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Chapitre 11 - La France et la crise algérienne (1992-1999)

Pages 208 à 230

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  • Pervillé, G.
(2012). Chapitre 11 - La France et la crise algérienne (1992-1999) Les accords d'Evian (1962) : Succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne (1954-2012) (p. 208-230). Armand Colin. https://doi.org/10.3917/arco.pervi.2012.01.0208.

  • Pervillé, Guy.
« Chapitre 11 - La France et la crise algérienne (1992-1999) ». Les accords d'Evian (1962) Succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne (1954-2012) Armand Colin, 2012. p.208-230. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/les-accords-d-evian--9782200249076-page-208?lang=fr.

  • PERVILLÉ, Guy,
2012. Chapitre 11 - La France et la crise algérienne (1992-1999) In : Les accords d'Evian (1962) Succès ou échec de la réconciliation franco-algérienne (1954-2012) Paris : Armand Colin. Collection U, p.208-230. DOI : 10.3917/arco.pervi.2012.01.0208. URL : https://shs.cairn.info/les-accords-d-evian--9782200249076-page-208?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/arco.pervi.2012.01.0208


Notes

  • [1]
     Selon Fawzi Rouzeik, « Algérie 1990-1993, la démocratie confisquée ? », in Revue de l’Occident musulman et de la Méditerranée, n° 65, mai 1993, p. 20-60 (p. 45), cité par Jocelyne Césari dans son article « Algérie, chronique intérieure, l’année des incertitudes », in Annuaire de l’Afrique du Nord 1992, Paris, Éditions du CNRS 1993, p. 615-651.
  • [2]
     Texte dans l’Annuaire de l’Afrique du Nord 1992, Paris, Éditions du CNRS 1993, p. 660.
  • [3]
     Les autres membres étaient Ali Kafi, ancien chef de la wilaya II et secrétaire général de l’Office national des anciens moudjahidin, Khaled Nezzar, ministre de la Défense, Ali Haroun, ancien dirigeant de la Fédération de France du FLN et ministre des Droits de l’homme (qui était allé chercher Mohammed Boudiaf au Maroc), Tidjani Heddam, recteur de la Grande mosquée de Paris. Cf. les textes de la proclamation du 14 janvier, Annuaire de l’Afrique du Nord, 1992, Paris, Éditions du CNRS 1993, p. 661-662, et du premier discours du président Boudiaf p. 662-663.
  • [4]
     Liste de ses membres dans l’Annuaire de l’Afrique du Nord, 1992, op. cit., p. 665-666.
  • [5]
     Qui prenait la suite du ministère des Droits de l’homme confié à Ali Haroun dans le premier gouvernement Ghozali. Cf. Annuaire de l’Afrique du Nord, 1992, op. cit., p. 663-665.
  • [6]
     Documents publiés en annexe au livre de Mohammed Sifaoui, Histoire secrète de l’Algérie indépendante, l’État-DRS, Paris, Nouveau monde éditions, 2012, p. 354-372.
  • [7]
     Première allocution du président Ali Kafi, Annuaire de l’Afrique du Nord 1992, Paris, Éditions du CNRS 1992, p. 667-668.
  • [8]
     Ali Benhadj et Abassi Madani furent condamnés à douze ans de prison, leurs coïnculpés de six à quatre ans le 15 juillet 1992.
  • [9]
     Ceux de Blida, Tipasa, Boumerdès, Aïn-Defla, Médéa et Bouira. Cette zone fut étendue le 5 juin 1993.
  • [10]
     Annuaire de l’Afrique du Nord, 1992, op. cit., p. 650-651.
  • [11]
     Cf. en annexe le texte de cette plate-forme de Rome.
  • [12]
     Élection présidentielle, qui le légitima, le 16 novembre 1995, révision constitutionnelle de novembre 1996, élections législatives du 5 juin 1997 où son nouveau parti, le Rassemblement national démocratique (RND) remporta la victoire.
  • [13]
     Citées par Liess Boukra dans son livre Algérie, la terreur sacrée, Lausanne, Favre, 2002, p. 243, 250-251, 261-263, 265.
  • [14]
     Paris, Presse de Sciences Po, 2001, 126 pages.
  • [15]
     Annuaire de l’Afrique du Nord, 1997, p. 134.
  • [16]
     Benjamin Stora, op. cit., p. 95-96.
  • [17]
     Ibid., p. 56.
  • [18]
     Pierre Bourdieu, « Dévoiler et divulguer le refoulé », in Algérie, France, islam, Paris, L’Harmattan, 1997, p. 24, cité par B. Stora, op. cit., p. 9-10.
  • [19]
     Le Nouveau quotidien (Suisse), 4 décembre 1997, cité par B. Stora, op. cit., p. 52.
  • [20]
     Ahmed Ben Bella interviewé à Genève par Dominique Bromberger, TF1, 28 décembre 1994.
  • [21]
     Titre d’un livre de l’ancien Premier ministre du président Chadli, Abdelhamid Brahimi, Aux origines de la tragédie algérienne, témoignage sur Hizb França, Genève, Hoggar, et Londres, The center for Maghreb studies, 2000.
  • [22]
     Liess Boukra, Algérie, la terreur sacrée, avant les 3 500 morts du 11 septembre 2001, les 100 000 victimes algériennes de l’islamisme, Lausanne, Éditions Favre, 2002, p. 134-135.
  • [23]
     Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie, crimes et mensonges d’État, Paris, La Découverte, 2004. Jean-Baptiste Rivoire, fils de coopérants français, a grandi à Alger.
  • [24]
     Abderahmane Moussaoui, De la violence en Algérie, les lois du chaos, Éditions Actes Sud, MMSH, 2006, p. 17-19.
  • [25]
     Cf. la lettre du Premier ministre Ghozali au président Ali Kafi du 8 juillet 1992, reproduite par Mohammed Sifaoui, op. cit., p. 351-353, et la lettre ouverte au président et aux membres du HCE, signée par de nombreuses personnalités nationalistes le 29 septembre 1992, Annuaire de l’Afrique du Nord, 1992, p. 668-669.
  • [26]
     L’ancien chef de la Sécurité militaire et Premier ministre du président Chadli, assassiné à Alger le 21 août 1993 alors qu’il préparait un accord de tous les partis « dialoguistes ».
  • [27]
     Benjamin Stora, « Algérie : absence et surabondance de mémoire », in Les violences en Algérie, Paris, Odile Jacob, 1998, p. 154, (première publication dans la revue Esprit en 1995).
  • [28]
     Cf. mes chroniques sur l’historiographie de la guerre d’Algérie dans l’Annuaire de l’Afrique du Nord, 1975 à 1997, notamment 1984, p. 1097, 1985, p. 833, et 1986, p. 919-920.
  • [29]
     Mohammed Harbi, L’Algérie et son destin, croyants ou citoyens, Paris, Arcantère, 1993, p. 155.
  • [30]
     Mohammed Harbi, “La tragédie d’une démocratie sans démocrates”, in Le Monde, Paris, 13 avril 1994.
  • [31]
     Lahouari Addi, Le Monde, 29 novembre 1996, p. 16.
  • [32]
     Cité dans Le Monde, 14 octobre 1994, p. 1,
  • [33]
     Cité par Elisabeth Schemla, Mon journal d’Algérie, novembre 1999-janvier 2000, Paris, Flammarion, 2000, p. 342.
  • [34]
     Cité par Hafida Ameyar dans Liberté, 18 décembre 2003.
  • [35]
     Interview à El Watan, Alger, 17 mai 2001.
  • [36]
    « L’heure de la vérité », interview de Mohammed Harbi et Benjamin Stora par Agathe Logeart et Claude Weill, in Le Nouvel Observateur, n° 2085, du 21 au 27 octobre 2004, p. 42-44.
  • [37]
     Par exemple, l’éditeur de La Découverte, François Gèze, était l’un des principaux chefs de file des « dialoguistes », et le fondateur de L’Événement du jeudi, puis de Marianne, Jean-François Kahn, tenait à réagir contre leurs excès.
  • [38]
     Sur l’importance du procès Barbie, cf. Guy Pervillé, Pour une histoire de la guerre d’Algérie, Paris, Picard, 2002, p. 302-304.
  • [39]
     Citations tirées du mémoire de maîtrise de Michaël-Lamine Tabakretine, La Commémoration du 8 mai 1945 à travers la presse française et algérienne, sous la dir. de Djamila Amrane, Université de Toulouse-Le Mirail, 2000 ; et de l’article de Ahmed Rouadjia, « Hideuse et bien-aimée, la France… », Panoramiques, n° 62, 1er trimestre 2003, p. 210-211.
  • [40]
     Sa thèse sur les événements de mai 1945 en Algérie, soutenue à Paris en 1989, fut publiée sous une forme très condensée en 1995 : Boucif Mekhaled, Chroniques d’un massacre, Sétif, Guelma, Kherrata, préfaces de Mehdi Lallaoui et de Jean-Charles Jauffret, Paris, Au nom de la mémoire et Syros, 1995, 251 pages.
  • [41]
     Charles-Robert Ageron, « Mai 1945 en Algérie, enjeu de mémoire et histoire », Matériaux pour l’histoire de notre temps, n° 39/40, juillet-décembre 1995, p. 52-56. Citation disponible sur http://guy.perville.free.fr, rubrique Mises au point, dans ma « Réponse à Yasmina Adi », 13 mai 2010.
  • [42]
     N° du 9 mai 1995.
  • [43]
     Ibid.
  • [44]
     Charles-Robert Ageron, préface à L’Algérie des Français, Paris, Le Seuil, coll. « Points-Histoire », 1993, p. 13.
  • [45]
     Cf. notamment « Les historiens de la guerre d’Algérie et ses enjeux politiques en France », disponible sur http://guy.perville.free.fr, rubrique Textes-4, 2003.
  • [46]
     Cf. le texte en annexe de ce chapitre. Les deux partis islamistes créés et reconnus après le FIS (le Hamas et En-Nahdah) participèrent à la première réunion mais pas à la seconde.
  • [47]
    « J’ai dit notamment au président Zeroual que je le tenais pour responsable de la vie des Français qui étaient dans cet avion et que, faute de quoi, je prendrais la communauté internationale à témoin du comportement du gouvernement algérien qui aurait empêché la France de sauvegarder la vie de ses ressortissants. » Interview d’Édouard Balladur pour le documentaire de Malik Aït-Aoudia et Séverine Labat, Vol AF 8969 Alger-Paris, cité in Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, op. cit., p. 416, et notes p. 618.
  • [48]
     Alain Juppé avait en même temps d’autres préoccupations tout aussi graves, au Ruanda (massacre génocidaire de Tutsis et de Hutus modérés à partir du 6 avril 1994), puis en Bosnie (massacre de Srébrénitsa en juillet 1995).
  • [49]
     Il s’explique sur ses divergences de vues avec Alain Juppé dans son livre Ce que je sais…, t. II, Une magnifique défaite, 1988-1995, Paris, Seuil, 2008, p. 215, 218, 280, 283-284, 286. Les journalistes Isabelle Dalh et Philippe Harrouard ont confirmé ce désaccord dès 1995 dans leur livre Alain Juppé ou la tentation du pouvoir, Paris, J. Lattès, 279 pages (p. 243-245).
  • [50]
     Cf. son récit sur la crise de l’Airbus dans son livre Le Pouvoir ne se partage pas. Conversations avec François Mitterrand, Paris, Fayard, 2009, p. 357-362.
  • [51]
     Édouard Balladur, ibid., p. 368.
  • [52]
     Annuaire de l’Afrique du Nord, 1975, p. 527-528.
  • [53]
     Attentats commis le 25 juillet dans le RER B à Saint-Michel ; le 17 août, place Charles-de-Gaulle ; le 6 octobre, station Maison-Blanche ; le 17 octobre, dans le RER entre le musée d’Orsay et Saint-Michel. Un engin explosif découvert le sur la voie du TGV près de Lyon le 26 août, deux attentats manqués le 3 septembre à Paris et un attentat le 7 septembre à l’entrée d’une école juive de Villeurbane.
  • [54]
     Lounis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, Françalgérie, crimes et mensonges d’État, op. cit., p. 454-459.
  • [55]
     Jacques Chirac, Mémoires, t. II : Le Temps présidentiel, Paris, éditions Nil, 2011, p. 77-85.
  • [56]
     Annuaire de l’Afrique du Nord, 1995, p. 532.
  • [57]
     L’archevêque d’Alger, Mgr Duval, mourut peu après, le 30 mai. Cf. Pierre Boz, Une fin des temps, fragments d’histoire des chrétiens en Algérie, Paris, Desclée de Brouwer, 2009, p. 105.
  • [58]
     Cité in Louis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, op. cit., p. 490 et note 59, p. 624.
  • [59]
     Selon Le Figaro du 13 janvier 2007, les poseurs de bombe seraient venus de Belgique à Paris pour commettre cet attentat, et repartis aussitôt d’où ils étaient venus, disponible sur www.lefigaro.fr/France/20070113.FIG000000676_attentat
  • [60]
     Jacques Chirac, Mémoires, t. II, op. cit., p. 429 sq.
  • [61]
     Louis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, op. cit., p. 493 et notes 4 et 5, p. 624.
  • [62]
    « Lionel Jospin veut allier objectifs clairs et moyens souples », Le Monde, 16 septembre 1997.
  • [63]
     Louis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, op. cit., p. 524-526.
  • [64]
     Cf. sa lettre au nouveau président du HCE, Ali Kafi, reproduite en annexe du livre de Mohamed Sifaoui, Histoire secrète de l’Algérie indépendante, op. cit. p. 351-353.
  • [65]
     Déserteurs de l’armée française, ayant rejoint l’ALN plus ou moins tardivement. Les « dialoguistes » tendent à les considérer aujourd’hui comme des traîtres au service des Français.
  • [66]
     Louis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, op. cit., pp. 519-520. p. 397-398.
  • [67]
     Ibid., p. 399.
  • [68]
     Cf. l’analyse remarquable de Mgr Claverie dans l’Annuaire de l’Afrique du Nord, 1995, p. 591-599.
  • [69]
     Louis Aggoun et Jean-Baptiste Rivoire, op. cit., p. 500-502.
  • [70]
     Ibid., p. 524-526.
  • [71]
     Ibid., p. 519-520.
  • [72]
     Selon un article de Jean-Pierre Tuquoi (« Les luttes de clans s’exacerbent au sein du pouvoir algérien », Le Monde, 5 septembre 1997, p. 2), il faudrait distinguer trois tendances : celle du général Betchine, ami personnel et conseiller du président Zeroual, à l’origine des tractations avec le FIS et l’AIS ; celle du général Mohamed Lamari, chef d’état-major de l’armée, partisan de l’éradication des islamistes, et un troisième clan « qui pratique habituellement un jeu de balancier subtil entre la présidence et l’armée », « celui du général Tewfiq Mediène, le patron des services secrets et des troupes de choc », qui se serait rapproché du président Zeroual pour obtenir que la négociation avec l’AIS soit confiée à son adjoint, le général Smaïn Lamari.
  • [73]
     Aggoun et Rivoire, après avoir beaucoup fait pour briser le silence officiel, semblent verser dans l’absurde en écrivant dans leur conclusion (p. 594) : « Comment admettre que, à Paris, les parrains cyniques et corrompus de la Françalgérie continuent à entretenir cet avatar honteux de l’Algérie française ? » En fait, selon ces deux auteurs, la France fut victime du pouvoir militaire d’Alger, ce qui dément le titre. Le nouveau livre publié par Lounis Aggoun en 2010, La Colonie française en Algérie, 200 ans d’inavouable, rapines et péculats, Éditions Demi-lune, 608 pages, inspire encore moins de confiance.

La période suivante reste mal connue malgré le temps écoulé, parce que nul ne peut dire avec certitude si la violence qui la caractérise est vraiment terminée. Non seulement de nombreux faits ne peuvent être interprétés avec certitude faute de documentation suffisante, mais deux interprétations dominantes continuent de s’opposer : celle des « éradicationnistes » et celle des « dialoguistes », qui semblent s’opposer absolument en attribuant un rôle majeur, soit aux machinations des services secrets de l’armée algérienne pour les seconds, soit aux islamistes pour les premiers. Ces deux tendances suivent pourtant le même schéma d’interprétation calqué sur la vieille propagande nationaliste enseignée à tous les Algériens durant trente ans, et elles se heurtent également à la politique d’amnistie appliquée depuis 1999, qui semble bizarrement inspirée par les accords d’Évian.
Mais la violence de ces années n’a pas sévi uniquement en Algérie : elle a aussi concerné, dans une mesure limitée mais bien réelle, les Français vivant en Algérie et même ceux vivant en France, ce qui accentue l’impression d’une répétition de la première guerre d’Algérie par une seconde. Sans prétendre pouvoir tirer au clair tous les aspects de cette guerre – pour autant que l’on accepte ce mot controversé – si complexe, il nous semble possible d’évoquer ses différents aspects afin de poser au moins des questions qui appellent des réponses, même si celles-ci ne sont pas encore toutes disponibles.
Trois aspects de cette guerre encore si mystérieuse sollicitent notre attention …


Date de mise en ligne : 09/03/2016

https://doi.org/10.3917/arco.pervi.2012.01.0208

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