Chapitre 1. Être femme en 1789
- Par Yannick Ripa
Pages 7 à 15
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- Ripa, Y.
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Philosophes et scientifiques s’attachent à définir la Femme. Si ces définitions s’éloignent de celle élaborée par le catholicisme à partir de la Genèse, elles continuent de penser le plus souvent la Femme à partir du modèle de l’Homme et se fondent sur le concept de nature.
Saisir les caractéristiques et les nuances de ces discours croisés permet de comprendre la perception que la société a du féminin et du masculin. Ces réflexions élitistes sont-elles suivies d’effets dans le quotidien des femmes ?
Telle est la définition fournie par l’Encyclopédie en 1751, qui conseille de compléter l’étude du sujet par la lecture des articles « homme », « femelle », « sexe ».
Les rédacteurs de l’Encyclopédie échappent à la logique qui, dans son implacable rigueur, conduit à penser que l’homme est le mâle de la femme. Rien de semblable : l’homme ne se définit pas en fonction de la femme ; il se suffit : sa définition se confond même avec celle de l’espèce humaine, ce dont rend clairement compte la langue française qui ne possède qu’une occurrence, « homme », alors que le latin utilise « homo » pour désigner l’homme-humain et « vir » pour l’homme-individu masculin.
Être de chair et de raison, ce qui le différencie des animaux, il est apte à distinguer le bien du mal. De ce fait, cet être moral sait se donner un cadre de vie régi par des lois, voire des maîtres. Il est donc un animal politique, un être moral façonné par l’éducation.
Les rédacteurs de l’Encyclopédie et les philosophes du siècle des Lumières ne pourfendent pas les idées reçues sur les femmes…
Date de mise en ligne : 30/01/2024
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