Chapitre d’ouvrage

1. La première croisade (1096-1099)

Pages 41 à 57

Citer ce chapitre


  • Kangas, S.
(2025). 1. La première croisade (1096-1099) Les croisades : Histoire, idées reçues et méconnues (p. 41-57). Perrin. https://shs.cairn.info/les-croisades-histoire-idees-recues-et-meconnues--9782262105259-page-41?lang=fr.

  • Kangas, Sini.
« 1. La première croisade (1096-1099) ». Les croisades Histoire, idées reçues et méconnues, Perrin, 2025. p.41-57. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-croisades-histoire-idees-recues-et-meconnues--9782262105259-page-41?lang=fr.

  • KANGAS, Sini,
2025. 1. La première croisade (1096-1099) In :
  • AURELL, Martin
  • et GOUGUENHEIM, Sylvain,
Les croisades Histoire, idées reçues et méconnues. Paris : Perrin. Hors collection, p.41-57. URL : https://shs.cairn.info/les-croisades-histoire-idees-recues-et-meconnues--9782262105259-page-41?lang=fr.

Notes

  • [1]
    La première croisade a donné naissance à une confédération souple de principautés croisées au Levant, gouvernée de Jérusalem jusqu’en 1187 par un roi franc. Le territoire croisé était constitué des comtés d’Édesse (1098-1144) et de Tripoli (1109-1289) ainsi que de la principauté d’Antioche (1098-1268).
  • [2]
    Les plus connus d’entre eux sont les comtes Étienne de Blois et Hugues de Vermandois, le frère du roi Philippe Ier.
  • [3]
    À partir des années 1180, les sources latines commencent à employer le terme de crucesignatus, « marqué par la croix », qui indique un pèlerin portant sur ses vêtements le signe de la croix, symbole de Jérusalem. Les verbes français « se croiser » et « prendre la croix » sont mentionnés pour la première fois dans l’adaptation française de la chronique de Guillaume de Tyr (vers 1219-1223).
  • [4]
    Son origine est contestée : selon l’interprétation traditionnelle, il aurait été écrit par un Normand du sud de l’Italie qui a marché vers l’est avec Bohémond de Tarente, puis édité par un ecclésiastique également anonyme.
  • [5]
    Le duc de Basse-Lorraine (c. 1060-1100) part en croisade avec ses frères Eustache et Baudouin. Ses troupes sont les premières à pénétrer dans Jérusalem en juillet 1099. Lorsque la plupart des chefs reviennent en Europe après la croisade, il est élu souverain des territoires conquis par les croisés. On dit qu’il ne souhaitait pas être couronné ni être roi dans la ville où le Christ avait souffert, préférant porter le titre d’advocatus Sancti Sepulcri, « protecteur du Saint-Sépulcre ».
  • [6]
    Bohémond avait dirigé l’armée de son père Robert Guiscard contre l’Empire byzantin de 1081 à 1084. En conséquence, l’empereur Alexis Komnenos s’est méfié de lui et lui a demandé, comme à tous les autres seigneurs, de jurer qu’il restituerait les territoires anciennement détenus par les Byzantins en cas de reconquête.
  • [7]
    Les groupes de Turcs seldjoukides ont commencé à émigrer vers Byzance et le califat de Bagdad depuis les steppes asiatiques à partir des années 1000. Leur histoire exacte n’est pas claire, car ils ne savaient pas écrire à l’époque. Les califes abbassides de Bagdad ont commencé à recruter des Seldjoukides dans leurs forces, et les Seldjoukides se sont progressivement convertis à l’islam. Une fois établis dans la région, les chefs turcs ont entamé la conquête des territoires byzantins en Anatolie et à établir des principautés semi-autonomes. Nicée et Antioche faisaient partie de ces régions. La tentative des Grecs de chasser les Seldjoukides des terres byzantines aboutit à leur défaite. Les Turcs, menés par le sultan Alp Arslan Ier, ont vaincu les forces de l’empereur Romanos IV Dioneges à la bataille de Manzikert en 1071. Si cette défaite a certainement porté un coup sévère à Byzance, elle n’a évidemment pas déterminé le développement à long terme de la région. Lorsque les premiers croisés sont arrivés à Constantinople, Alexis Komnenos avait réussi à renforcer sa position et espérait recruter des combattants à l’ouest pour reconquérir d’autres territoires byzantins.
  • [8]
    Le sultanat de Rum était l’une des principautés turques apparues en Anatolie après la bataille de Manzikert. Son nom fait référence à Rome.
  • [9]
    Pendant l’hiver, la famine et les maladies causées par le manque d’hygiène ont fait de nombreuses victimes. J. Riley-Smith a estimé le taux de mortalité des chevaliers lors de la première croisade à 37,3 % – les pertes des roturiers étaient vraisemblablement plus élevées.
  • [10]
    Biographie panégyrique écrite par Anna Komnena sur son père Alexis Komnenos.
  • [11]
    Dans les chansons des croisades, les autres croisés évitent la compagnie des pauvres et impitoyables Tafurs. Ceux-ci n’ont pas d’armure ni d’armes proprement dites ; ils portent des haillons et se battent avec des pierres et des outils improvisés tels que des faucilles, des marteaux ou des haches. Dans la Chanson de Jérusalem, ils marchent pieds nus vers Jérusalem, conduits par le roi Tafur, vêtu d’un sac informe, et Pierre l’Ermite.
  • [12]
    Selon Pierre, saint André lui aurait révélé où se trouvait la Lance. Raymond de Toulouse et les Provençaux en ont accepté l’authenticité et ont soutenu Pierre.

Les premiers croisés ne connaissaient pas le terme « croisade ». Il était question pour eux d’un « pèlerinage » (iter ou peregrinatio en latin) ou d’une « expédition militaire » (expeditio). Les plus anciens poèmes de croisade qui sont conservés en langue française, datés des deux dernières décennies du xiie siècle, ne parlent que « d’aller à Jérusalem ». Dans un tel contexte, la seule idée nouvelle était de mettre en relation l’exercice du pèlerinage pénitentiel et la violence méritoire.
Outre des lettres et des chartes de croisés, quatre chroniques écrites ou dictées par des participants à la première croisade ont été conservées. Les Gesta Francorum, d’un écrivain anonyme, sont peut-être le plus ancien de ces textes. Les auteurs des autres sont clercs : Raymond d’Aguilers, chapelain au service du comte de Toulouse, Foucher de Chartres, à demeure en Orient après avoir quitté la France en compagnie d’Étienne de Blois, enfin Petrus Tudebodus, prêtre d’Aquitaine dont l’œuvre est en grande partie une copie des Gesta Francorum, à laquelle il ajoute sa propre expérience. Aucun de ces quatre auteurs n’a pu être présent à tous les événements qu’ils décrivent, d’où des lacunes et des erreurs dans leurs textes, même si tous essaient de présenter la croisade sous un jour favorable, surtout par rapport à leur propre groupe de référence : les Français du Nord reprochent ainsi aux Français du Sud leur cupidité et leur malhonnêteté, les prêtres imputent les malheurs aux péchés des laïcs, et tous blâment les Grecs de rendre si difficile leur campagne…


Date de mise en ligne : 25/02/2026

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