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Chapitre 6 / Les usages frontistes du web

Pages 141 à 160

Citer ce chapitre


  • Boyadjian, J.
(2015). Chapitre 6 / Les usages frontistes du web. Dans
  • S. Crépon,
  • A. Dézé
  • et N. Mayer
Les faux-semblants du Front national (p. 141-160). Presses de Sciences Po. https://doi.org/10.3917/scpo.crepo.2015.01.0141.

  • Boyadjian, Julien.
« Chapitre 6 / Les usages frontistes du web ». Les faux-semblants du Front national, Presses de Sciences Po, 2015. p.141-160. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-faux-semblants-du-front-national--9782724618105-page-141?lang=fr.

  • BOYADJIAN, Julien,
2015. Chapitre 6 / Les usages frontistes du web. In :
  • CRÉPON, Sylvain,
  • DÉZÉ, Alexandre
  • et MAYER, Nonna,
Les faux-semblants du Front national. Paris : Presses de Sciences Po. Académique, p.141-160. DOI : 10.3917/scpo.crepo.2015.01.0141. URL : https://shs.cairn.info/les-faux-semblants-du-front-national--9782724618105-page-141?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/scpo.crepo.2015.01.0141


Notes

  • [1]
    Les directeurs de cet ouvrage remercient Florian Philippot, vice-président du Front national chargé de la stratégie et de la communication, pour les avoir autorisés à reproduire les illustrations présentes dans ce chapitre.
  • [2]
    Alexandre Dézé, « Un parti “virtuel” ? Le Front national au prisme de son site internet », dans Fabienne Greffet (dir.),   Continuerlalutte.com. Les partis politiques sur le web  , Paris, Presses de Sciences Po, 2011, p. 139-152.
  • [3]
    Même si, comme le rappelle Jacques Le Bohec, les médias ont contribué à la construction du succès électoral du FN. Voir Jacques Le Bohec,   L’Implication des journalistes dans le phénomène Le Pen  , Paris, L’Harmattan, 2004.
  • [4]
    Lors de la campagne présidentielle de 2012, le FN est le premier parti politique à proposer une application pour téléphone mobile, « Marine Le Pen 2012 ». L’application reprend pour l’essentiel les contenus publiés sur le site national du FN.
  • [5]
    Expression qui renvoie ici à l’idéal-type des partis de masse, classiquement opposés, dans la typologie duvergienne, aux partis de cadres dont les ressources reposent davantage sur la « force du nom ». Voir Michel Offerlé, « Le nombre de voix. Électeurs, partis et électorat socialistes à la fin du XIX e siècle en France »,   Actes de la recherche en sciences sociales  , 71, 1988, p. 5-21.
  • [6]
    Alexandre Dézé, « Un parti “virtuel” ?… », art. cité  . 
  • [7]
    Plusieurs candidats frontistes ont ainsi perdu leur investiture, voire ont été exclus du parti, après que des médias ont révélé des photos ou propos compromettants sur leur compte Facebook. En 2011, Alexandre Gabriac, un candidat frontiste aux élections cantonales, a été exclu du parti après que des journalistes ont trouvé plusieurs photos de lui en train d’effectuer le salut nazi sur son compte Facebook. Au 10 juin 2015, 16 exclusions avaient été prononcées pour des propos illicites tenus sur les réseaux sociaux.
  • [8]
    Source : http ://fninfos.fr (consultation : juin 2015).
  • [9]
    Source : https ://www.lespatriotes.net (consultation : juin 2015).
  • [10]
    Pour une analyse de ce réseau social, voir Thierry Barboni et Éric Treille, « L’engagement 2.0. Les nouveaux liens militants au sein de l’e-parti socialiste »,   Revue française de science politique  , 60 (6), 2010, p. 1137-1157.
  • [11]
    François Heinderyckx, « Obama 2008 : l’inflexion numérique »,   Hermès,   59, 2011, p. 135-136.
  • [12]
    Anne-Sophie Petitfils, « L’institution partisane à l’épreuve du management. Rhétorique et pratiques managériales dans le recrutement des “nouveaux adhérents” au sein de l’Union pour un mouvement populaire (UMP) »,   Politix  , 79, 2007, p. 56-76.
  • [13]
    Source : https ://www.lespatriotes.net (consultation : juin 2015).
  • [14]
    Sur le web, les militants « encartés » ont très largement perdu leur monopole d’agents de propagande partisane. Internet contribue en effet à redéfinir les frontières entre militants, sympathisants et activistes. Sur ce point, voir notamment Thierry Barboni et Éric Treille, « L’engagement 2.0… », art. cité, et Anaïs Théviot,   Mobiliser et militer sur internet. Reconfigurations des organisations partisanes et du militantisme au Parti socialiste (PS) et à l’Union pour un mouvement populaire (UMP)  , thèse de doctorat en science politique, Sciences Po Bordeaux, 2014.
  • [15]
    Daniel Gaxie, « Économie des partis et rétributions du militantisme »,   Revue française de science politique  , 27 (1), 1977, p. 123-154.
  • [16]
    Source : https ://www.lespatriotes.net/pages/comment-gagner-des-points.html (consultation : juin 2015).
  • [17]
    Patrick Champagne,   Faire l’opinion. Le nouveau jeu politique  , Paris, Minuit, 1990.
  • [18]
    À cette date (le 24 septembre 2014), la personnalité politique française qui comptabilisait le plus grand nombre de fans sur Facebook était Nicolas Sarkozy (984 755 mentions « j’aime »), suivi de François Hollande (498 499). Marine Le Pen était alors la troisième personnalité la plus suivie avec 468 304 fans. Source : https ://www.facebook.com/MarineLePen (consultation : septembre 2014).
  • [19]
    Source : https://www.facebook.com/MarineLePen (consultation : septembre 2014).
  • [20]
    Michel Offerlé, « Le nombre de voix… », art. cité.
  • [21]
    Frédérick Bastien et Gersende Blanchard, « Les internautes face à la communication électorale à l’ère des campagnes postmodernes », dans Philippe J. Maarek (dir.)   Présidentielle 2012, une communication politique bien singulière  , Paris, L’Harmattan, 2013, p. 145.
  • [22]
    Cette interprétation politique des métriques du web n’est pas propre au FN mais est partagée par un grand nombre d’agents du champ politique. Nicolas Sarkozy, après l’annonce de sa candidature à la présidence de l’UMP en septembre 2014, déclarait au   JDD  se féliciter de l’audience de son message sur Facebook et de son effet supposé sur sa « popularité » au près des Français : « Déjà deux millions et demi d’internautes ont lu mon message. […] j’ai gagné 35 000 nouveaux amis en moins d’une journée. C’est bouleversant de voir tous ces gens qui reprennent confiance. » Source : http://www.lemonde.fr/pixels/article/2014/09/22/comment-nicolas-sarkozy-deforme-a-son-avantage-les-statistiques-de-sa-page-facebook_4492298_4408996.html (consultation : septembre 2014). Les médias participent également de cette entreprise de « politisation » des métriques du web. En mars 2011, le site d’information slate.fr titrait ainsi « Marine Le Pen gagne des supporters sur Facebook », constatant, en reprenant les conclusions d’une étude parue sur le sujet, que sur la période étudiée, la dirigeante frontiste « gagne trois fois plus de fans sur Facebook que les autres présidentiables ». Source : http://www.slate.fr/lien/35073/marine-le-pen-facebook (consultation : septembre 2014).
  • [23]
    Patrick Lehingue, « L’objectivation statistique des électorats, que savons-nous des électeurs du Front national », dans Jacques Lagroye (dir.),   La Politisation  , Paris, Belin, 2003, p. 247-278.
  • [24]
    Dominique Boullier et Audrey Lohard,   Opinion mining et Sentiment analysis. Méthodes et outils  , Marseille, OpenEdition Press, 2012, p. 189.
  • [25]
    Source : http://mcetv.fr/mon-mag-buzz/2910-majorite-abonnes-twitter-marine-pen-sarkozy-hollande-faux/ (consultation : 15 janvier 2015).
  • [26]
    Comme pour toute enquête par questionnaire, on ne peut exclure l’hypothèse d’une sous-déclaration du vote Le Pen. On peut néanmoins supposer que ce biais est limité. D’une part, l’électorat de Nicolas Sarkozy est lui aussi sous-représenté, alors que le vote de droite n’est d’ordinaire pas sous-déclaré par les enquêtés. D’autre part, d’après un panel de contrôle constitué d’individus non-répondants dont nous avons pu, pour la moitié d’entre eux, identifier certaines des propriétés sociales, il semble que les non-répondants présentent un profil sociologique – et donc sans doute politique – relativement similaire à celui des répondants. Voir Julien Boyadjian, « Twitter, un nouveau baromètre de l’opinion publique ? »,   Participations  , 8, 2014, p. 55-74.
  • [27]
    L’usage de cette terminologie indigène pose bien évidemment problème. Se départir de ces notions empruntées au marketing et préférer des notions sémantiquement plus précises et partagées par la communauté scientifique seraient sans doute salutaire.
  • [28]
    Source : IFOP, « Observatoire des réseaux sociaux », 2013. Étude disponible en ligne : http://www.ifop.com/media/poll/2436-1-study_file.pdf (consultation : septembre 2014).
  • [29]
    Nonna Mayer, « From Jean-Marie to Marine Le Pen : Electoral Change on the Far Right »,   Parliamentary Affairs  , 66 (1), 2013, p. 160-178 ; Pascal Perrineau, « L’électorat de Marine le Pen : ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre », dans Pascal Perrineau (dir.),   Le Vote normal. Les élections présidentielle et législatives d’avril-mai-juin 2012  , Paris, Presses de Sciences Po, 2013, p. 227-247.
  • [30]
    Pour ne donner qu’un exemple : les militants de patriotes.net ont la possibilité de gagner des points en invitant des amis à eux à rejoindre leur page Facebook, en revanche aucun point n’est accordé pour inviter ces mêmes amis à rejoindre Twitter.
  • [31]
    On peut citer ici le site « amiral » (www.frontnational.com), mais également lespatriotes.net, ou encore le site du Rassemblement Bleu Marine (RBM).
  • [32]
    Alexandre Dézé, « Un parti “virtuel” ?… », art. cité.
  • [33]
    Les sites des partis trotskistes (notamment de Lutte ouvrière) se sont longtemps caractérisés par leur aspect rudimentaire. Le site de Lutte ouvrière a ainsi longtemps présenté une apparence similaire à un tract de l’organisation.
  • [34]
    Yannick Cahuzac, « Les stratégies de communication de la mouvance identitaire. Le cas du Bloc identitaire »,   Questions de communication  , 23, 2013, p. 275-292.
  • [35]
    Du 29 août 2014 au 29 octobre 2014.
  • [36]
    Tweet publié le 3 novembre 2014.
  • [37]
    Pour lui conférer un pseudonyme numérique.
  • [38]
    Tweet publié le 3 novembre 2014.
  • [39]
    Entretien réalisé par téléphone avec Gauthier Bouchet, conseiller municipal FN de Saint-Nazaire et créateur du compte Twitter du FN, 5 décembre 2012.
  • [40]
    Commentaire publié le 13 novembre 2014, à la suite d’un article intitulé « L’article à lire pour comprendre l’affaire Jouyet-Fillon » sur le site francetvinfo.fr, via le portail d’information Yahoo.fr.
  • [41]
    Entreprendre une mesure rationalisée et systématisée de ces opinions numériques, objectiver le nombre d’auteurs uniques de ces commentaires et les situer socialement et politiquement, constitueraient à ce titre des perspectives de recherche heuristique pour mieux saisir les ressorts de la communication frontiste sur le web et, plus largement, pour mieux objectiver ces rapports de force idéologiques.
  • [42]
    Commentaire publié le 12 novembre 2014, à la suite d’un article intitulé « Le parquet de Paris fait appel du jugement contre   Minute  comparant Christiane Taubira à un singe le jugeant “trop clément” », sur le site de Jean-Marc Morandini.
  • [43]
    « Résultats départementales 2015 : les candidats FN épinglés pour des dérapages ont tous été battus »,   huffingtonpost.fr  , 30 mars 2015.
  • [44]
    « Départementales : la cuvée raciste et homophobe des candidats FN »,   rue89.nouvelobs.com  , 24 février 2015.
Français

Résumé

Encore peu étudié en science politique, internet constitue un terrain privilégié pour analyser les organisations partisanes, et notamment le FN. L’étude des usages frontistes du web fait ressortir au moins deux éléments centraux qui éclairent les orientations stratégiques actuelles de la formation d’extrême droite. Les réseaux sociaux offrent tout d’abord au FN la possibilité de mettre en scène sa capacité de mobilisation et d’arguer de la force du nombre dans la compétition électorale. Le web constitue ensuite un observatoire de la permanence du caractère dual de la tactique frontiste : instrument à part entière de son entreprise de normalisation, il permet dans le même temps au parti de donner corps et expression à sa logique doctrinale de radicalisation.

Mots-clés

  • communication partisane
  • Front national
  • internet
  • militantisme en ligne
  • réseaux sociaux

Mots-clés éditeurs : communication partisane, Front national, internet, militantisme en ligne, réseaux sociaux


Date de mise en ligne : 05/11/2015

https://doi.org/10.3917/scpo.crepo.2015.01.0141

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