Chapitre 7. L’évolution de la condition féminine de 1870 à 1914
- Par Yannick Ripa
Pages 70 à 88
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La douloureuse parenthèse de la Commune refermée, la nouvelle République, pourtant symbolisée par Marianne, refuse toujours que les femmes soient en droit et, par conséquent, en pratique les égales des hommes. Les féministes s’organisent et rejoignent le mouvement féministe international ; l’évolution de fait de la société travaille à l’intégration des femmes dans le public par le biais du travail, qui s’élargit aux emplois du tertiaire et rend difficile le maintien de l’arsenal juridique du début du siècle et celui des mœurs qui l’avaient créé.
Le siège de Paris donne aux femmes la triste occasion d’agir. Elles créent des cantines (Louise Michel, Nathalie Lemel [1826-1921] et sa société La Marmite), des ambulances (Sophie Poirier [1830-1875]), des ateliers, car le grand problème est le travail des femmes (action du Comité des femmes de la rue d’Arras, fondé par Jules Allix [1818-1903]). Les bourgeoises œuvrent essentiellement dans la Société de secours pour les victimes de la guerre. Une fois de plus, les femmes sont actives dans la vie de la cité, hors de leur foyer. Elles participent aux manifestations de rue ; certaines veulent prendre part à la défense de Paris et demandent leur enrôlement. Toutes sont confrontées à la pénurie alimentaire et au problème du travail, même si environ 32 000 femmes du peuple travaillent à la confection d’uniformes de la Garde nationale.
La Commune naît de la journée du 18 mars 1871. Les femmes du peuple y jouent un rôle important, notamment dans la neutralisation des troupes ; la référence à l’action de leurs ancêtres de 1789, à la marche des femmes principalement…
Date de mise en ligne : 30/01/2024
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