Chapitre d’ouvrage

En guise de remerciements

Pages 97 à 98

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  • Hassoun, J.
(2011). En guise de remerciements. Les contrebandiers de la mémoire (p. 97-98). érès. https://shs.cairn.info/les-contrebandiers-de-la-memoire--9782749214498-page-97?lang=fr.

  • Hassoun, Jacques.
« En guise de remerciements ». Les contrebandiers de la mémoire, érès, 2011. p.97-98. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-contrebandiers-de-la-memoire--9782749214498-page-97?lang=fr.

  • HASSOUN, Jacques,
2011. En guise de remerciements. In : Les contrebandiers de la mémoire. Toulouse : érès. Psychanalyse, p.97-98. URL : https://shs.cairn.info/les-contrebandiers-de-la-memoire--9782749214498-page-97?lang=fr.

1En guise de remerciements à Esther Rudy-Hoffenberg et Nathalie Hazan-Brunet qui m’ont fait découvrir le destin tragique de Charlotte Salomon, je souhaite en une brève postface évoquer ce qui a accompagné l’écriture de cet essai.

2Conçu et commencé à Paris, sa rédaction et sa mise en forme furent réalisées au cours d’un voyage qui m’amenait d’Istanbul à Rhodes, puis à Izmir et à Chios. Apparemment étranger à cette région du monde que je persiste à considérer, au-delà des crispations frontalières, comme faisant partie d’un même ensemble, je retrouvai à travers des personnages rencontrés, tels Habib Gérez, Corinne Soriano, David Palombo, Lucie Sulam, Irina Valla, le hakham-bachi David Asseo, les vieilles femmes assises sur le pas de leur porte dans l’île de Chios et la vieille gardienne de la synagogue de Balat… des personnages inconnus et qui pourtant étaient comme présents dans mon enfance… et dans la synagogue Ahrida, la Mosquée Bleue, le Grand Bazar, la synagogue de Rhodes ou celle de la Senyora à Izmir, le quartier karaïte de Hasköy, la place Despoti de Pirgi et la mosquée désaffectée de Chios… des lieux étrangement familiers.

3À Izmir, la synagogue Bikour Holim semblait être la reconstitution exacte de cette merveille aujourd’hui détruite, la plus ancienne synagogue du quartier juif du Caire, dite Kenisseth El-Masryin, que je n’avais connue qu’à travers des photographies anciennes : elle était là, ailleurs… intacte… déserte…

4Et la messe orthodoxe du 23 août à Pirgi éveillait en moi toutes les mélodies de mon enfance.

5Et c’est ainsi que progressivement ces images étrangères à mon histoire allaient se constituer en souvenir tangentiel à cette part exilée de ma biographie.

6Et, cependant que j’écris ces lignes, un détail complètement oublié s’impose soudain à moi. Mon grand-père maternel (Jacques Nada) fut le seul de mes ancêtres qui fut un laïque dont l’irréligion fondamentale était remarquable. Membre du mouvement Jeune Turc il était un fervent militant de l’unité de la Méditerranée orientale sous la houlette d’un Empire ottoman démocratisé. Ces images et ces pensées obsolètes n’ont-elles pas accompagné, à mon insu, l’écriture de ces lignes ? Je ne suis pas loin de le croire.


Date de mise en ligne : 01/04/2012