Conclusion
- Par Jean Servier
Pages 121 à 123
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Pour reprendre la phrase d’Ibn Khaldoun placée en épigraphe : « Nous croyons avoir cité une série de faits qui prouvent que les Berbères ont toujours été un peuple puissant, brave et nombreux… »
Certes, ils ont été et ils sont un peuple nombreux et vraisemblablement en accroissement démographique ; ce qui ne signifie pas qu’ils aient pu fonder les bases d’une nation, au sens que les Occidentaux donnent à ce terme, ni d’une entité économique significative.
Ils sont Berbères d’origine quelle que soit la langue qu’ils parlent : l’un des parlers berbères ou l’arabe dialectal dont les origines remontent au punique. Ils sont la trame de la civilisation du Maghreb qui, elle, est restée présente sous le manteau de deux langues bases, de différents parlers du Maghreb, héritières de langues plus anciennes.
L’arabe ayant un support écrit s’est rapidement imposé comme langue véhiculaire, sans changer pour autant les croyances et les traditions populaires. La presse actuelle du Maghreb fait une très large place au français.
Les Berbères ont constitué, nous l’avons dit, la trame de l’histoire du Maghreb. Ils en ont été au fil des siècles, les principaux acteurs. Bien plus, ils ont également participé à l’histoire des peuples venus au Maghreb, infléchissant pendant un temps la politique de Rome et, sans doute pour plus longtemps, la politique et la morale politique de la France. Leur rôle dans l’évolution de l’islam a été certain, réprouvant le faste des dynasties arabes au nom de leur sourcilleuse austérité et d’une certaine conception de toute vie morale ou spirituelle, avec pour éternel argument la colère des montagnes et la révolte berbère…
Date de mise en ligne : 01/03/2017
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