Chapitre d’ouvrage

Fonctions sociales du serment. Pouvoirs et justices

Pages 219 à 221

Citer ce chapitre


  • Fezas, J.
  • et Jacob, R.
(1992). Fonctions sociales du serment. Pouvoirs et justices. Dans
  • Edité par R. Verdier
Le Serment : 1. Signes et Fonctions (p. 219-221). CNRS Éditions. https://doi.org/10.3917/cnrs.verdi.1992.02.0219.

  • Fezas, Jean.
  • et al.
« Fonctions sociales du serment. Pouvoirs et justices ». Le Serment 1. Signes et Fonctions, CNRS Éditions, 1992. p.219-221. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-serment-1-signes-et-fonctions--9782222045809-page-219?lang=fr.

  • FEZAS, Jean
  • et JACOB, Robert,
1992. Fonctions sociales du serment. Pouvoirs et justices. In :
  • Edité par VERDIER, Raymond,
Le Serment 1. Signes et Fonctions. Paris : CNRS Éditions. Hors collection, p.219-221. DOI : 10.3917/cnrs.verdi.1992.02.0219. URL : https://shs.cairn.info/le-serment-1-signes-et-fonctions--9782222045809-page-219?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/cnrs.verdi.1992.02.0219


Les fonctions du serment dans la vie sociale s’organisent autour de deux axes : le socio-politique et le judiciaire. D’un côté, un instrument de formation des liens entre les hommes. Le serment crée ou consolide l’amitié formelle, la relation amoureuse, la fidélité du vassal, il noue le contrat, proclame à leur intronisation les devoirs des rois. De l’autre, non une constitution mais une reconstitution de rapports sociaux. La collectivité est blessée, menacée par l’éclosion d’une querelle. Elle aspire à l’apaiser. Le serment intervient alors comme un élément du procès, mécanisme complexe de rétablissement des équilibres rompus.
D’un côté la mémoire et de l’autre l’oubli. Le serment créateur de liens sociaux exalte l’énergie et la canalise vers une fin. Sa liturgie éclatante alimente le souvenir. Les acteurs, les spectateurs porteront en eux le geste accompli, la parole prononcée, parce qu’elle les a engagés pour l’avenir ou a engagé d’autres vis-à-vis d’eux. Parce qu’elle contribue à définir leur identité sociale. Le serment du procès, au contraire, vise à l’inhibition des pulsions’ dangereuses. Il est tourné vers le passé pour en fermer les plaies, tenter de rayer de la mémoire commune les abcès de discorde.
D’un côté et de l’autre, cependant, une même quête de la vérité de l’assertion, de la sincérité de la promesse, probablement parce qu’aucun pouvoir, aucune justice ne pourrait s’avouer fondé sur une parole fausse. Mais une quête équivoque. On discutera longtemps si le serment est bien une garantie de vérité, comme en effet il se donne, ou s’il ne procède pas plutôt d’une convention sociale dont le but est d’oblitérer toute interrogation à ce sujet…


Date de mise en ligne : 20/07/2018

https://doi.org/10.3917/cnrs.verdi.1992.02.0219

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