Chapitre d’ouvrage

12. L’infini

28 mars 2000

Pages 209 à 231

Citer ce chapitre


  • Badiou, A.
(2013). 12. L’infini 28 mars 2000. Le Siècle (p. 209-231). Le Seuil. https://shs.cairn.info/le-siecle--9782020579308-page-209?lang=fr.

  • Badiou, Alain.
« 12. L’infini : 28 mars 2000 ». Le Siècle, Le Seuil, 2013. p.209-231. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-siecle--9782020579308-page-209?lang=fr.

  • BADIOU, Alain,
2013. 12. L’infini 28 mars 2000. In : Le Siècle. Paris : Le Seuil. L'Ordre philosophique, p.209-231. URL : https://shs.cairn.info/le-siecle--9782020579308-page-209?lang=fr.

Notes

  • [1]
    On citera, dans cette ligne de pensée (laquelle, chez Rancière, double et nuance la ligne archéologique-ouvrière, mais reste entée dans le xixe siècle), tout d’abord l’édition du très remarquable séminaire qu’il a dirigé, et qui portait, comme le fait le livre qui en rassemble les exposés, le titre significatif de La Politique des poètes (Albin Michel, 1992). Mais aussi, tourné cette fois principalement vers la prose, le petit livre La Parole muette (Hachette, 1998).
  • [2]
    Disparu trop tôt, Jean Borreil avait établi son originalité dans la prospection des grands archétypes issus, à la jointure des effets de société et des créations littéraires, de ce qu’on pourrait appeler le discours des arts. Son livre synthétique porte le titre de L’Artiste-roi.
  • [3]
    L’exploration de tout ce que le siècle doit au théâtre, et des liens innombrables, parfois infiniment subtils, qui rattachent cet art aux différentes formations intellectuelles du siècle, est exemplairement conduite dans les livres et articles de François Regnault. Commencez donc par Le Spectateur (Beba/Nanterre Amandiers/Théâtre national de Chaillot, 1986). Puis, pour vérifier que les axiomes de Regnault permettent de créer une nouvelle pensée de l’histoire du théâtre, lisez La Doctrine inouïe : dix leçons sur le théâtre classique français (Hatier, 1996).
  • [4]
    J’emploie à dessein le mot « être », puisque je me situe sans hésitation dans la tradition ontologique « occidentale ». On ne doit pas ignorer que cette décision est comme telle transvaluée dans les propositions de François Laruelle. Pour lui, l’accès au réel est barré par la décision philosophique d’ériger l’être en concept central. Ce qui garantit cet accès, sous le nom (en ce point d’ailleurs inattendu) de « science », est ce que Laruelle nomme « la vision en Un ». Une telle approche, qui suspend la décision philosophique, sera nommée non-philosophie. Pour les détails, qui comme toujours sont ce qui compte, lire Philosophie et non-philosophie (Liège-Bruxelles, Pierre Mardaga, 1989).
  • [5]
    Ce n’est sûrement pas une mauvaise chose de conclure ce léger toucher du siècle par la lecture de l’article capital de Gödel : « What is Cantor’s Continuum Hypothesis ? » Je le redis : ce n’est pas parce que les méditations « structuralistes » ont saturé ces auteurs qu’on peut aujourd’hui s’imaginer faire de la philosophie sans avoir lu les textes canoniques de Cantor, de Frege et de Gödel. Et aussi les très grands textes philosophiques sous condition des mathématiques que sont les essais de Cavaillès, de Lautman et de Desanti.

Comment penser, quand nous en sommes aujourd’hui si loin, le lien intime, pendant tout le siècle, entre l’art et la politique ? Ce lien n’est pas uniquement, ni même principalement, celui qui asservit l’art à la politique, voire à des politiques officielles, et finalement à des censures d’État. Il ne s’agit pas toujours, et même il ne s’agit le plus souvent que de façon détournée et secondaire, des diatribes de Jdanov contre l’art bourgeois décadent (au vrai, la totalité de l’art contemporain), ou même des causeries de Mao, à Yenan, sur l’art et la littérature. La thèse la plus significative, soutenue principalement en Occident, et principalement par les courants les plus novateurs et les plus activistes, est celle d’une valeur et d’une force de frappe politiques de l’art lui-même. Les avant-gardes sont couramment allées jusqu’à dire qu’il y avait plus de politique dans les mutations formelles de l’art que dans la politique « proprement dite ». C’était encore la conviction du groupe Tel Quel dans les années 60. Certains écrits de Jacques Rancière en sont aujourd’hui même un écho sophistiqué. Qu’est-ce qui, dans les opérations créatrices du siècle, a rendu possible ce genre d’affirmation ?
Une première remarque, tout à fait descriptive, peut enchaîner cette leçon à la précédente. Il est certain que, parmi les scansions importantes du siècle, il faut compter l’apparition de groupes qui se conçoivent explicitement comme poético-politiques. Ces groupes affirment qu’il y a, en eux, identité entre une école de création artistique et une organisation qui détient et pratique les conditions intellectuelles d’une rupture politique…


Date de mise en ligne : 27/09/2022

Ce chapitre est en accès conditionnel

Acheter cet ouvrage

22,30 €

270 pages, format électronique (HTML et feuilletage, par chapitre)
Membre d'une institution cliente ?