Deuils
- Par Bernard Lempert
Pages 197 à 203
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- LEMPERT, Bernard,
- Lempert, Bernard.
- Lempert, B.
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Un train et un avion pour le même quai, des balançoires dans une église – la psyché ne se laisse pas impressionner par la mort. Elle connaît l’angoisse de la perte, elle connaît la souffrance de la séparation, et elle connaît la puissance du chagrin ; mais elle ne se laisse pas aller à des fantasmes d’anéantissement. Si douloureuse soit-elle, elle penche pour la métaphysique. Consolation ? Simple compensation ? D’après un certain nombre de rêves, on dirait bien que non.
Le fait d’être mortel et de vivre avec et parmi d’autres mortels est pour ainsi dire la source traumatique. Quand bien même nous ne subirions jamais aucune violence particulière, nous continuerions cependant à subir cette violence existentielle fondamentale d’avoir à mourir et de perdre des proches. Le traumatisme est à la fois une réalité spécifique et un révélateur de la condition humaine. La vulnérabilité n’est pas seulement liée à une fragilité personnelle, voire à une faiblesse : elle est constitutive de toute vie appelée à mourir. Aucune réflexion psychologique sur le travail de deuil ne saurait nous dispenser d’une réflexion philosophique sur notre mortalité commune. Le rêve sait cela, lui qui excelle à parler d’une chose et d’une autre. Il ne sépare pas les questions existentielles et les questions métaphysiques. Maître en symbolique, le rêve lie les plans et les domaines comme il lie les temps divers d’une vie. Il parle en passant. La parole onirique traverse des mondes, qu’aussitôt elle rapproche…
Date de mise en ligne : 16/09/2022
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