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II. Le sujet cybermoderne, le sujet et l’inconscient virtuels

Pages 51 à 103

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  • Godart, E.
(2020). II. Le sujet cybermoderne, le sujet et l’inconscient virtuels. Le sujet du virtuel : Métamorphose des subjectivités, vol. 3 (p. 51-103). Hermann. https://shs.cairn.info/le-sujet-du-virtuel--9791037003898-page-51?lang=fr.

  • Godart, Elsa.
« II. Le sujet cybermoderne, le sujet et l’inconscient virtuels ». Le sujet du virtuel Métamorphose des subjectivités, vol. 3, Hermann, 2020. p.51-103. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-sujet-du-virtuel--9791037003898-page-51?lang=fr.

  • GODART, Elsa,
2020. II. Le sujet cybermoderne, le sujet et l’inconscient virtuels. In : Le sujet du virtuel Métamorphose des subjectivités, vol. 3. Paris : Hermann. Hermann psychanalyse, p.51-103. URL : https://shs.cairn.info/le-sujet-du-virtuel--9791037003898-page-51?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Jacques Lacan, Autres Écrits, « Joyce le symptôme », Paris, Seuil, 2001.
  • [2]
    Ibid.
  • [3]
    Jacques Lacan, Écrits, « Fonction et champ de la parole et du langage », Seuil, 1966.
  • [4]
    Jacques Lacan, Autres écrits, « La méprise du sujet supposé savoir », Seuil, 2001.
  • [5]
  • [6]
    Sigmund Freud, Naissance de la psychanalyse, « Lettres 46 et 52 à Fliess », Paris, PUF, 1956.
  • [7]
  • [8]
    Ibid.
  • [9]
    Jacques Lacan, Séminaire XX, « L’inconscient en parlant, jouit », Seuil, 1975.
  • [10]
    Jacques Lacan, « Subversion du sujet et dialectique du désir » in Écrits, op. cit. Le Séminaire, livre v, op. cit., livre xvi, D’un Autre à l’autre, Paris, Seuil, 2006 et Miller J.-A., « Illuminations profanes », L’Orientation lacanienne, cours du 16 novembre 2005, inédit.
  • [11]
    Pascal Pernot, op. cit.
  • [12]
    Jacques Lacan, Le triomphe de la religion, Paris, Seuil, 2005.
  • [13]
    Jean-Paul Sartre, L’imaginaire, Paris, Gallimard, 1940… Ajoutons aussi à notre analyse, l’article éclairant de François Noudelman qu’il a rédigé pour l’exposition sur Sartre à la BNF : « Les principaux apports de Sartre à la phénoménologie de l’imagination concernent la définition de la conscience imageante : pour qu’une conscience puisse imaginer, il faut qu’elle transcende le monde et le pose à distance. La possibilité d’imaginer implique une irréalisation qui permet de présentifier une chose ou une personne à titre d’absents. Dans son intention même, la conscience vise l’objet en tant qu’absent, elle le “néantise”. À partir d’un représentant analogique (l’analogon), la conscience imageante irréalise un objet, qu’elle transforme en imaginaire. L’opération vaut aussi bien pour le producteur d’images, celui qui imagine son ami absent, que pour le regardeur qui recompose les figures d’un tableau. L’image mentale, l’image plastique, l’image stylistique participent ainsi d’une commune activité de la conscience imageante et font toutes partie d’une grande famille au sein de laquelle les tableaux, les photographies, les métaphores ou les rêves entretiennent des rapports de cousinage. Les historiens d’art, les psychanalystes et les stylisticiens, soucieux des spécificités de leur champ, ont beau jeu de dénoncer la confusion de tels apparentements, symptomatique d’un travers de philosophe. Sartre, en libérant l’image de son objectivité, n’a-t-il pas oublié qu’il existe des images et non l’image ? L’attention à l’imagination en tant qu’acte n’a-t-elle pas occulté la “réalité” des images ? Le génie théorique de Sartre tient justement au déplacement radical exercé sur le rôle des images dans le discours philosophique, la rêverie personnelle et la création littéraire. » <http://expositions.bnf.fr/sartre/arret/imagin.htm>.
  • [14]
    Michel E. de Montaigne, Les essais, Bouquins, 2019.
  • [15]
    « À cette fonction spéculative de l’image dans le discours philosophique, Sartre oppose un usage névrotique de l’imaginaire, qu’il repère chez nombre d’écrivains, plus particulièrement Genet et Flaubert. Au lieu de se fixer sur des images obsédantes, Sartre tente de repérer des projets singuliers, traversés par leur époque et visant à pousser l’imagination vers son absolu, c’est-à-dire vers la néantisation du monde. Les stratégies spectaculaires de Jean Genet, sa glorification de l’image et du reflet, lui fournissent, dans Saint Genet, comédien et martyr (1952), les éléments d’une réflexion sur l’imaginaire comme mal radical. Le choix de la fiction par Flaubert l’amène plus tard à étudier les différents pièges de l’imaginaire et à revenir sur les distinctions phénoménologiques qu’il opérait dans L’Imaginaire : la contamination de la perception par l’imagination, le sacrifice de l’être par la fable comme déréalisation systématique sont autant de pistes qui le conduisent à renouveler ses thèses sur l’imagination. La distinction des usages imaginaires semble autoriser, sans que Sartre l’affirme explicitement, une discrimination de la philosophie et de la littérature à partir de l’image comme pierre de touche : la première privilégie les vertus symboliques de l’imagination pour incarner l’être, tandis que la deuxième éprouve ses potentialités déréalisantes pour incarner le néant. De manière originale, Sartre reprend la distinction métaphysique du concept et de la métaphore, mais en modifiant radicalement la définition de la notion, de l’image et de leur relation. Il propose ainsi une nouvelle articulation entre la philosophie et la littérature, tenant une position très singulière à une époque où le partage des philosophes s’effectue de plus en plus entre ceux qui dénoncent les tentations littéraires de la philosophie et ceux qui renoncent à la distinction du propre et du figuré. L’exception de Sartre ne tient donc pas seulement à ses thèses sur l’imaginaire, mais aussi à sa pratique : l’image est un élément structurant de sa pensée, moins au sens d’une métaphore que d’une trame dans laquelle se tissent ses révolutions théoriques. Les images récurrentes et motrices de Sartre génèrent et articulent les mutations notionnelles. Elles offrent aussi la donne figurale de ses œuvres littéraires et, à la différence de l’intention philosophique, elles semblent nourrir une écriture peu raisonnée. » Ibid.
  • [16]
    Gaston Bachelard, La terre et les rêveries de la volonté, José Corti, Paris, 1945.
  • [17]
    Voir sur cette question notre chapitre sur la demande, dans la première partie.
  • [18]
    Serge André, Lacan : points de repères, BDL, 2011, p. 181.
  • [19]
    Jacques Lacan, Écrits, « La satisfaction du phallus », op. cit., p. 691.
  • [20]
    Remarque sur le rapport Lagache, 1958-1960. Voir aussi Subversion du sujet et dialectique du désir (1960).
  • [21]
    Serge André, Lacan : points de repères, op. cit., p. 184.
  • [22]
    Gartner, Press release, Gartner Says 4.9 Billion Connected “Things” Will Be in Use in 2015, 11/11/2014 <www.gartner.com/newsroom/id/2905717>.
  • [23]
    À nouveau, nous abordons cette notion de manière allusive : notre but n’est pas de rentrer dans une discussion qui questionnerait le concept dense de « vérité » que ce soit depuis l’Alètheia (ἀλήθεια) grecque jusqu’à la veritas latine ; jusqu’au dévoilement/voilement ou encore à la lichtung (la clairière).
  • [24]
    M. Foucault, Histoire de la sexualité I, La volonté de savoir, Gallimard, Paris, 1976, p. 12.
  • [25]
    Ibid., p. 47.
  • [26]
    Ibid., p. 64.
  • [27]
    Concernant l’aveu, nous pouvons nous référer au vol. I des métamorphoses et aux propos de saint Augustin.
  • [28]
    Problématique qui fait aussi écho aux enjeux contemporains de la sincérité.
  • [29]
    Ibid., p. 81.
  • [30]
    Ibid., p. 82-83.
  • [31]
    Ibid., p. 84.
  • [32]
    Ibid., p. 89.
  • [33]
    Ibid., p. 90-91.
  • [34]
    Comme le précise Michel Foucault, dans L’herméneutique du sujet : « Socrate, c’est l’homme du souci de soi, et il le restera. Et on verra dans toute une série de textes tardifs (chez les Stoïciens, chez les cyniques, chez Épictète surtout) que Socrate c’est toujours essentiellement, fondamentalement celui qui interpellait dans la rue les jeunes gens et leur disait : “il faut vous soucier de vous-mêmes”. » Et d’ajouter un peu plus loin : « C’est que si cette notion de souci de soi-même, que l’on voit donc surgir de façon très explicite et très claire dès le personnage de Socrate, a parcouru, couru tout au long de la philosophie antique jusqu’au seuil du christianisme, eh bien vous retrouverez cette notion d’epimeleia (de souci) dans le christianisme, ou même dans ce qui a constitué jusqu’à un certain point l’entour et la préparation : la spiritualité alexandrine. […] Vous la trouvez chez Plotin dans l’Ennéade II. Vous retrouvez, aussi et surtout, cette notion d’epimeleia dans l’ascétisme chrétien : chez Méthode d’Olympe, chez Basile de Césarée. Et chez Grégoire de Nysse : dans la vie de Moïse, dans le texte sur Le cantique des cantiques, dans le Traité des béatitudes… ». EHESS, seuil, Gallimard, 2001, Paris, p. 10-12.
  • [35]
    Voir à ce sujet le chapitre sur « Les exercices spirituels » chez les Stoïciens, in Ce qui dépend de moi, Elsa Godart, Albin Michel, 2011, Paris, p. 44 sqq.
  • [36]
    « Et dans l’Apologie, c’est bien comme maître du souci de soi que Socrate se présente à ses juges : le dieu l’a mandaté pour rappeler aux hommes qu’il leur faut se soucier non de leurs richesses, non de leur honneur, mais d’eux-mêmes et de leur âme ». Foucault (Michel), Histoire de la sexualité – Le souci de soi, vol. III, « La culture de soi », Gallimard, Paris, 1984, p. 62.
  • [37]
    Platon, L’apologie de Socrate, Oeuvres complètes, trad. Gallimard, Paris, 31 a, p. 159.
  • [38]
    Michel Foucault, Lherméneutique du sujet, op. cit., p. 9.
  • [39]
    Platon, Oeuvres complètes, op. cit., 30 e, p. 158.
  • [40]
    Michel Foucault, Lherméneutique du sujet, op. cit.
  • [41]
    « L’epimeleia heautou, la cura sui est une injonction qu’on retrouve dans beaucoup de doctrines philosophiques ». Michel Foucault, Histoire de la sexualité – Le souci de soi, vol. III, « La culture de soi », op. cit., p. 63.
  • [42]
    « Chez les stoïciens, inutile de vous dire l’importance de cette notion de l’epimeleia heautou : elle est chez Sénèque centrale avec la notion de cura sui ; et chez Épictète, alors elle court tout au long des Entretiens. » Ibid., p. 11.
  • [43]
    « On est “à soi”, on est “sien” (suum fieri, suum esse sont des expressions qui reviennent souvent chez Sénèque). » Histoire de la sexualité – Le souci de soi, vol. III, « La culture de soi », op. cit., p. 90.
  • [44]
    Michel Foucault, Lherméneutique du sujet, op. cit., p. 151.
  • [45]
    Ibid., p. 13.
  • [46]
    « On touche à l’un des points les plus importants de cette activité consacrée à soi-même : elle constitue, non pas un exercice de la solitude, mais une véritable pratique sociale. Et cela en plusieurs sens… », Michel Foucault, Histoire de la sexualité – Le souci de soi, vol. III, « La culture de soi », op. cit., p. 72.
  • [47]
    Michel Foucault, Histoire de la sexualité – Le souci de soi, vol. III, « La culture de soi », op. cit., p. 74 : « Le souci de soi – ou le soin qu’on prend du souci que les autres doivent avoir d’eux-mêmes – apparaît alors comme un intensificateur des relations sociales ». Repris par Gros (Frédéric), « Sujet moral et soi éthique chez Foucault », in Archives de philosophie, Centre Sévres, 2002/2 Tome 65, p. 234.
  • [48]
    On en retrouve la trace dans le Charmide (164 d), mais aussi dans le Philèbe et dans le Premier Alcibiade.
  • [49]
    Michel Foucault, Lherméneutique du sujet, op. cit., p. 5.
  • [50]
    Michel Foucault ajoute : « Ce n’était pas la connaissance de soi qui était prescrite dans cette formule, ni la connaissance de soi comme fondement de la morale, ni la connaissance de soi comme principe d’un rapport aux dieux. » Ibid.
  • [51]
    Comme le note Pierre Guenancia : « La critique (implicite) que Foucault paraît faire du cogito n’est pas très différente de celles que d’autres philosophes, principalement d’inspiration empiriste ou positiviste, ont souvent adressée à Descartes : le cogito n’est qu’une abstraction, qu’un squelette, une conscience vide et spéculaire privée de corps, coupée des autres et du monde. Son universalité résulte de l’effacement de ses différences. » in « Foucault/ Descartes : la question de la subjectivité », Archives de philosophies, Michel Foucault et la subjectivité, 2002/2 (tome 65), p. 243-244.
  • [52]
    Ibid., p. 246-247.
  • [53]
    René Descartes, AT VIII, 25, 23-27.
  • [54]
    Denis Kambouchner (Denis), « La liberté chez Descartes et la psychologie », in Histoires de sincérité, sous la dir. de Elsa Godart, L’Harmattan, Paris, 2010, p. 130.
  • [55]
    Jacques Lacan, Les Écrits, « le Stade du miroir », op. cit., p. 93 sqq.
  • [56]
    Ibid.
  • [57]
    Ibid., p. 94.
  • [58]
  • [59]
    Ibid.
  • [60]
    « Sans doute cette forme est-elle en relation avec l’originalité logique du sujet de l’assertion : en raison de quoi nous la caractérisons comme assertion subjective, à savoir que le sujet logique n’y est autre que la forme personnelle du sujet de la connaissance, celui qui ne peut être exprimé que par “je”. Autrement dit, le jugement qui conclut le sophisme ne peut être porté que par le sujet qui en a formé l’assertion sur soi, et ne peut sans réserve lui être imputé par quelque autre, – au contraire des relations du sujet impersonnel et du sujet indéfini réciproque des deux premiers moments qui sont essentiellement transitives, puisque le sujet personnel du mouvement logique les assume à chacun de ces moments. » Ibid.
  • [61]
    Ibid.
  • [62]
    Ibid.
  • [63]
    Gilles Lipovetsky et Jean Serroy, L’Écran global, Paris, Seuil, 2007 ; rééd., « Points », 2011, p. 282.
  • [64]
    D’après le titre de l’ouvrage de Robert Silverberg de 1975, paru aussi sous le titre « Les maîtres du hasard », Robert Laffont, 1977.
  • [65]
    Gilles Lipovetsky et Jean Serroy, L’Écran global, op. cit., p. 329.
  • [66]
  • [67]
    Je selfie, les métamorphoses du moi, Albin Michel, 2016.
  • [68]
    Géraldine Catalano, « Le “selfie” ou le moi jeu », L’Express, Groupe Express-Roularta, no 3253, 6 novembre 2013, p. 74 à 76.
  • [69]
    « Le “selfie” déclaré mot de l’année 2013 », lefigaro.fr, 19 novembre 2013.
  • [70]
  • [71]
    Michel E. de Montaigne, Les Essais, op. cit.
  • [72]
    René Char, Fureur et mystère, Gallimard, Paris, 1962.
  • [73]
    Vincent Cespedes, « Deep Curse et l’egosystème. Matériaux pour une théorie de la cybermodernité » in Les métamorphoses des subjectivités à l’ère du numérique, sous la dir. de Elsa Godart et Roland Gori, Toulouse, Erès, 2018.
  • [74]
    Notamment par la forme de discours d’aliénation, par la forme de nouvelles dictatures qui se mettent en place (celle imposée par les algorithmes, celles des nouvelles formes de pouvoir (GAFAM), celle du populisme, celle des réseaux sociaux, des data, de la surmédiatisation, des diffusions constantes des informations, la dictature des références, etc.).
  • [75]
    Notre but n’est pas d’être exhaustif à ce sujet mais de donner un certain éclairage afin de poursuivre notre démonstration.
  • [76]
    Peter Sloterdijk, La mobilisation infinie, Seuil, Paris, 2000, p. 169.
  • [77]
    Ibid., p. 163.
  • [78]
    Voir sur cette question Alain Ehrenberg, La fatigue d’être soi, Odile Jacob, Paris, 1998.
  • [79]
    Peter Sloterdijk, La mobilisation infinie, op. cit., p. 184.
  • [80]
    Ibid., p. 185.
  • [81]
    Lucien Israël rapelait : « La dépression est vraiment la maladie d’actualité », Boiter n’est pas pécher, Denoël, Paris, 1986, p. 156.
  • [82]
    Se référer à l’ouvrage de Roland Gori, Et si l’effondrement avait déjà eu lieu, LLL, Paris, 2020.
  • [83]
    Nous développerons cette idée au chapitre suivant.
  • [84]
    Henri Bergson, L’évolution créatrice, op. cit.
  • [85]
    À ce sujet, en 2018 une équipe de chercheurs a publié dans Nature une étude sur la place des images 3D sans support : « Des présentations en trois dimensions en suspension dans l’air et visibles dans toutes les directions ont été créées à l’aide d’une technique d’affichage volumétrique ayant recours au laser. […] Elle fonctionne en emprisonnant une particule de cellulose d’un micromètre dans un faisceau de lumière laser presque invisible. Ce laser déplace la particule de façon répétée le long d’un trajet spécifique dans l’air, par exemple sous la forme d’un tire-bouchon ou du contour d’un papillon. À chaque point du trajet de la particule, d’autres lasers l’illuminent de lumière rouge, verte ou bleue, que la particule diffuse dans toutes les directions. Cela crée un seul pixel d’image qui peut être visualisé de tous les côtés. Puisque la particule traverse rapidement l’air et réalise le même chemin à plusieurs reprises, tous ces pixels en viennent à se confondre, ce qui permet de créer ce qui semble être une image immobile flottant dans l’air. » Or, dans le registre de l’image, n’avons-nous pas dépassé le stade de la prothèse pour atteindre un véritable mélange, « l’amalgama » ? <https://www.nature.com/articles/nature25176.epdf>
  • [86]
    Interview et analyse que nous avons données à Romain Le Vern pour LCI, octobre 2019.
  • [87]
    Michel Foucault, Leçons sur la volonté de savoir, suivi de « Le savoir d’Œdipe », Gallimard/Seuil, Paris, 2011.
  • [88]
    Frédéric Gros, Désobéir, op. cit., p. 230.
  • [89]
    Jacques Lacan, Télévision, Seuil, Paris, 1973, p. 9.
  • [90]
    Elsa Godart, La sincérité, ce que lon dit, ce que lon est, Larousse, Paris, 2008.

L’inconscient freudien rappelle que le moi n’est plus le maître en sa propre maison. Et lorsque s’exprime le désir inconscient, les associations verbales débordent ou trahissent tout ce qu’on voudrait taire. Les mots comme expression du désir inconscient rappellent combien le sujet est assujetti au langage et combien le langage déborde toujours le sujet. En d’autres termes, la cause du sujet se trouve en-deçà du sujet, dans un impensable pour la conscience, dans un au-delà du rationnel, dans un trou d’être, dans une lacune non résorbable. C’est l’apparition du symptôme qui parvient à conjuguer la satisfaction du corps jouissant et le désir inconscient. Rappelons que l’étymologie du symptôme provient du grec symptoma et signifie « coïncidence ». C’est donc la rencontre ou plutôt la coïncidence du langage (psychique) et de la jouissance (corporelle). Et, si la première est interprétable et se prête à une traduction, en revanche la seconde est, comme le souligne Freud, « un défaut de traduction… inaccessible au langage… une lacune irréductible… une erreur de jugement affectant le corps ». Ainsi en est-il de la Spaltung, du sujet divisé entre langage et jouissance. Freud parle du sujet quand dans « Pulsions et destin des pulsions », il cherche à rendre compte du « travail exigé de l’appareil psychique du fait de sa liaison au corps ». Dans la continuité de Freud, Lacan insiste sur la spécificité ontologique de l’inconscient, en y adjoignant l’amplitude du rôle de la parole et du langage…


Date de mise en ligne : 31/01/2023

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