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V. Identité et culture féminines

Pages 82 à 100

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  • Coquery-Vidrovitch, C.
(2013). V. Identité et culture féminines. Les Africaines : Histoire des femmes d'Afrique subsaharienne du XIXe au XXe siècle (p. 82-100). La Découverte. https://shs.cairn.info/les-africaines--9782707175458-page-82?lang=fr.

  • Coquery-Vidrovitch, Catherine.
« V. Identité et culture féminines ». Les Africaines Histoire des femmes d'Afrique subsaharienne du XIXe au XXe siècle, La Découverte, 2013. p.82-100. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-africaines--9782707175458-page-82?lang=fr.

  • COQUERY-VIDROVITCH, Catherine,
2013. V. Identité et culture féminines. In : Les Africaines Histoire des femmes d'Afrique subsaharienne du XIXe au XXe siècle. Paris : La Découverte. Poche / Sciences humaines et sociales, p.82-100. URL : https://shs.cairn.info/les-africaines--9782707175458-page-82?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Père Tuillier, missionnaire au Dahomey, 1867, cité par B. Salvaing, op. cit.
  • [2]
    M. Diawara, op. cit.
  • [3]
    Cf. Sharon Hutchinson, « Relations between the sexes among the Nuer, 1930 », Africa, vol. 50, n° 4, 1980, pp. 371-388.
  • [4]
    J.-P. Dozon, op. cit., p. 140.
  • [5]
    Ife Amadiume, Male daughters, female husbands, Londres, 1987, pp. 99-100.
  • [6]
    Nakanyike B. Musisi, op. cit., p. 767.
  • [7]
    Régine Bonnardel, « Les femmes quittent la brousse », Le Journal de la Paix, n° 340, 1986, p. 17.
  • [8]
    H. J. Drewal et M. Thompson Drewal, Gelede. Art and female power among the Yoruba, Indiana University Press, 1983.
  • [9]
    C. Odugbesan, « Feminity in Yoruba religious art », M. Douglas et P. Kaberry eds, Man in Africa, Londres, 1969, pp. 199-211.
  • [10]
    M. Wilson et L.M. Thompson, eds, The Oxford History of South Africa, Oxford University Press, 1969. Monica Wilson, « Mhlakaza », Histoire des Africains, Paris, Jeune Afrique, 1977, T. V, pp. 203-230.
  • [11]
    Benetta Jules-Rosette, « Privilege without power : Women in African cults and churches », R. Terborg-Penn et al., Women in Africa and the African diaspora, 1987, pp. 99-119.
  • [12]
    A. Roberts, « The Lumpa church of Alice Lenshina », R. I. Rotberg et A.A. Mazrui, eds, Protest and power in black Africa, Oxford University Press, pp. 513-568.
  • [13]
    P. Hazoumé, « Tata Ajaché soupo maha awouiyan », La reconnaissance africaine, n° 1-2-3, p. 7, 1925, cité ibid., p. 131-134.
  • [14]
    Cf. H. d’Almeida-Topor, Les Amazones, Paris, 1984, p. 92.
  • [15]
    Carol Eastman, « Women, slaves and foreigners. African cultural influences and group processes in the formation of Northern Swahili coastal society », International Journal of African Historical Studies, vol. 21, n° 1, 1988, pp. 1-20.
  • [16]
    Jan Vansina, The children of Woot, Madison, 1978.
  • [17]
    Culture « créole » désigne sur les côtes africaines une culture métissée, fruit de syncrétismes culturels anciens, noués surtout depuis le xviiie siècle entre influences européennes chrétiennes et culture autochtone. Les « créoles » constituaient une sorte de bourgeoisie locale instruite, dont la fortune reposait, comme celle des occidentaux de passage, sur le commerce international.
  • [18]
    George E. Brooks, « Signares of Saint-Louis and Gorée : Women entrepreneurs in 18th century Senegal », N. J. Hafkin et E. G. Bay eds, Women in Africa, Stanford, 1976, pp. 19-44, dont les informations sont résumées par J.-P. Blondi, Saint-Louis du Sénégal. Mémoires d’un métissage, Paris, 1987, pp. 47-56.
  • [19]
    Jean Boulègue, Les Luso-Africains de Sénégambie, xvie-xixe siècles, Dakar, 1972, pp. 54-55, 61-62, 71-72.
  • [20]
    Il existe en Afrique sahélienne des castes au principe analogue à celui existant en Inde : Groupes endogamiques (c’est à dire où l’on ne se mariait qu’entre soi) concernant pour l’essentiel des groupes professionnels où le savoir technique se transmettait de générations en générations : bijoutiers, forgerons, cordonniers, teinturières, tanneuses, griots (ou conteurs professionnels). Les « castés » étaient inférieurs aux « hommes libres », mais supérieurs aux esclaves. Le préjugé social s’est maintenu jusqu’à nos jours.
  • [21]
    John Lindsay, A voyage to the coast of Africa in 1758, Londres, 1759, pp. 80 et 89-90.
  • [22]
    Cf. R. Bonnardel, Saint-Louis du Sénégal. Mort ou naissance ? Paris, l’Harmattan, 1992, pp. 38-43.
  • [23]
    Cf. Raymond Mauny, Glossaire des expressions et termes locaux employés dans l’Ouest africain, Dakar, 1952, pp. 37 et 48.
  • [24]
    Joseph Miller, Way of Death. Merchant capitalism and the Angolan slave trade 1730-1830, Madison, 1988.
  • [25]
    J. Miller, op. cit., 1988, p. 294. Sur la créolisation au xixe siècle, voir Anne Stamm, « La société créole à Saint Paul de Loanda dans les années 1836-1848 », Revue Française d’Histoire d’Outre-Mer, vol. 59, n° 213, 1972, pp. 578-610.
  • [26]
    Cf. C. Coquery-Vidrovitch, Histoire des villes africaines des origines à la colonisation, 1993, chap. 6.
  • [27]
    Akintoye, « The economic foundation of Ibadan in the 19th century », LA. Akinjogbin et Osoba eds, Topics on Nigerian economic and social history, Ife University Press, 1980, pp. 55-65.
  • [28]
    Kamene Okonjo, « Sex roles in Nigerian politics », op. cit., p. 216, cit. par Biobaku, 1960.
  • [29]
    On signale aussi, dans la même région, l’existence d’une deuxième épouse, Ifeyinwa « Olinke », morte très âgée en 1909, qui s’était emparée de l’autorité de la famille, parce qu’elle était devenue beaucoup plus riche et populaire que son mari. Ife Amadiume, op. cit., pp. 44-49.
  • [30]
    M. L. Perlman, op. cit., p. 567.
  • [31]
    Marguerite Dupire, « Situation de la femme dans une société pastorale : Peul woDaBe, nomades du Niger », D. Paulme éd., Femmes d’Afrique noire, 1960, p. 58.
  • [32]
    Voir, par exemple, B. Larsson, Conversion to greater freedom ? Women, Church and social change…, 1991.

Nous ignorons presque tout de l’univers féminin précolonial. Les femmes avaient-elles, sur elles-mêmes et sur leur place dans cet univers un regard précis ? Quelles étaient les formes, les croyances et les pratiques de leur sexualité ? Les seuls à approcher les femmes ont été, au début de la colonisation, les missionnaires et les religieuses, et parfois un rare personnel laïc, enseignant ou sanitaire. Les premiers missionnaires nous en donnent une vision déformée par leurs préjugés : ils jugent incompatible avec le christianisme le modèle familial et le mode d’éducation africain traditionnel. Ils ne soulignent chez les femmes que la liberté (apparente) de leurs mœurs, « la licence et le dévergondage […] et les désordres affreux auxquels [chacune] se livre tout entière ». Cette image avait été préparée par le rôle de séductrice démoniaque attribuée à la femme, instrument de Satan, dans la pensée chrétienne et surtout catholique. Les romans coloniaux également ont abusé du poncif de la femme africaine consentante, représentante d’une espère impure et sensuelle. Il ne devint possible de comprendre les errements de leurs jugements qu’avec les premières approches anthropologiques après que des mutations profondes étaient déjà survenues. Nous aborderons donc plus loin ce problème.
Les traditions privées transmises par les femmes sont rares et insuffisamment recueillies. Elles existent, nous l’avons vu, surtout chez les femmes esclaves, moins soumises que les autres à l’idéologie patriarcale…


Date de mise en ligne : 07/09/2020

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