3 - Gucci, marque arabe, italienne ou américaine ?
- Par Yann Kerlau
Pages 249 à 262
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Dans les années soixante-dix, personne ne connaît en Europe le nom de Nemir Kirdar. En créant à Bahrein le premier bureau régional de la Chase Manhattan Bank, cet Irakien pose la première pierre de son futur empire financier. Cinq ans plus tard, en 1982, il fonde la société Investcorp, qui va jouer un rôle majeur dans l’histoire de Gucci. Issu d’une famille dotée de forts appuis politiques, Nemir Kirdar possède, à quarante ans, des relais financiers un peu partout dans le monde. Un empire du secret et des transactions éclair où, sur un simple appel téléphonique, ses clients peuvent grâce à lui gagner des milliards de dollars. Son métier ? Private equity & venture capital. En termes plus clairs, faire fructifier l’argent des quelque 600 multimilliardaires du Golfe en leur conseillant les plus judicieux placements en Europe de l’Ouest et aux Etats-Unis. La téléphonie, l’immobilier, le luxe, l’électronique et les nouvelles technologies, autant de proies potentiellement à vendre ou à développer. Sur chaque affaire présentée à ses clients, Nemir Kirdar prend un droit d’entrée mais investit aussi à leurs côtés. Une pratique constante d’Investcorp, destinée à donner confiance à ses partenaires. A chaque opération, le mécanisme est à peu près le même : présentation d’un dossier aux clients privilégiés du Golfe, prises de participation, redressement rapide de l’affaire avec une équipe qu’il choisit et met en place. Puis, revente dans la foulée, avec, à la clé, des plus-values de cession considérables…
Date de mise en ligne : 08/07/2019
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