Chapitre 5. La Russie : un appétit d’ours
Pages 137 à 164
Citer ce chapitre
- HEISBOURG, François,
- Heisbourg, François.
- Heisbourg, F.
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- Heisbourg, F.
- Heisbourg, François.
- HEISBOURG, François,
Notes
-
[1]
Le groupe de pays constitué par le Brésil, la Russie, l’Inde, la Chine et l’Afrique du Sud (voir chapitre 3).
Ce chapitre aurait pu s’intituler « un appétit d’URSS » tant paraît vif au Kremlin le regret d’avoir perdu le statut de super-puissance qui s’attachait – de l’avis général, donc y compris chez ses adversaires – à l’Union soviétique disparue. Cette perte de rang n’est pas acceptée par les dirigeants russes, largement suivis en la matière par une population qui a vécu l’annexion forcée de la Crimée comme un moment de fierté nationale. Cependant, même chez les tenants les plus militants d’une revanche sur la disparition de l’Empire soviétique, la Russie ne se vit pas comme une URSS à recréer, mais comme l’héritière de temps plus anciens. Le messianisme bolchevique a disparu de la plupart des têtes comme dans les faits. Cela ne veut pas dire que la Russie soit sans valeurs ni projets propres, ni qu’elle soit dépourvue d’ambitions : ses pulsions sont vigoureuses et incompatibles avec l’ordre de sécurité bâti en Europe depuis la fin de la guerre froide, ordre ouvertement rejeté par Moscou. L’ours est sorti de l’hibernation stratégique à laquelle l’effondrement de l’Empire soviétique l’avait relégué provisoirement : il a faim et il sait ce qu’il veut.En termes de facteurs de puissance, la Russie n’appartient pas à la même catégorie que la superpuissance soviétique, la Chine contemporaine ou les États-Unis. Avec ses quelque 144 millions d’habitants, la Russie a moins de la moitié de la population de l’URSS à la veille de sa chute (293 millions d’habitants en 1990) et à un niveau comparable à celles du Japon ou du Bangladesh…
Date de mise en ligne : 11/05/2023
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