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Chapitre 6. Le médicament : une marchandise pas comme les autres

Pages 133 à 149

Citer ce chapitre


  • Fantino, B.
  • et Ropert, G.
(2008). Chapitre 6. Le médicament : une marchandise pas comme les autres. Le système de santé en France (p. 133-149). Dunod. https://shs.cairn.info/le-systeme-de-sante-en-france--9782100515059-page-133?lang=fr.

  • Fantino, Bruno.
  • et al.
« Chapitre 6. Le médicament : une marchandise pas comme les autres ». Le système de santé en France, Dunod, 2008. p.133-149. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-systeme-de-sante-en-france--9782100515059-page-133?lang=fr.

  • FANTINO, Bruno
  • et ROPERT, Gérard,
2008. Chapitre 6. Le médicament : une marchandise pas comme les autres. In : Le système de santé en France. Paris : Dunod. Hors collection, p.133-149. URL : https://shs.cairn.info/le-systeme-de-sante-en-france--9782100515059-page-133?lang=fr.

Notes

  • [1]
    P. Pignarre, Le grand secret de l’industrie pharmaceutique, éd. La Découverte, 2003.
  • [2]
    M.T. Hermange et A.M. Payet, Rapport d’information sur les conditions de mise sur le marché et de suivi des médicaments, juin 2006.
  • [3]
    M. Aulais-Griot et C. Maurain, « La politique conventionnelle, outil privilégié de la régulation des dépenses des biens de santé », Droit Social, novembre 2005.
  • [4]
    DREES, Les ventes de médicaments remboursables en 2005, juillet 2006.
  • [5]
    CNAMTS, MEDICAM 2006, 7 juin 2007.
  • [6]
    CNAMTS, Point d’information mensuel du 19 octobre 2007, « Consommation et dépenses de médicaments : comparaison des pratiques françaises et européennes ». Cette étude, comparant les pratiques françaises à celles de quatre autres pays européens (Allemagne, Espagne, Italie et Royaume-Uni), montre une nouvelle fois que la France reste en tête de la consommation pour six classes médicamenteuses étudiées sur neuf, qu’elle se place au premier rang dans cinq cas sur neuf et au deuxième rang pour les quatre autres classes, qu’elle présente un coût moyen par habitant supérieur à tous ses voisins européens (130 €, avec un écart de 32 € avec l’Italie au 2e rang).
  • [7]
    24 000 visiteurs médicaux participent à la promotion du médicament dont le coût dépasse les 20 000 euros annuels par praticien. La formation dispensée à ces visiteurs par l’industrie pharmaceutique est à l’image de l’information qu’eux-mêmes apportent aux médecins : les critères marchands l’emportent sur tous les autres, d’où les demandes récurrentes de la Cour des comptes d’y substituer une information indépendante. Le dernier rapport en date sur le sujet (IGAS, octobre 2007) recommande aux pouvoirs publics de « réduire de plus de la moitié les dépenses que les laboratoires consacrent à la promotion du médicament », de placer la Haute Autorité de santé (HAS) comme « l’émetteur unique d’information sur le bon usage du médicament » et de mettre en place « un observatoire de la prescription » ainsi que « des médecins sentinelles qui porteraient un jugement sur chaque visite et une collaboration de la HAS avec le réseau des délégués de l’Assurance maladie ».
  • [8]
    Le HCAAM rappelle en juillet 2007 que « pour être efficace, une base de données médicamenteuse devrait obligatoirement comprendre des éléments d’aide à la prescription tels que le SMR, l’ASMR, les interactions médicamenteuses, les effets secondaires et les équivalents généricables ».
  • [9]
    B. Toussaint, Interview dans Protection Sociale Informations, n° 467, juillet 2003.

Un sixième de la population mondiale voit ses besoins de santé satisfaits grâce aux médicaments, générant ainsi près des neuf dixièmes du chiffre d’affaires d’une industrie pharmaceutique dont la pérennité repose sur ses capacités de recherche et d’innovation. Le médicament n’est cependant pas une marchandise comme les autres parce qu’il s’agit d’élaborer un produit qui s’adresse à des malades, qu’il ne peut donc pas être totalement soumis aux lois habituelles du marché sachant que ses modes de production, distribution et prise en charge s’inscrivent dans une problématique complexe : répondre à des objectifs de santé publique tout en permettant au secteur d’affronter la concurrence sur le marché de la prescription et le défi de l’innovation thérapeutique grâce à une recherche incessante et performante.
Cette recherche est le véritable moteur des entreprises de l’industrie pharmaceutique dans la compétition internationale. Il se passe en moyenne douze ans avant que le consommateur ne bénéficie d’un médicament : 10 000 substances de départ permettront à environ
vingt d’entre elles de franchir le cap du développement pré-clinique. Il ne restera que dix produits qui atteindront la phase clinique dite phase I (essais chez les animaux), cinq produits seront testés en phase clinique II (essais chez les volontaires sains) et deux produits seulement seront évalués lors de la phase clinique III, les fameux essais cliniques conduits chez des malades. Un seul produit sera admis en phase clinique IV, après obtention de son Autorisation de mise sur le marché (AMM) et celui-ci sera encore soumis à une surveillance dans la « vraie vie », avec notamment des signalements de pharmacovigilance…


Date de mise en ligne : 22/09/2025

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