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Préface. Digital affective labor : les affects comme ressorts du capitalisme des plateformes

Pages 6 à 9

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  • Casilli, A.
(2017). Préface. Digital affective labor : les affects comme ressorts du capitalisme des plateformes. Le Web affectif : Une économie numérique des émotions (p. 6-9). Institut National de l'Audiovisuel (INA). https://shs.cairn.info/le-web-affectif--9782869382497-page-6?lang=fr.

  • Casilli, Antonio.
« Préface. Digital affective labor : les affects comme ressorts du capitalisme des plateformes ». Le Web affectif Une économie numérique des émotions, Institut National de l'Audiovisuel (INA), 2017. p.6-9. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-web-affectif--9782869382497-page-6?lang=fr.

  • CASILLI, Antonio,
2017. Préface. Digital affective labor : les affects comme ressorts du capitalisme des plateformes. In :
  • ALLOING, Camille
  • et PIERRE, Julien,
Le Web affectif Une économie numérique des émotions. Institut National de l'Audiovisuel (INA). Études et controverses, p.6-9. URL : https://shs.cairn.info/le-web-affectif--9782869382497-page-6?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Negri Toni, « Valore e Affetto », Derive Approdi, vol. 4, n°12-13, 1996, p. 22-27.
  • [2]
    Ibid.
  • [1]
    Bidet Alexandra, Vatin François, « Acteur et mesure au travail », in Steiner P., Vatin F. (dir.), Traité de sociologie économique, Paris, PUF, 2e édition, 2014.
  • [2]
    Ahmed Sara, Cultural Politics of Emotion, New York, Routledge, 2004.
  • [1]
    Massumi Brian, « The Autonomy of Affect », Cultural Critique, n°31, 1995.
  • [2]
    Brunel Valérie, Les managers de l’âme. Le développement personnel en entreprise, nouvelle pratique de pouvoir ?, Paris, La Découverte, 2008.
  • [1]
    Callon Michel, Meadel Cécile, Rabeharisoa Vololona, « L’économie des qualités », Politix, vol. 13, n°52, 2000, p. 211-239.
  • [2]
    Casilli Antonio A., Les liaisons numériques. Vers une nouvelle sociabilité ?, Paris, Seuil, 2010.
  • [3]
    Cardon Dominique, « Du lien au like sur Internet. Deux mesures de la réputation », Communications, n°93, 2013, p. 173-186.

« Je ne crois pas », s’étonnait Toni Negri dans un texte sur les affects paru à la fin du siècle passé, « que, dans les polémiques qui deux cents ans durant ont accompagné le développement de la théorie de la valeur en économie politique, on soit arrivé à décorréler la valeur du travail ». Le lien valeur-affect, dans la réflexion de la fin du XXe siècle, s’affirmait déjà comme l’impensé des modalités de production, caractérisées par le « calcul économique de l’interactivité de l’usager avec des services de communication ». Tout au plus, insistait le philosophe, la pensée féministe avait réussi à imposer une analyse venant du bas de l’emboîtement entre valeur et affect en se penchant sur le travail domestique (et, plus récemment, sur le care). Mais, vu « du haut », c’est-à-dire du point de vue de l’appareil des savoirs capitalistes, l’affect « est tellement intégré dans le processus macro-économique qu’il devient invisible ». Cette invisibilité est d’autant plus paradoxale que « le travail devient affect, mieux, le travail trouve sa valeur dans l’affect, si ce dernier est défini en tant que “puissance d’agir” (Spinoza) ».
L’ouvrage d’Alloing et Pierre nous offre une illustration accomplie de cette dialectique. L’affect devient ici le primum movens de la production de valeur au sein des modèles d’affaires des plateformes numériques. Les dispositifs de captation de la valeur de notre époque ne relèguent plus, comme dans les modalités de productions traditionnelles, les affects au contexte reproductif…


Date de mise en ligne : 19/01/2024

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