Paroles d’enfance
- Par Philippe Lejeune
Pages 255 à 275
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- LEJEUNE, Philippe,
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- Lejeune, P.
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Notes
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[1]
J’ai rapidement situé Enfance dans « Peut-on innover en autobiographie ? » (dans L’Autobiographie, VIes Rencontres psychanalytiques d’Aix-en-Provence, Les Belles Lettres, 1988, p. 87-88) et « Nouveau roman et retour à l’autobiographie » (dans L’Auteur et son manuscrit, Michel Contat éd., PUF, 1991, p. 51-70).
Les références sont celles de l’édition d’Enfance dans la collection « Folio » (Gallimard, 1985). -
[2]
L’absence de préface est compensée, il est vrai, par le grand nombre d’interviews accordées par l’auteur aux journaux, à la radio et à la télévision. Signalons en particulier, à la télévision, la remarquable émission d’Igor Barrère et Pierre Dumayet sur Enfance (« La traversée des mots », FR3, 29 avril 1984), et la préface en forme d’interview donnée par Nathalie Sarraute à sa lecture d’Enfance en 1986 pour le livre-cassette publié dans la collection « Audilivres ».
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[3]
Je renvoie, pour ces repérages, et pour une présentation d’Enfance, à Bruno Vercier, « (Nouveau) roman et autobiographie : Enfance de Nathalie Sarraute », dans Autobiography in French Literature (The University of South Carolina, French Literature Series, vol. XII, 1985), ainsi qu’à l’étude de Gretchen R. Besser que contient ce même volume.
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[4]
Voir mon étude « L’autobiographie à la troisième personne », Je est un autre, Éditions du Seuil, 1980.
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[5]
Voir mon étude « Le récit d’enfance ironique : Vallès », ibid.
Non, je ne vais pas faire ça… pas dire ça…
D’autant plus que je l’ai déjà dit plusieurs fois.
Oui, oui, Enfance constitue un retour à la tradition, c’est un livre très classique. Mais Nathalie Sarraute fait retour avec armes et bagages. Rien d’une apostasie ni d’une chute. Plutôt une opération de sauvetage : elle sauve le genre du récit d’enfance… des atteintes de la vieillesse. Elle lui redonne un coup de fouet, une seconde jeunesse. Et elle se sauve avec lui en montrant avec éclat, même si c’est contre des principes longtemps affichés, sa capacité à innover. Savoir si c’est là ou non une « nouvelle autobiographie » est une querelle d’école sans grande portée. L’important, c’est l’effet que ce livre produit sur la plupart des lecteurs, même et surtout les moins préparés. Ils avaient peur du Nouveau Roman. Mais au bout de quelques pages ils écoutent des voix qui parlent dans leur propre passé. Enfance est un livre à entendre, une chambre d’échos. Un travail sur la voix : l’oral dans l’écrit, avec les vertigineuses profondeurs de champ (ou de chant) et les fondus les plus subtils qu’autorise l’emploi du discours rapporté dans un texte autobiographique. Un récit d’enfance sans passé simple ni point-virgule…Je vais donc prendre Enfance comme un travail d’écriture, et réfléchir, ancien et nouveau mêlés, au parti que Nathalie Sarraute a su tirer de la fragmentation, du montage et du dialogue.
Dans l’édition originale, Enfance se présente comme un livre nu : un titre fait d’un seul mot (laissant même dans le doute le genre – s’agit-il d’une autobiographie …
Date de mise en ligne : 18/08/2025
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