Chapitre d’ouvrage

La Seine-et-Marne et la protection au titre des monuments historiques des œuvres des Ateliers d’art sacré et au-delà

Pages 265 à 273

Citer ce chapitre


  • Aulnette, C.
  • et Zimmer, T.
(2023). La Seine-et-Marne et la protection au titre des monuments historiques des œuvres des Ateliers d’art sacré et au-delà. Les Ateliers d’art sacré (1919-1947) : Rêves et réalités d'une ambition collective (p. 265-273). Hermann. https://shs.cairn.info/les-ateliers-d-art-sacre-mille-neuf-cent-dix-neuf--9791037032027-page-265?lang=fr.

  • Aulnette, Céline.
  • et al.
« La Seine-et-Marne et la protection au titre des monuments historiques des œuvres des Ateliers d’art sacré et au-delà ». Les Ateliers d’art sacré (1919-1947) Rêves et réalités d'une ambition collective, Hermann, 2023. p.265-273. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-ateliers-d-art-sacre-mille-neuf-cent-dix-neuf--9791037032027-page-265?lang=fr.

  • AULNETTE, Céline
  • et ZIMMER, Thierry,
2023. La Seine-et-Marne et la protection au titre des monuments historiques des œuvres des Ateliers d’art sacré et au-delà. In :
  • SAINT-MARTIN, Isabelle
  • et STAHL, Fabienne,
Les Ateliers d’art sacré (1919-1947) Rêves et réalités d'une ambition collective. Paris : Hermann. Histara, p.265-273. URL : https://shs.cairn.info/les-ateliers-d-art-sacre-mille-neuf-cent-dix-neuf--9791037032027-page-265?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Collectif, L’art sacré au XXe siècle en France, cat. exp., « Le temps des chantiers, 1920-1940 », musée municipal de Boulogne-Billancourt et « Du désir de spiritualité dans l’Art Contemporain », Centre Culturel de Boulogne-Billancourt, 21 janvier-31 mars 1993, Éditions de l’Albaron-Sociata Présence du livre, 1993.
  • [2]
    Il convient de souligner que, lorsque l’édifice a été construit et meublé « d’un seul tenant » dans l’entre-deux-guerres, il fait souvent l’objet d’un plus grand respect. Ces craintes ne sont pas nouvelles puisque, dès 1935, le chanoine Arnaud d’Agnel écrit : « Actuellement, les églises catholiques sont les seuls monuments où les statues se trouvent à leur place, parce que là, et là seulement, elles ont leur raison d’être. Tout architecte d’avant-garde doit les y laisser sous peine d’aller contre ses principes. Ornements inutiles ailleurs, ou dont l’utilité est très discutable, elles répondent ici à la destination sacrée de l’édifice » (G. Arnaud d’Agnel, L’art religieux moderne, B. Arthaud, Grenoble, 1936, p. 97).
  • [3]
    Nous en voulons pour exemple la surprise qui a été la nôtre de découvrir, en 2013, chez un antiquaire de Seine-et-Marne, le fonds d’atelier de la sculptrice Anne-Marie Roux-Colas. Ce professionnel, qui avait déjà vendu beaucoup de plâtres originaux, nous a expliqué qu’il avait récupéré ces œuvres chez l’association Béthanie, structure semblable à celle d’Emmaüs ! Malgré notre appel téléphonique immédiat au musée des Années Trente de Boulogne-Billancourt, aucun achat ne fut alors malheureusement effectué. Ceci est d’autant plus dommage que la vie et la carrière de cette artiste souvent citée sont mal connues.
  • [4]
    Les réflexions sur la protection du patrimoine du XXe siècle ne sont pas nouvelles. Dès 2006, le colloque de l’association des conservateurs des antiquités et objets d’art de France (ACAOAF) s’était penché sur ce sujet ; voir Maryse Dal Zotto et Hélène PalouziÉ (dir.), Regards sur l’objet du XXe siècle. La fragilité d’un patrimoine au présent, Actes Sud/ACAOAF, 2007. Il convient néanmoins de préciser que la grande majorité des interventions concernait alors le patrimoine industriel, ethnologique et architectural.
  • [5]
    En 2020, le classement au titre des monuments historiques ne peut être proposé par la commission nationale du patrimoine et de l’architecture (CNPA) au ministre chargé de la Culture, qu’après avis favorable du propriétaire, public comme privé, sauf en cas de classement d’office (Code du patrimoine, articles L. 622-1 à L. 622-4 et R. 622-1 à R. 622-7). L’inscription des œuvres privées, ce qui est le cas des objets appartenant au clergé, ne peut se faire sans l’accord du propriétaire contrairement à celles relevant du domaine public, et est proposée au préfet de région après passage en commission régionale du patrimoine et de l’architecture (CRPA) : voir Code du patrimoine, L. 622-20 et R. 622-32 à R. 622-36.
  • [6]
    Voir Lionel Bergato, « Patrimoine mobilier et décoratif du XXe siècle en Rhône-Alpes », dans Maryse Dal Zotto et Hélène Palouzié (dir.), op. cit., 2007, p. 31-43.
  • [7]
    Ce qui ne correspond pas à un nombre d’objets, un arrêté pouvant lister les œuvres de plusieurs communes ou plusieurs œuvres d’une même commune.
  • [8]
    Ce chiffre correspond aux notices d’objets classés et inscrits, diminué des 756 notices concernant des objets radiés des listes. Comme Lionel Bergato l’avait expliqué en son temps, il ne s’agit en aucun cas du nombre d’objets protégés proprement dits ; voir supra, note 6.
  • [9]
    Chiffre diminué de 23 notices radiées.
  • [10]
    La différence de 60 notices que l’on peut constater entre l’addition des inscrits et classés et le chiffre global obtenu est due principalement à la présence de protections mixtes.
  • [11]
    Cette constatation avait déjà été faite par Lionel Bergato, op. cit., 2007, p. 33-34. Ainsi, un retable du XVIIe siècle pourra comprendre, dans le champ « SIECLE », l’indication « 20e », s’il a été restauré à cette époque.
  • [12]
    Voir, par exemple, Marie Monfort, Jannie Meyer et Claire Vignes-Dumas, Patrimoine des Hauts-de-Seine, Guide des peintures murales 1910-1960, Somogy, éditions d’art, Paris, 2008.
  • [13]
    Voir infra, p. 270.
  • [14]
    Réalisé en 1947 ; classé MH 15/03/1971 (Palissy PM74000289).
  • [15]
    Réalisé en 1926 ; classé MH 10/06/2013 (Palissy PM51001788).
  • [16]
    Réalisés en 1957 ; classé MH 02/07/2015 (Palissy PM29004528). Il convient de noter que plusieurs œuvres de cet artiste, réalisées pour cette église, ont été classées la même année (Palissy PM29004520, PM29004527 et PM29004529).
  • [17]
    Voir Marie Monfort, « Questions autour de la protection des objets de série, les crèches en plâtre de Fernand Py », dans Isabelle Darnas et Agnès Barruol (dir.), Regards sur les objets de dévotion populaire, Actes Sud/ACAOAF, 2011, p. 184-187.
  • [18]
    À Commensacq, dans les Landes, et ce depuis le 24 juin 2003 (PM40000321).
  • [19]
    Au moment où nous rédigions cet article, nous avons contacté monsieur Germain Brochet dont le père a été l’élève de Fernand Py. Les échanges que nous avons eus avec lui nous ont permis d’apprendre qu’il avait pu repérer quatre crèches en bois de modèles différents, œuvres uniques sculptées en taille directe par l’artiste ; voir infra, p. 268-269. Depuis lors, un mémoire, basé sur les recherches de monsieur Brochet, a été soutenu à l’École du Louvre, en 2023 : Adèle Rivet, Les crèches de Fernand Py à destination des éditions Rouart (1887-1949). De la taille directe à l’édition, mémoire d’étude de muséologie,1ère année de 2e cycle, Groupe de recherche 25 « Monuments historiques », sous la direction d’Aline Magnien (LRMH), Thierry Zimmer (LRMH) et Céline Aulnette (Conseil départemental de Seine-et-Marne).
  • [20]
    Voir Maurice Brillant, L’Art chrétien en France au XXe siècle. Ses tendances nouvelles, Librairie Bloud et Gay, Paris, 1927, p. 162, note 2. Ce dernier souligne que Charlier était « un apôtre fervent de la pièce unique, l’un des plus fervents » ; voir également infra, p. 268.
  • [21]
    Maurice Brillant, op. cit., 1927, p. 166, décrivant la boutique de Louis Rouart et les statues qu’il vendait, précise : « Beaucoup de ces statues existent en différente grandeur […]. Les matières varient à souhait : le bronze, la pierre taillée (surtout la pierre de Lens), la pierre “reconstituée” (composition à base de sable, moulée, fort solide), le plâtre patiné ou polychromé, la terre-cuite, etc. ». Il est intéressant de souligner qu’il ne mentionne pas le bois parmi les matériaux utilisés pour les reproductions.
  • [22]
    Réalisé en 1955, inscrit le 21/09/2015 (PM77004976), en cours de classement ; voir Thierry Zimmer, « Du souvenir privé à la mémoire publique. Exemples de protection en Seine-et-Marne », dans Julien Boureau (dir.), Regards sur les objets de la Mémoire, Actes Sud-ACAOAF, 2016, p. 153-156 ; voir infra, note 25.
  • [23]
    Voir infra, p. 270.
  • [24]
    Voir infra, p. 271.
  • [25]
    Comme pour les sculptures de Charles Jacob (voir infra, p. 269) ou les archives diocésaines de Meaux pour le chemin de croix de Gérard Choain (voir note 22).
  • [26]
    L’illustration de certains ouvrages consacrés à l’art religieux du XXe siècle peuvent comporter des indications sur les lieux de conservation : c’est le cas des dernières pages de l’ouvrage de Maurice Brillant déjà cité ou de celles de l’ouvrage du chanoine G. Arnaud d’Agnel, op. cit., 1936.
  • [27]
    Code du patrimoine, article L622-1. Ce repérage pourrait prendre pour base les ouvrages anciens (voir note précédente) et les remarquables répertoires du catalogue des expositions de Boulogne-Billancourt en 1993 (voir supra, note 1) et faire l’objet, pourquoi pas, d’un projet national.
  • [28]
    Un saint Joseph et une sainte Thérèse conservés dans l’église Saint-Louis de Villemomble ; voir Collectif, op. cit., 1993, p. 123.
  • [29]
    Un bas-relief représentant sainte Thérèse et une statue de saint Henri conservés dans l’église Saint-Henri de Neuilly-Plaisance ainsi qu’un Sacré-Cœur dans l’église Notre-Dame de l’Assomption de la même ville.
  • [30]
    Dans l’église Sainte-Jeanne-d’Arc de la Mutualité à Saint-Denis, construite par son mari Alfred-Jacques Nasousky, architecte familier des Chantiers du Cardinal ; voir https://patrimoine.seinesaint-denis.fr/Eglise-Sainte-Jeanne-d-Arc-de-la-Mutualite, consulté le 6 juin 2020.
  • [31]
    Classé MH 21/01/2016 (PM77002286).
  • [32]
    Classé MH 21/01/2016 (PM77002287).
  • [33]
    Voir Thierry Zimmer, art. cit., 2016, p. 141-149.
  • [34]
    Créé en 1917 par l’architecte Maurice Storez et la peintre Valentine Reyre.
  • [35]
    Voir supra, p. 266-267.
  • [36]
    En 2009 lors de nos recherches la statue est référencée dans un document en ligne : Henri Charlier (1883-1975) catalogue des sculptures et autres œuvres monumentales, dans : Présence des Charlier [en ligne] ; voir : https://www.presencedescharlier.org/bibliographie/catalogue_sculptures_maj_08_2008_.pdf, consulté le 10 juin 2020.
  • [37]
    Ce bas-relief représentant un ange en adoration est exposé au Salon des Arts décoratifs de 1916 au pavillon de Marsan au Louvre.
  • [38]
    Dom Henri, Henri Charlier. Peintre et Sculpteur. 1883-1975, Paris, Terra Mare, 2011, p. 17
  • [39]
    Ce qui lui vaudra le surnom de « Maître du Mesnil-Saint-Loup ».
  • [40]
    Par arrêté du 16 décembre 2009 (PM77002288).
  • [41]
    Dom Henri, op. cit., 2011.
  • [42]
    Inscrite le 16/12/2009 puis classée le 21/01/2016 (PM77002283).
  • [43]
    Voir supra, p. 266 et notes 17, 19 et 21.
  • [44]
    Collectif, Le temps des jardins, Seine-et-Marne, Comité départemental du Patrimoine de Seine-et-Marne, 1992, p. 395.
  • [45]
    La famille de Montesquiou fait en effet partie de l’élite mondaine implantée localement, qui encourage l’artiste dans les années trente.
  • [46]
    Ces lettres et dessins préparatoires nous ont été transmis par monsieur Germain Brochet, que nous remercions vivement ; voir également note 19.
  • [47]
    Conservée aux archives de la Direction des affaires culturelles du département de Seine-et-Marne voir Céline Aulnette, « Objets mobiliers et spécificité territoriale : les œuvres de Charles Jacob », dans Collectif, Patrimoine à la carte. A la découverte de Roissy pays de France, cat. exp. musée Archéa de Louvres, 18 fév - 12 nov 2023, Communauté d’agglomération Roissy Pays de France / ARCHÉA – Lienart éditions, 2023, p. 158-167.
  • [48]
    Voir la documentation du musée Galliera (cote GALARCHMUSGAL, boîte 16). Les archives de la Direction des affaires culturelles du département de Seine-et-Marne conservent également la liste des expositions d’art religieux auxquelles Charles Jacob a participé.
  • [49]
    Formellement très proche du Sacré-Cœur de l’église Notre-Dame de l’Assomption de Neuilly-Plaisance (Seine-Saint-Denis).
  • [50]
    Voir la notice de Stéphanie Deschamps « 92. Saint Joseph et l’Enfant », dans Marc Verdure (dir.), De l’invisible au visible : Trésors sacrés du littoral du Pas-de-Calais, Paris, Éditions Somogy, 2009, p. 180.
  • [51]
    Cité par Stéphanie Deschamps, op. cit, 2009, p. 180.
  • [52]
    Inscrite le 21/09/2015 (PM77004977), en cours de classement.
  • [53]
    Ce qui n’est plus le cas aujourd’hui, un exemplaire monochrome ayant été repéré en 2018, par hasard, dans l’église Notre-Dame des Victoires à Paris.
  • [54]
    Les Commissions régionales du patrimoine et de l’architecture (CRPA) remplacent les CDOM depuis 2018 ; voir note 5.
  • [55]
    Voir supra, p. 267.

Le présent article s’écarte délibérément du sujet des Ateliers d’art sacré stricto sensu pour envisager la protection au titre des monuments historiques de la peinture et de la sculpture religieuses créées entre la fin de la Première Guerre mondiale et les années cinquante. Il inclut tous les autres ateliers, tels ceux de l’Arche ou des Artisans de l’autel, comme les indépendants, selon les limites chronologiques de l’exposition fondatrice de Boulogne-Billancourt en 1993. Cette réflexion est partie du constat que l’art de cette période commence à connaître la même désaffection, dans le dernier quart du xxe siècle et le début du suivant, que la sculpture « saint-sulpicienne » ou la peinture dite « académique » dans les années 1920. Aujourd’hui, certains desservants relèguent ces œuvres dans les greniers ou les sacristies sauf si elles participent à la décoration d’un édifice architecturalement cohérent. De même, les héritiers de ces artistes ne sont pas forcément attachés à la production de leur parenté, voire développent pour quelques-uns un phénomène d’inintérêt ou de rejet. La nécessité de protéger administrativement ces œuvres, par l’inscription ou le classement au titre des monuments historiques, découle de ces constats. Les principaux écueils rencontrés dans cette démarche sont, du point de vue de l’histoire de l’art, la notion d’original, particulièrement pour la sculpture et, du point de vue légal, l’appartenance au clergé de la plupart de ces œuvres acquises après la loi de séparation des Églises et de l’État de 1905, ce qui implique l’accord des associations diocésaines territorialement compétente…


Date de mise en ligne : 28/05/2024

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