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Rematch : les conséquences françaises des élections européennes

Pages 99 à 106

Citer ce chapitre


  • Strudel, S.
(2025). Rematch : les conséquences françaises des élections européennes. Dans
  • B. Cautrès
  • et A. Muxel
Le vote sans issues : Chroniques électorales 2024 (p. 99-106). Presses universitaires de Grenoble. https://doi.org/10.3917/pug.cautr.2025.01.0099.

  • Strudel, Sylvie.
« Rematch : les conséquences françaises des élections européennes ». Le vote sans issues Chroniques électorales 2024, Presses universitaires de Grenoble, 2025. p.99-106. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-vote-sans-issues--9782706156915-page-99?lang=fr.

  • STRUDEL, Sylvie,
2025. Rematch : les conséquences françaises des élections européennes. In :
  • CAUTRÈS, Bruno
  • et MUXEL, Anne,
Le vote sans issues Chroniques électorales 2024. FONTAINE : Presses universitaires de Grenoble. Libres cours Politique, p.99-106. DOI : 10.3917/pug.cautr.2025.01.0099. URL : https://shs.cairn.info/le-vote-sans-issues--9782706156915-page-99?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/pug.cautr.2025.01.0099


Notes

  • [1]
  • [2]
    On se reportera avec profit aux chapitres de Bruno Cautrès ainsi que de Mathieu Gallard et Brice Teinturier dédiés dans ce même ouvrage respectivement aux résultats des élections européennes et au phénomène Bardella.
  • [3]
    Martin, P., Comprendre les évolutions électorales, la théorie des réalignements revisitée, Paris, Presses de Science Po, 2000.
  • [4]
    Comme au lendemain de l’affaire Cahuzac en 2013, des municipales de 2014, de la crise des Gilets jaunes ou encore lorsque LREM perd sa majorité absolue à l’Assemblée en mai 2020 (Le Figaro, 19 mai 2020). Tant et si bien que Marine Le Pen, dès le 14 septembre 2024, appelle à une nouvelle dissolution de l’Assemblée, et ce, avant même la nomination du nouveau gouvernement Barnier, lors de la rentrée parlementaire des députés du Rassemblement national (Le Monde, 14 septembre 2024).
  • [5]
  • [6]
    Une « pratique jupitérienne » qu’il avait lui-même théorisée dans son ouvrage Révolution, publié avant sa candidature à la présidentielle de 2017.
  • [7]
    Dolez, B., Fretel J., Lefebvre R., L’entreprise Macron, PUG, 2019.
  • [8]
    Gaïti, B., « La décision dans la crise sanitaire ou la logique du désordre », The Conversation, 21 avril 2021.
  • [9]
    On se souviendra qu’Emmanuel Macron, à ses débuts, se réclamait assez classiquement d’une monarchie présidentielle, l’amarrant aux fondamentaux de la pratique présidentielle sous la Ve République, mais proclamait « en même temps » sa confiance dans les ressources de l’expertise citoyenne, de la transversalité organisationnelle ou encore de la prise de parole directe.
  • [10]
    Dont l’activité pendant le Covid a été mise en cause pendant la campagne présidentielle de 2022, ce qui avait entraîné l’ouverture de deux enquêtes par le Parquet national financier.
  • [11]
  • [12]
    Environ 20 000 amendements (dont 13 000 par La France insoumise), ont été déposés avant l’examen du projet de loi concernant la réforme des retraites à l’Assemblée nationale, afin de ralentir la procédure qui sera malgré tout accélérée et verrouillée par le recours à l’article 49-3, le 16 mars, par la Première ministre Élisabeth Borne, qui décide d’engager la responsabilité du gouvernement. Une motion de censure transpartisane est examinée le 20 mars, et est rejetée à 9 voix près (278 voix pour la motion de censure sur les 287 nécessaires à son adoption). Ce faible écart de voix montre la fragilisation de l’exécutif à l’issue de cette séquence.
  • [13]
    Un sondage Ifop du 15 janvier 2023 pour L’Humanité indique que 68 % des Français sont opposés à ce projet de réforme. L’opposition est particulièrement forte chez les moins de 35 ans, les classes populaires et intermédiaires et les chômeurs, mais plus basse chez les retraités.
  • [14]
    Strudel, S., « Emmanuel Macron: The Paradoxes of a Disruptive Presidency » in Collard, S. (Ed.), Revolution Revisited : the Limits of Political Change in France under Emmanuel Macron, London, Routledge, 2025.
  • [15]
    Reif, K. H., Schmitt, H., « Nine Second-order National Elections. A Conceptual Framework for the Analysis of European Election Results », European Journal of Political Research, 8(1), p. 3-44, 1980.
  • [16]
    Cette nationalisation du scrutin européen est plus frontale en Italie, où la cheffe du gouvernement d’extrême droite Giorgia Meloni se présente comme tête de liste de son parti Fratelli d’Italia pour dicter le rythme et l’agenda de la campagne.
  • [17]
    Élections de confirmation, certes, organisées dans la foulée de l’élection présidentielle.
  • [18]
    Martin, P., « Les élections européennes en France », Commentaire, 167 (3), p. 539, 2019.
  • [19]
    Macron, E., Révolution, p. 244, 2016.
  • [20]
    Une certaine résistance à la décision des électeurs n’est pas sans précédent de la part d’un président. Voir Avril, P., « Analyse structurale de la Ve République (suite et fin) », Jus Politicum Blog, 23 septembre 2024. En ligne : https://blog.juspoliticum.com/2024/09/23/analyse-structurale-de-la-ve-republique-suite-et-fin-par-pierre-avril/ (consulté le 07/03/2025).

Étrange soirée électorale sur les chaînes de télévision le 9 juin 2024. Alors que les premières estimations commencent à être égrainées, l’Élysée indique aux rédactions, peu après 20 heures et sans plus de précisions, que « suite aux résultats des élections européennes, le Président de la République s’adressera dans la soirée aux Français ». Cette annonce va donner un rythme singulier au déroulé de la soirée : les résultats français, largement anticipés par les sondages, sont présentés, mais leurs analyses sont remisées, les 26 autres scrutins européens sont éclipsés, les supputations sur l’annonce élyséenne occupent journalistes, politiques et commentateurs invités. La soirée bascule à 21 heures, lorsqu’Emmanuel Macron, dans une brève adresse aux Français, annonce la dissolution de l’Assemblée nationale et la convocation d’élections législatives pour le 30 juin et le 7 juillet. Cette décision, justifiée par le score historique du Rassemblement national, vampirise la dimension européenne de ces élections et relègue au second plan les autres enseignements politiques du scrutin français : de la défaite du camp présidentiel et de Valérie Hayer au bon score de la liste PS-Place publique emmenée par Raphaël Glucksmann en passant par le net recul des écologistes.
Le fait que les résultats d’un scrutin européen aient des effets sur les dynamiques politiques internes d’un pays n’est pas une nouveauté ; en revanche, c’est la première fois en France que des conséquences aussi immédiates et de si grande ampleur en sont tirées…


Date de mise en ligne : 18/09/2025

https://doi.org/10.3917/pug.cautr.2025.01.0099

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