9. La morale médiatique
- Par Monique Dagnaud
Pages 187 à 204
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- Dagnaud, M.
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Notes
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[1]
Par exemple dans le cahier des charges de TF1 et de M6 il est écrit que « la société veille dans ses programmes : à ne pas inciter à des pratiques ou des comportements délinquants ou inciviques ; à respecter les différentes sensibilités politiques, culturelles et religieuses du public ; à ne pas encourager les comportements discriminatoires en raison de la race, du sexe, de la religion, ou de la nationalité ; à promouvoir les valeurs d’intégration et de solidarité qui sont celles de la République ; à prendre en considération, dans la représentation à l’antenne, la diversité des origines et des cultures de la communauté nationale. »
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[2]
Monique Dagnaud, « Médias et violence, l’état du débat », dossier in Problèmes politiques et sociaux, La Documentation Française, n° 886, mars 2003.
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[3]
« La thèse du cinéma criminogène n’est donc pas qu’un discours de l’institution judiciaire sur un ensemble de phénomènes qu’elle prétend expliquer. Les délinquants eux-même recourent à cette interprétation pour rendre compte de leurs actes. Les aventures portées à l’écran font figures de modèles, d’exemples à imiter ». Olivier Ferrand, op. cit., tome 1 page 125.
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[4]
Voir « Boys, Movies, and City Streets », P G. Cressey et Frederick M. Thrasher, cité page 12 dans Motion pictures and Youth : a summary, W.W. Charters dir., New York, The Mac Millan Company, 1933.
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[5]
Jean-Matthieu Méon, L’euphémisation de la censure. Le contrôle des médias et la protection de la jeunesse : de la proscription au conseil, thèse de doctorat, université Robert-Schuman, IEP Strasbourg-III, 2003.
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[6]
Martin Barker, A haunt of fears : the strange history of the British Horror Comics Campaign, Londres, Pluto press, 1984.
- [7]
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[8]
Graham Murdock, « Reservoirs of dogma, an archeology of popular anxieties », in Ill Effects, Martin Barker et Julian Petley dir., Routledge, Londres, 2001.
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[9]
« Cette seconde phase est celle où la télévision elle-même devient l’institution – interprétant » (à la place du politique). Eliseo Verón, « Les publics entre production et réception : problèmes pour une théorie de la reconnaissance », Publicos, Televisão, colloque à Cursos da Arrabida, 27-31 août 2001.
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[10]
Monique Dagnaud, « Médias et violence, l’état du débat », art. cit.
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[11]
Par exemple, le sondage Télé 7 jours-BVA de mars 1996 (86 % des sondés pensent que la violence à la télévision a une influence sur la violence à l’école), ou le sondage commandé par US News en 1996 : 92 % des américains accusent la télévision d’avoir un impact sur la violence, 81 % de contribuer au déclin des valeurs familiales, etc.
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[12]
J. Condry, K. Popper, La télévision : un danger pour la démocratie, Anatolia, 1994.
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[13]
« Rapport du CIEM » (commandé par Ségolène Royal, ministre de la Famille sous le gouvernement socialiste) remis en avril 2002. « Rapport de Blandine Kriegel », ministère de la Culture et de la communication, mission d’évaluation, d’analyse et de propositions relatives aux représentations violentes à la télévision, 2002 (commandé par Jean-Jacques Aillagon, le ministre de la Culture sous le gouvernement de droite), remis en novembre 2002 ; rapport Brisset (commandé par Dominique Perben, ministre de la Justice), remis en décembre 2002.
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[14]
Olivier Ferrand, op. cit., p. 60 et suivantes.
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[15]
Par exemple, les méthodes de crimes ne doivent pas être présentées dans les détails, l’utilisation des armes à feu doit être limitée, les meurtriers ne doivent pas apparaître comme des héros, etc.
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[16]
Voir les conventions signées en 2001 avec les chaînes privées, voir la recommandation du CSA du 14 mai 2001 sur les programmes de téléréalité.
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[17]
Jean-Matthieu Méon, L’euphémisation de la censure. Le contrôle des médias et la protection de la jeunesse : de la proscription au conseil, op. cit.
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[18]
Monique Dagnaud, L’État et les médias, fin de partie, op. cit.
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[19]
Cyril Lemieux, « Les journalistes : une morale d’exception », Politis, n° 19, 1992.
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[20]
« Beaumarchais à la barre » Communication au FIPA (Festival international de programmes audiovisuels) le 21-26 janvier 2003.
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[21]
Jean-Marie Charon, Un secret si bien violé, Le Seuil, 2000.
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[22]
Une jeune femme avait prétendu avoir été l’objet d’une agression antisémite. Cette affaire a tenu la France en haleine pendant quelques jours jusqu’à ce que l’affabulation soit démasquée.
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[23]
Les distanciations énonciatives, la conservation de l’initiative, la gestion des sollicitations, la relecture des interviews, l’impassibilité face aux flatteries et remontrances, le recoupement, etc. : Cyril Lemieux dresse une liste de ces règles dans Mauvaise presse, Métailié, 2000, p. 140 et suivantes.
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[24]
Cyril Lemieux, op. cit.
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[25]
« Dans le traitement des faits divers les journalistes se laissent souvent prendre à des commentaires sauvages, non fondés, à l’expression de leurs propres hantises, sur les banlieues, la pauvreté, les étrangers, les jeunes. » Jean-Marie Charon et al., Droit et déontologie dans l’audiovisuel, rapport CFPJ, avril 1996.
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[26]
En mai 2005, toutefois, le CSA a engagé une procédure de sanction contre Skyrock. Jusqu’où ira-t-elle ?
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[27]
Interview de Marcel Gauchet, Le Figaro Magazine, 6 mai 2005.
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[28]
Alain Erhenberg, L’individu incertain, Calmann-Lévy, 1995.
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[29]
Monique Canto-Sperber, « L’obscénité à la télévision », revue Esprit, mars-avil 2003.
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[30]
Recommandation du 23 mai 2001.
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[31]
Alain Touraine, Un nouveau paradigme, pour comprendre le monde aujourd’hui, Fayard, 2004.
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[32]
Marcel Gauchet, « Essai de psychologie contemporaine, un nouvel âge de la personnalité », Le Débat, n° 99, mars-avril 1998.
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[33]
Marcel Gauchet, op. cit.
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[34]
Anthony Giddens, La transformation de l’intimité, sexualité, amour, érotisme dans les sociétés modernes, Rouergue, 2004.
La télévision se présente-t-elle comme une vaste entreprise de moralisation ? Une analyse du cadre juridique qui entoure l’audiovisuel incite à le penser. Pour enfourcher cette affirmation, il faut toutefois regarder comment les professionnels s’arrangent, ou pas, des balises morales que le législateur dépose sur leur chemin.
La loi audiovisuelle pose dans son premier article le principe de la liberté de communication. Mais immédiatement, une série d’autres principes vient contrebalancer cette stipulation : pluralisme, respect de la dignité humaine, liberté et propriété d’autrui, ordre public, diversité culturelle. Les cahiers des charges des chaînes reprennent ces éléments sur une forme détaillée, installant des garde-fous sur les actes de communication. Chaque type d’émission, et en particulier l’information, est bardé de recommandations, de lignes rouges à ne pas dépasser. Les articles concernant la protection de l’enfance abondent, notamment autour des règles de la signalétique. Une gamme de dispositions vise à favoriser la dimension civique des programmes. Ces consignes contribuent par là à modeler l’image que la société se renvoie d’elle-même et à activer des valeurs, et une perspective morale.
Cette approche morale est soudée à l’interrogation, née dès l’émergence de l’édition grand public, et largement amplifiée lors de l’avènement du cinéma, sur la responsabilité sociale des médias. Enfants et les adolescents figurent en première ligne de cette inquiétude. D’emblée, la société de l’image a été perçue comme un cataclysme qui allait bouleverser l’univer…
Date de mise en ligne : 29/09/2025
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