Chapitre d’ouvrage

5. L’esprit des lois

Pages 191 à 224

Citer ce chapitre


  • Friedländer, S.
(2015). 5. L’esprit des lois. Les Années de persécution : L'Allemagne nazie et les Juifs (1933-1939) (p. 191-224). Le Seuil. https://shs.cairn.info/les-annees-de-persecution-l-allemagne-nazie-et-les-juifs-1933-1939--9782020970280-page-191?lang=fr.

  • Friedländer, Saul.
« 5. L’esprit des lois ». Les Années de persécution L'Allemagne nazie et les Juifs (1933-1939) Le Seuil, 2015. p.191-224. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-annees-de-persecution-l-allemagne-nazie-et-les-juifs-1933-1939--9782020970280-page-191?lang=fr.

  • FRIEDLÄNDER, Saul,
2015. 5. L’esprit des lois. In : Les Années de persécution L'Allemagne nazie et les Juifs (1933-1939) Paris : Le Seuil. L'Univers historique, p.191-224. URL : https://shs.cairn.info/les-annees-de-persecution-l-allemagne-nazie-et-les-juifs-1933-1939--9782020970280-page-191?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Ministre de l’Éducation…, décret, 13 septembre 1935, Reichsministerium für Wissenschaft u. Erziehung, microfilm MA-103 / 1, IfZ, Munich.
  • [2]
    Viktor Klemperer, Ich will Zeugnis ablegen…, t. 1, p. 195.
  • [3]
    Günter Neliba, Wilhelm Frick…, p. 198 sq.
  • [4]
    Sur tous ces détails, voir David Bankier, The Germans and the Final Solution…, p. 43-44.
  • [5]
    Günter Neliba, Wilhelm Frick…, p. 200 sq.
  • [6]
    Joseph Goebbels, Die Tagebücher…, 1re partie, t. 2, p. 488. Selon certains historiens, qui insistent sur le caractère décousu des mesures nazies, Hitler envisagea jusqu’au 13 septembre 1935 de faire une grande déclaration de politique étrangère sur la situation en Abyssinie, mais le ministre des Affaires étrangères, Konstantin von Neurath, l’en dissuada à la dernière minute. Aucune preuve ne vient étayer cette hypothèse, hormis le témoignage sujet à caution de l’« expert de la race » du ministère de l’Intérieur Bernhard Lösener, lors des procès de Nuremberg. (Au tribunal, Lösener avait tout intérêt à démontrer qu’aucune planification de longue date n’avait précédé les lois raciales de 1935, car elle l’aurait immanquablement mis en cause.) Sur l’attitude de Lösener, voir David Bankier, The Germans and the Final Solution…, p. 43.
  • [7]
    Robert L. Koehl, The Black Corps…, p. 102.
  • [8]
    Bernhard Lösener, « Als Rassereferent im Reichsministerium des Innern », VfZ, 3, 1961, p. 264 sq.
  • [9]
    Ibid., p. 273-275.
  • [10]
    Ibid., p. 276.
  • [11]
    Ibid., p. 281.
  • [12]
    Pour une analyse approfondie, voir Jeremy Noakes, « Wohin gehören die “Judenmischlinge” ?… », p. 74 sq.
  • [13]
    Ibid.
  • [14]
    Das Sonderrecht…, p. 139.
  • [15]
    Ibid.
  • [16]
    Jeremy Noakes, « Wohin gehören die “Judenmischlinge” ?… », p. 85-86.
  • [17]
    Das Sonderrecht…, p. 139.
  • [18]
    Circulaire du représentant du Führer n° 228 / 35, 2 décembre 1935, Stellvertreter des Führers (Anordnungen…), Db 15.02, IfZ, Munich.
  • [19]
    Archives of the Holocaust…, t. 20, p. 28-30.
  • [20]
    Circulaire du représentant du Führer, 2 décembre 1935, Stellvertreter des Führers (Anordnungen…), Db 15.02, IfZ, Munich.
  • [21]
    Herbert A. Strauss, « Jewish Emigration from Germany… », p. 317. Dans son étude de 1988 sur les chrétiens « non aryens », Werner Cohn propose aussi une analyse statistique approfondie. Il estime la population de juifs « partiels » à 228 000 en 1933, ce qui correspondrait en gros à l’estimation de 200 000 pour 1935. Voir Werner Cohn, « Bearers of a Common Fate ?… », p. 350 sq. H.W. Friedmann, du Paulus-Bund, évaluait également le nombre de « non-Aryens non juifs » à 200 000, chiffre que la police raciale du parti jugeait, selon lui, très inférieur à la réalité. Voir Akten deutscher Bischöfe…, t. 2, 1934-1935, p. 133.
  • [22]
    Dr E. R——x, « Die nichtjüdischen Nichtarier in Deutschland », CV Zeitung, 20, n° 1 (supplément), 16 mai 1935. Je suis redevable à Sharon Gillerman d’avoir attiré mon attention sur cet article.
  • [23]
    Bernhard Lösener et Friedrich U. Knost, Die Nürnberger Gesetze, p. 17-18.
  • [24]
    Wilhelm Stuckart et Hans Globke, Kommentare…, t. 1.
  • [25]
    Ibid., p. 65-66.
  • [26]
    L’exemple cité par Stuckart et Globke se voulait visiblement l’illustration la plus extrême du principe sur lequel se fondaient les lois de Nuremberg. L’absurdité flagrante consistant à déterminer la race par la religion amena la bureaucratie ministérielle à apporter au moins un éclaircissement. Une circulaire du 26 novembre 1935 du ministère de l’Intérieur spécifiait : « Pour établir qu’une personne est juive ou non, ce n’est pas l’appartenance à la communauté juive qui est essentiellement déterminante, mais l’appartenance à la race juive. Cependant, afin d’éviter des difficultés en traitant des cas [individuels], il a été expressément décidé qu’un grand-parent ayant appartenu à la confession juive est incontestablement de race juive ; les preuves inverses ne sont pas autorisées » (cité in Jeremy Noakes, « Wohin gehören die “Judenmischlinge” ?… », p. 84).
  • [27]
    Wilhelm Stuckart et Hans Globke, Kommentare, p. 5.
  • [28]
    Michael R. Burleigh et Wolfgang Wippermann, The Racial State, p. 49.
  • [29]
    Ibid.
  • [30]
    Adjutantur des Führers, microfilm MA-287, IfZ, Munich.
  • [31]
    Rapport mensuel, 8 décembre 1937, Die kirchliche Lage in Bayern…, t. 2, Regierungsbezirk…, p. 254.
  • [32]
    Karl Haushofer, fondateur de la géopolitique allemande, fut le professeur de Hess à l’université de Munich et influença par son entremise certains passages de Mein Kampf portant sur la politique internationale et la stratégie mondiale ; bien qu’antisémite déclaré, Haushofer était marié à une « demi-juive », Martha Mayer-Doss. De 1934 à 1938, le fils de Karl, Albrecht, travailla au « bureau Ribbentrop » (Amt Ribbentrop) s’occupant d’affaires étrangères. Pour l’attitude de Karl et d’Albrecht envers le judaïsme et les juifs et leur position personnelle à cet égard, voir Hans-Adolf Jacobsen, Karl Haushofer…, et Ursula Laak-Michael, Albrecht Haushofer und der Nationalsozialismus… ; pour une interprétation d’ensemble, voir Dan Diner, Weltordnungen…, p. 131 sq.
  • [33]
    Akten der Parteikanzlei der NSDAP, microfiches 30100219-30100223, IfZ, Munich.
  • [34]
    Voir Shlomo Aronson, Reinhard Heydrich…, p. 11-12 ; Werner Maser, Adolf Hitler…, p. 11 sq. (Prénom : Adolf…).
  • [35]
    Akten der Parteikanzlei der NSDAP (abrégés), 1re partie, t. 2, p. 226.
  • [36]
    Lothar Gruchmann, « Blutschutzgesetz und Justiz… », p. 419.
  • [37]
    Akten der Parteikanzlei der NSDAP (abrégés), 1re partie, t. 1, p. 55. A divers niveaux, les lois raciales allemandes et la discrimination raciale continuèrent d’être une source de difficultés dans les relations du Reich avec les pays étrangers. D’après un rapport de 1936 de la légation allemande à Bangkok, des mesures discriminatoires furent appliquées à des passagers de « couleur » (notamment japonais, chinois et siamois) sur les bateaux allemands en Extrême-Orient. Le ministère des Transports à Berlin mit en garde les compagnies maritimes allemandes contre les conséquences négatives de telles mesures (ibid., p. 178). La même année, la Wilhelmstrasse dut rassurer les autorités égyptiennes : rien n’empêchait une non-juive allemande d’épouser un non-juif égyptien ; quant aux difficultés concernant le mariage d’Allemands non juifs avec des femmes étrangères non juives, elles restaient d’ordre général et n’établissaient aucune discrimination contre les Égyptiens (ibid., 2e partie, t. 3, p. 108). Mais plusieurs États du Moyen-Orient se sentirent visés par la législation allemande à l’égard des non-Aryens, malgré tous les efforts du ministère des Affaires étrangères à Berlin (ibid., p. 109). La Turquie s’apaisa lorsqu’une déclaration allemande précisa que les Turcs étaient de « race apparentée », mais rien ne certifiait clairement que cette règle s’appliquait aux autres pays du Moyen-Orient (ibid., p. 104).
  • [38]
    Ibid., 1re partie, t. 2, p. 168.
  • [39]
    Pour une puissante démonstration de la primauté de la vision biologique élargie et de ses effets discriminatoires sur les femmes, voir, en particulier, Gisela Bock, Zwangssterilisation im Nationalsozialismus… ; sur les lois de 1935, voir notamment p. 100-103. Dans ses écrits plus récents, Gisela Bock se rapproche des positions exposées ici. Voir id., « Krankenmord, Judenmord… » p. 285 sq., notamment p. 301-303. Pendant les douze années du régime nazi, la politique raciale s’appuya sur les données pseudo-scientifiques de plusieurs instituts de recherche universitaires : l’Institut Kaiser Wilhelm de biologie à Berlin, l’Institut d’anthropologie et d’ethnographie de l’université de Breslau, l’Institut de biologie héréditaire et d’hygiène raciale de l’université de Francfort, les instituts raciaux-biologiques des universités de Königsberg et de Hambourg, le Centre des questions raciales de Thuringe, rattaché à l’université d’Iéna, et l’Institut de recherche de biologie héréditaire d’Alte-Rhese, dans le Mecklembourg (Klaus Drobisch et al., Juden unterm Hakenkreuz…, p. 162-163).
  • [40]
    Sur le début de cette affaire, voir chap. 1, p. 51 sq.
  • [41]
    Hans Mommsen, « Die Geschichte… », p. 352.
  • [42]
    Ibid., p. 353-357.
  • [43]
    Pour l’enquête et les citations, voir Jeremy Noakes, « The Development of Nazi Policy… », p. 299 sq.
  • [44]
    Ibid., p. 300-301.
  • [45]
    Ursula Büttner, « The Persecution… », p. 277-278.
  • [46]
    Uwe Dietrich Adam, Hochschule und Nationalsozialismus…, p. 117.
  • [47]
    Werner Cohn, « Bearers of a Common Fate ?… », p. 360-361.
  • [48]
    Ingo Müller, Hitler’s Justice…, p. 99-100.
  • [49]
    Ibid., p. 100-101.
  • [50]
    Ibid., p. 101-102.
  • [51]
    Je reprends le titre de l’étude de Klaus Theweleit Male Fantasies.
  • [52]
    Juden vor Gericht…, p. 125-127.
  • [53]
    Ingo Müller, Hitler’s Justice…, p. 102-103.
  • [54]
    Akten der Parteikanzlei, microfiche 031575, IfZ, Munich.
  • [55]
    Voir Götz von Olenhusen, « Die “Nichtarischen” Studenten », note 52, et aussi Michael H. Kater, « Everyday Anti-Semitism… », p. 150.
  • [56]
    Adolf Diamant, Gestapo Frankfurt am Main, p. 91.
  • [57]
    Robert Gellately, The Gestapo and German Society…
  • [58]
    Ibid., p. 164.
  • [59]
    Ibid., p. 163-164.
  • [60]
    Id., « The Gestapo and German Society… », p. 672-674. D’après Sarah Gordon, malgré quelques éléments prouvant le contraire, en dépit de la présence dans les années 1930 de quelques Rassenchänder dans les prisons ordinaires (Gefängnisse), et alors qu’on dirigeait les Rassenschänder juifs vers des pénitenciers bien plus durs (Zuchthäuser), les deux catégories de détenus subirent finalement le même sort (Sarah Gordon, Hitler, Germans and the Jewish Question, p. 238 sq.).
  • [61]
    Ministère de la Justice, le porte-parole à tous les bureaux de presse de la Justice, 11 mars 1936, Reichsjustizministerium, Fa 195 / 1936, IfZ, Munich.
  • [62]
    David Bankier, The Germans and the Final Solution…, p. 77.
  • [63]
    Ibid., p. 78.
  • [64]
    Ibid., p. 78-79.
  • [65]
    Ibid., p. 79.
  • [66]
    Richard Gutteridge, « German Protestantism… », p. 237. Voir aussi id., Open thy Mouth for the Dumb !…, p. 153 sq. ; en particulier p. 156-158.
  • [67]
    David Bankier, The Germans and the Final Solution…, p. 80.
  • [68]
    Otto Dov Kulka, « Die Nürnberger Rassengesetze… », p. 602-603.
  • [69]
    Sur cette interprétation des effets à long terme des lois sur la population, voir Klaus Drobisch et al., Juden unterm Hakenkreuz…, p. 160.
  • [70]
    Gestapa (la Gestapa était le bureau central de la Gestapo à Berlin) aux bureaux de la police d’État, 3 décembre 1935, Ortspolizeibehörde Göttingen, microfilm MA-172, IfZ, Munich.
  • [71]
    Gestapa à l’Association centrale des juifs allemands (CV), 1er juin 1934, ibid. ; police d’État, Hanovre, 16 août 1934, ibid.
  • [72]
    Gestapa à tous les bureaux de la police d’État, 24 novembre 1935, ibid.
  • [73]
    Gestapa à tous les bureaux de la police d’État, 4 avril 1936, ibid.
  • [74]
    Wolfgang Gerlach, Als die Zeugen schwiegen…, p. 166.
  • [75]
    Sur ce cas précis, voir Archives of the Holocaust…, t. 11, 1re partie, p. 210-222.
  • [76]
    Akten der Parteikanzlei (abrégés), 1re partie, vol. 1, p. 121.
  • [77]
    Archives of the Holocaust…, t. 11, 1re partie, p. 210-222.
  • [78]
    Abraham Margalioth, « The Reaction of the Jewish Public… », p. 76.
  • [79]
    David Bankier, « Jewish Society through Nazi Eyes… », p. 113-114.
  • [80]
    Margarete Edelheim-Mühsam, « Die Haltung der jüdischen Presse… », p. 375.
  • [81]
    Des rapports de la Gestapo, comme celui émanant de Coblence et concernant octobre 1935, font état d’un pessimisme accru chez les juifs et de leur hâte d’émigrer, y compris en Palestine. D’après ce rapport, les juifs ne croyaient pas à la possibilité de rester en Allemagne et pensaient que « d’ici à dix ans environ les derniers juifs [auraient] quitté l’Allemagne » (Nationalsozialismus im Alltag…, p. 138-139).
  • [82]
    Jacob Boas, « German-Jewish Internal Politics… », p. 3.
  • [83]
    Ibid., p. 4, n. 4.
  • [84]
    Margarete Edelheim-Mühsam, « Die Haltung der jüdischen Presse… », p. 376-377.
  • [85]
    Claudia Koonz, Mothers in the Fatherland…, p. 358 (Les Mères Patries du IIIe Reich).
  • [86]
    Lucy Dawidowicz, The War against the Jews…, p. 178.
  • [87]
    William L. Shirer, Berlin Diary, p. 36.
  • [88]
    Cité in Steven M. Lowenstein, « The Struggle for Survival of Rural Jews… », p. 120.
  • [89]
    Yoav Gelber, « The Zionist Leadership’s Response… » (en hébreu).
  • [90]
    Ron Chernow, The Warburgs…, p. 436 sq.
  • [91]
    Akten der Parteikanzlei der NSDAP (abrégés), 1re partie, t. 2, p. 208.
  • [92]
    Ron Chernow, The Warburgs…, p. 436 sq.
  • [93]
    Charlotte Beradt, Das Dritte Reich des Traums, p. 98.
  • [94]
    Ibid.
  • [95]
    Ibid., p. 104.
  • [96]
    Lion Feuchtwanger et Arnold Zweig, Briefwechsel…, t. 1, p. 97.
  • [97]
    Carl G. Jung, « Civilization in Transition », p. 166. Ce texte n’est qu’un exemple des nombreuses déclarations de Jung, pendant la période 1933-1936 au moins. La polémique sur l’attitude de Jung à l’égard du national-socialisme se poursuit depuis la fin de la guerre. L’appréciation la plus indulgente en la matière, émise par un historien n’appartenant à aucun des camps, est celle de Geoffrey Cocks : « On ne peut affirmer avec certitude que les convictions et positions philosophiques personnelles de Jung, que trahissaient ses déclarations ambiguës, naïves et souvent sujettes à caution pendant l’ère nazie sur les “Aryens” et les juifs, déterminèrent son comportement envers les psychothérapeutes en Allemagne. Les déclarations elles-mêmes révèlent une ambivalence et des préjugés destructeurs qui servirent peut-être les nazis dans leur persécution des juifs. Mais Jung souscrivit au nazisme bien plus en paroles qu’en actes » (Psychotherapy in the Third Reich, p. 132). Ce jugement de Cocks exigerait un examen approfondi ; toujours est-il qu’au vu du contexte l’attitude de Jung semble détestable.
  • [98]
    Ernst L. Freud (dir.), The Letters of Sigmund Freud and Arnold Zweig, p. 110 (Correspondance, 1927-1939).
  • [99]
    Kurt Tucholsky, Politische Briefe, p. 117-123.
  • [100]
    En français dans le texte. [N.d.T.]

Au début d’août 1935, quelques semaines avant le congrès du parti à Nuremberg, Hitler décide que six professeurs juifs ou partiellement juifs de l’université de Leipzig, jusque-là protégés par les clauses d’exception à la loi sur la restauration de la fonction publique, doivent partir. Le 26 août, deux responsables du ministère de l’Éducation de Saxe arrivent à la chancellerie du Reich ; ils veulent savoir s’il faut désormais révoquer tous les fonctionnaires non aryens. Le conseiller ministériel Wienstein leur notifie ce qui suit :
« En règle générale, on devra procéder au cas par cas, comme précédemment. Mais dans chaque cas, cependant, il faudra considérer que le traitement des non-Aryens doit être envisagé de manière plus sévère. Lorsqu’elle a été promulguée, la loi sur la restauration de la fonction publique visait de toute évidence à accorder aux non-Aryens la protection définie au paragraphe 3, section 2, sans aucune restriction. Toutefois, les nouvelles dispositions ont créé une situation en vertu de laquelle les non-Aryens ne peuvent plus se réclamer des clauses susmentionnées pour faire valoir leur droit à conserver leur emploi. Au lieu de quoi les décisions devront être prises, comme le conseiller ministériel Wienstein l’a de nouveau précisé, “uniquement au cas par cas”. »
Depuis plusieurs mois, on congédie, de fait, les professeurs juifs encore officiellement protégés par les clauses d’exception. Victor Klemperer reçoit sa révocation par courrier le 30 avril…


Date de mise en ligne : 05/10/2022

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

26,40 €

541 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)
Membre d'une institution cliente ?