1. Anthropologie et recherches féministes Perspectives et rétrospectives
- Par Maurice Godelier
Pages 23 à 34
Citer ce chapitre
- GODELIER, Maurice,
- LAUFER, Jacqueline,
- MARRY, Catherine
- et MARUANI, Margaret,
- Godelier, Maurice.
- Godelier, M.
- J. Laufer,
- C. Marry
- et M. Maruani
https://doi.org/10.3917/dec.laufe.2003.01.0023
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- Godelier, M.
- J. Laufer,
- C. Marry
- et M. Maruani
- Godelier, Maurice.
- GODELIER, Maurice,
- LAUFER, Jacqueline,
- MARRY, Catherine
- et MARUANI, Margaret,
https://doi.org/10.3917/dec.laufe.2003.01.0023
Tout d’abord je dois dire mon plaisir d’être dans ce livre. Si je me reporte vers
mon passé, il y a plus de vingt ans, j’ai commencé à soutenir de diverses façons
les recherches féministes qui prenaient alors en France une ampleur et une importance sociale de plus en plus grandes. En 1981, j’avais été nommé directeur scientifique du CNRS après avoir proposé au premier gouvernement de gauche de mettre
fin à la division entre les humanités et les sciences sociales et de fusionner les deux
départements existant au CNRS en un seul, qui est devenu le département des
sciences humaines et sociales (SHS). Cette proposition avait des raisons scientifiques : pourquoi continuer à classer l’histoire du Moyen Âge dans les humanités
et l’histoire du XVIe siècle dans les sciences sociales alors que les approches théoriques pour aborder ces époques historiques et les méthodes pour en traiter étaient
de plus en plus semblables ou convergentes ? Pensons aux travaux de Georges
Duby, de Jacques Le Goff sur le Moyen Âge ou de Jean-Pierre Vernant ou Pierre
Vidal-Naquet sur l’Antiquité grecque. Mais il y avait aussi des raisons pragmatiques à cela, puisqu’en fusionnant deux petits départements en un seul, on modifiait les rapports de forces entre les sciences humaines et sociales et les autres
départements du CNRS, la physique, la chimie ou la biologie traditionnellement
mieux servies en moyens et en postes que les SHS.
C’est dans ce contexte que, à la première réunion de la direction scientifique
du CNRS à laquelle je participais avec les six directeurs des autres départements
plus le directeur général (il n’y avait pas encore de femmes à la direction du CNRS,
alors que maintenant c’est devenu presque une obligation), je me suis levé pour
présenter les priorités de mon département et demander les moyens financiers de
les réaliser…
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