Chapitre de Que sais-je ? / Repères

Chapitre V. Les rouages du pouvoir

Pages 60 à 67

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  • Eldem, E.
(2026). Chapitre V. Les rouages du pouvoir. L'Empire ottoman (2e éd., p. 60-67). Presses Universitaires de France. https://shs.cairn.info/lempire-ottoman--9782715438507-page-60?lang=fr.

  • Eldem, Edhem.
« Chapitre V. Les rouages du pouvoir ». L'Empire ottoman, Presses Universitaires de France, 2026. p.60-67. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/lempire-ottoman--9782715438507-page-60?lang=fr.

  • ELDEM, Edhem,
2026. Chapitre V. Les rouages du pouvoir. In : L'Empire ottoman. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Que sais-je ? p.60-67. URL : https://shs.cairn.info/lempire-ottoman--9782715438507-page-60?lang=fr.

Notes

  • [1]
    C. Cipolla, Guns and Sails in the Early Phase of European Expansion 1400-1700, Londres, Collins, 1965.

Soliman est appelé « le Magnifique » en Occident et « le Législateur » (Kanuni) en Turquie, deux termes qui auraient facilement pu s’appliquer à son arrière-grand-père, Mehmed II. Soliman avait pour lui une longévité remarquable – quarante-six ans sur le trône – et l’avantage indéniable d’avoir hérité d’une version arrivée à maturité de l’empire dessiné par son aïeul. La prise de Constantinople était un exploit, et Mehmed II pouvait bien se vanter d’avoir conquis le centre du monde. Régnant sur un empire qui s’étendait de la Hongrie à l’Iran, contrôlait tout le pourtour de la mer Noire et une bonne partie de la Méditerranée, incluait le monde arabe de l’Iraq à la Syrie et à l’Égypte, détenait les villes saintes de l’islam et se prolongeait le long de la côte septentrionale de l’Afrique, Soliman pouvait prétendre avoir (presque) conquis le monde. Il s’attacha d’ailleurs à le faire sentir, utilisant une titulature ronflante qui, combinée avec les titres consciemment diminutifs octroyés à ses rivaux, le plaçait au sommet de la scène politique mondiale. Lorsqu’il traversa Belgrade en 1532, il fit ériger des arcs de triomphe et se coiffa d’une majestueuse tiare à quatre couronnes fabriquée à Venise, qui de toute évidence cumulait les trois couronnes du pape, ainsi que celle de l’empereur qu’il qualifiait avec dédain de « roi de Vienne ».
Évidemment, on peut comprendre que pendant les moments les plus fastes de son règne, Soliman ait flirté avec l’idée d’établir une hégémonie mondiale ; toutefois, ce comportement reposait essentiellement sur une rhétorique et un protocole « bons pour l’Occident »…


Date de mise en ligne : 05/03/2026

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