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Acte V. Ou comment faire une fin

Pages 221 à 239

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  • Lejeune, P.
(2015). Acte V. Ou comment faire une fin. Les brouillons de soi (p. 221-239). Le Seuil. https://shs.cairn.info/les-brouillons-de-soi--9782020322973-page-221?lang=fr.

  • Lejeune, Philippe.
« Acte V. Ou comment faire une fin ». Les brouillons de soi, Le Seuil, 2015. p.221-239. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-brouillons-de-soi--9782020322973-page-221?lang=fr.

  • LEJEUNE, Philippe,
2015. Acte V. Ou comment faire une fin. In : Les brouillons de soi. Paris : Le Seuil. Poétique, p.221-239. URL : https://shs.cairn.info/les-brouillons-de-soi--9782020322973-page-221?lang=fr.

Notes

  • [1]
    « Ça s’est fait comme ça », Poétique, n° 35, 1978.
  • [2]
    Le carnet 2 (voir Lettres au Castor, Gallimard, 1983, tome I, p. 391-392). Dans les avant-textes des Mots, on ne trouve qu’une feuille isolée d’argument cursif qui programme un récit de l’adolescence, aboutissant, au moment du retour à Paris en 1920, à une nouvelle « comédie », la comédie de la violence (Inventaire 12/ f° 52).
  • [3]
    Absence des fos 429-433 dans le manuscrit « Vian », des fos 179-180 dans la dactylographie. Il s’agit bien sûr de la fin du récit, avant le début de l’épilogue. Je renvoie pour plus de détail à notre livre, Pourquoi et comment Sartre a écrit « Les Mots » (PUF, 1996). Il est probable que le premier geste de Sartre, pendant l’été 1963, quand il a décidé de prolonger le récit a été de soustraire au manuscrit « Vian » ses dernières pages, pour travailler à l’enchaînement direct de la suite à ajouter. On verra plus loin pourquoi il a renoncé à un enchaînement direct. Mais, ne pensant pas aux futurs généticiens fiévreusement penchés sur ses brouillons (nous l’aurions fait rire, sans doute !), il a négligé, le coquin, de remettre ces pages en place…
  • [4]
    Geneviève Idt, « Le travail du style dans les avant-textes des Mots », dans Pourquoi et comment Sartre a écrit « Les Mots », op. cit., p. 121-181.
  • [5]
    Il ne nous reste, des avant-textes de cette section nouvelle, que cinq pages manuscrites (ensemble « Bost », chutes, fos bb à bf, correspondant au texte des Mots p. 173-175) et une page dactylographiée (ibid., f° bg, correspondant au texte des Mots p. 175-177). Ce sont les épaves d’un travail d’une très grande ampleur, puisque la page dactylographiée est paginée 48. Cette page isolée nous a révélé l’existence de « campagnes de dactylographie » dont nous n’avons pas d’autres traces. D’autre part cette dactylographie est elle-même corrigée à la main et visiblement intégrée (il y a une partie barrée, des raccords…) dans un manuscrit de travail… qui n’est pas celui de l’été 1963 !

Brillante et elliptique, la fin des Mots a un côté « étoile filante ». Le brillant, c’est l’épilogue (p. 201-206) qui résume vigoureusement le sens du livre : la vocation littéraire de l’enfant n’était qu’un ersatz de vocation religieuse. L’histoire de l’adulte est celle d’une conquête de l’athéisme. L’elliptique, c’est que le récit reste en panne au milieu d’une enfance dont on ne comprend pas pourquoi elle s’arrête en 1916 à onze ans. Aucune explication n’est donnée.
Nous sommes là devant une série d’énigmes. Revenant aux hypothèses du Pacte autobiographique (p. 219-224), je voudrais d’abord rappeler ma stupeur devant le « coup de folie » de l’acte V. Puis constater l’évanouissement de la « suite » des Mots. Enfin, j’essaierai d’éclairer ce mystère par l’analyse de ce qui nous reste de brouillons…L’acte V des Mots semble fondé sur un tour de prestidigitation. Sartre, à neuf ans, ferme boutique ! Il troque sa névrose contre une folie optimiste dans laquelle il s’enferme pour la vie, sans qu’on sache trop si l’adulte la déplore ou s’il la revendique. Il y a deux éléments bizarres :
une métamorphose psychologique : le jeu instable de mauvaise foi de l’enfant passerait brusquement de la surface à l’intérieur, et se fixerait. Cette métamorphose est évoquée deux fois dans le texte définitif : immédiatement avant le récit de la période 1914-1916 (p. 170-186), et immédiatement après, pour introduire l’autoportrait final (p. 187-201). Je vais citer un peu longuement ces deux articulations, qui permettront de mesurer l’enjeu du travail des avant-textes…


Date de mise en ligne : 18/08/2025

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