9. La fin du mythe soviétique et le courant antitotalitaire
- Par Michel Winock
Pages 153 à 162
Citer ce chapitre
- WINOCK, Michel,
- Winock, Michel.
- Winock, M.
Citer ce chapitre
- Winock, M.
- Winock, Michel.
- WINOCK, Michel,
Notes
-
[1]
Commentaire, n˚ 11, automne 1980.
-
[2]
A. Martchenko, Mon témoignage, Paris, Le Seuil, 1970, et N. Mandelstam, Contre tout espoir. Souvenirs, Gallimard, 1972. Voir aussi J. Chiama et J.-F. Soulet, Histoire de la dissidence, Paris, Le Seuil, 1982.
-
[3]
A. Glucksmann, La Cuisinière et le mangeur d’hommes, Le Seuil, 1975. C. Lefort, « Commentaire sur L’Archipel du Goulag », Textures, n˚ 10-11, repris dans Un homme de trop, Le Seuil, 1976.
-
[4]
M. Gauchet, « L’expérience totalitaire et la pensée politique », Esprit, juillet-août 1976. Définition réaffirmée, entre autres, par Miguel Abensour dans « Le procès des Maîtres-rêveurs », Libre, 78-4 : « C’est à l’affirmation de l’unité sociale, affirmation de l’identité gouvernants-gouvernés, affirmation d’un Peuple-Un, que se reconnaît le totalitarisme qui s’origine dans la visée d’une société non déchirée, non antagoniste, d’une société qui, au-delà de la division sociale, serait enfin réconciliée. »
-
[5]
C. Lefort, « La question de la révolution », Esprit, septembre 1976.
-
[6]
Voir notamment l’ouvrage de ces trois sinologues et de Claude Aubert, Marianne Bastid, Léon Vandermeersch, Regards froids sur la Chine, Paris, Le Seuil, 1976.
-
[7]
M. Rocard, « La social-démocratie et nous », « Faire » : Qu’est-ce que la social-démocratie ?, Le Seuil, 1979. Un autre rocardien, l’historien A. Bergounioux, publie, avec B. Manin, La Social-démocratie ou le compromis, PUF, 1979, et l’historien des démocraties populaires, F. Fejtö, La Social-démocratie quand même, Robert Laffont, 1980.
Dans les premiers jours de janvier 1980, L’Humanité, organe du Parti communiste français, applaudit à l’invasion de l’Afghanistan entreprise par les troupes soviétiques à la fin du mois de décembre précédent. Quelques mois plus tard, Raymond Aron, dans un retentissant article, « L’hégémonisme soviétique : an I », dénonce la faiblesse des Occidentaux face à l’« action de taupe » de Brejnev et de ses compagnons. Un chiffre l’illustre : « Le budget américain de défense représente 5 % du produit national des États-Unis, ce même budget s’élève, en Union soviétique, à un pourcentage de 15 %. » La stratégie d’enveloppement ne fait pas de doute : par l’Afghanistan, ce sera le Pakistan, le golfe Persique ; en Afrique, le Mozambique, l’Angola ; en Amérique, Cuba… Le rapport des forces semble inversé au détriment des États-Unis et de leurs alliés. La révolution mondiale, appelée par Lénine, est en marche.
En France, cependant, le communisme n’est pas à l’apogée de son histoire. Depuis septembre 1977, le PCF a rompu l’Union de la gauche, et les élections législatives de 1978 ont démontré le déclin relatif de son audience, au profit du PS, redevenu premier parti de la gauche comme en 1936. Surtout, le parti communiste subit, depuis une demi-douzaine d’années, un discrédit idéologique comme il n’en a jamais connu : le courant de pensée antitotalitaire est désormais dominant chez les intellectuels de gauche.
Le prestige du PCF a été fortement altéré depuis 1956, l’année du rapport Khrouchtchev et de l’intervention des troupes soviétiques dans la Hongrie insurgée…
Date de mise en ligne : 03/10/2017
Ce chapitre est en accès conditionnel
Acheter cet ouvrage
9,99 €
Acheter ce chapitre
5,00 €