Chapitre 13. D’un siècle à l’autre : la recomposition du genre
- Par Yannick Ripa
Pages 150 à 162
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Les effets MLF et l’intégration des revendications des femmes dans la sphère politique et économique brouillent la différence des sexes. Un à un, les bastions masculins tombent et les législations nationale et européenne accélèrent le mouvement ou tentent de rattraper les mœurs. Cette marche vers l’égalité porte à croire, à la fin de la décennie 1990, que nouveaux siècle et millénaire seraient pour les femmes le temps de tous les possibles. Mais nul n’avait prévu que le premier quart du xxie siècle verrait naître un mouvement féministe international, propre à repenser, voire à révolutionner, les rapports de sexes, tout en s’avérant incapable de mettre fin à de criantes inégalités.
La 15 mai 1991, la nomination au poste de Premier ministre d’Édith Cresson met fin à l’hégémonie masculine à la tête du gouvernement. Ce véritable séisme politique n’en demeure pas moins une volonté présidentielle – « le fait du prince » – ce que soulignent d’emblée les opposants au partage du pouvoir politique. Ce signal fort en faveur de l’accès des femmes aux hautes responsabilités politiques favorise la promotion des femmes ministres qui cessent d’occuper des postes reliés à leur « nature » et « vocation » féminines (Simone Veil : ministre d’État, 1993 – Élisabeth Guigou : première Garde des Sceaux, Martine Aubry : première ministre du Travail, 1997). Emboîtant le pas, syndicats et partis politiques (CFDT, Nicole Notat, 1992), commencent à se doter de direction féminine (RPR, Michèle Alliot-Marie, 1999)…
Date de mise en ligne : 30/01/2024
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