Chapitre VII. Société et cultures
- Par Edhem Eldem
Pages 78 à 89
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- Eldem, E.
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Notes
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[1]
H. Crane, E. Akın, G. Necipoğlu, Sinan’s Autobiographies. Five Sixteenth-Century Texts, Leyde et Boston, Brill, 2006.
Toutes ces observations montrent bien que, tout en présentant des différences remarquables, l’Empire ottoman n’était pas essentiellement différent des monarchies européennes avec lesquelles il possédait bien des points communs, et que la plupart de ces disparités peuvent s’expliquer par des degrés sur une même échelle plutôt que par des antinomies. En revanche, s’il existe bien un aspect de la structure socioéconomique de l’empire qui s’oppose radicalement à celle de l’Europe moderne, c’est bien celle de la pluralité en matière de confession, d’ethnicité et, plus généralement, de culture. L’Empire ottoman était pluriel en ce sens qu’il était humainement et culturellement formé d’un très grand nombre de communautés extrêmement variées.
Pour comprendre l’importance de cette particularité de l’Empire ottoman, une comparaison s’impose avec l’Europe contemporaine. La période moderne y est en effet caractérisée par de nombreuses tentatives d’homogénéisation et d’exclusion qui ne laissent pas de doute quant à la détermination des États chrétiens à purger leur territoire de tout élément non chrétien ou, pour le moins, à limiter leur mobilité, leur liberté et leurs droits de façon à les réduire à un statut de dépendance totale. Couronnée par la prise de Grenade en 1492, la Reconquista espagnole ne se contenta pas de réunifier le pays ; elle entreprit de l’homogénéiser en en expulsant les juifs et les musulmans, offrant comme seule alternative la conversion au catholicisme, à condition d’en convaincre l’Inquisition…
Date de mise en ligne : 05/03/2026
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