, risible en soi, trouve évidemment sa place dans le théâtre comique ; pourtant, cette explication ne suffit pas à rendre compte d’une prédilection pour les schèmes dramatiques qui portent la femme au pouvoir, tendance qui culmine dans la fin de règne (1680-1715), et notamment dans la Comédie Italienne (pour laquelle écrivaient des auteurs français tels que Fatouvile, Lenoble, Montgrand, Dufresny et Regnard).
Pour bien prendre la mesure du phénomène, il faut examiner les rapports entre comédie et carnaval, qui semblent a priori manifestes, mais dont l’importance et la complexité ont trop souvent été négligés, précisément à cause de leur évidence. J’ai déjà étudié ailleurs le cas particulier de l’œuvre et de l’activité théâtrale de Molière, en soutenant la thèse que le carnaval constitue un fil rouge essentiel pour en saisir la cohérence. Je voudrais donc me concentrer ici sur une figure particulière d…


Date de mise en ligne : 09/09/2024

https://doi.org/10.3917/herm.desja.2013.01.0227

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

32,99 €

446 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)

Acheter ce chapitre

5,00 €

16 pages format électronique (HTML, PDF et feuilletage)
Membre d'une institution cliente ?