Formes et emplois des énoncés négatifs : polyphonie et syntaxe de ne...pas
- Par Henning Nølke
Pages 215 à 232
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- NØLKE, Henning,
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- Nølke, H.
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Notes
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[1]
L’œuvre de Claude Muller (1991) a été une source d’inspiration très riche pour cette petite étude. Bien que se situant explicitement dans un cadre syntaxique, cet ouvrage contient une foule d’observations judicieuses portant sur la sémantique et la pragmatique de la négation.
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[2]
Parfois sons d’antres dénominations, on trouve les mêmes distinctions un peu partout (voir p.ex. Cristea (1971), Gaatone (1971a), Muller (1991) et Jackendoff (1972)). En fait, on les trouve déjà citez Jespersen (1917).
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[3]
Voir par exemple Ducrot (1973), Heldner (1981), Muller (1991), Zwanenburg (1977). Se servant d’une autre notation (de parenthèses), en partie inspirée de Jespersen (1917), la monumentale œuvre de Sten datant de 1938 présente en fait une étude minutieuse de la portée de la négation.
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[4]
Ducrot (1973) tente de montrer explicitement ces relations. Toutefois, il n’étudie que des énoncés fabriqués pour l’occasion, et même les jugements portés sur ces énoncés semblent contestables. Moeschler (1982) reprend cette analyse et propose des relations explicites entre les différentes classifications — syntaxiques, logiques, sémantiques et pragmatiques — de la négation.
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[5]
Il s’agit de la distinction entre a. Je ne crois pas que Pierre revienne et b. Je crois que Pierre ne reviendra pas, où il y a négation externe dans a. et négation interne dans b. (cf. Horn 1989).
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[6]
Comme c’est le cas dans l’exemple suivant emprunté à Muller (1991) :
(A) - Je suis allé au coiffeur.
(B) - Tu n’es pas allé au coiffeur, tu es allé chez le coiffeur. -
[7]
Il s’agit d’une dérivation délocutive basée sur une litote. D’une manière générale la litote semble souvent être locomotive de la dérivation descriptive.
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[8]
Pour une introduction plus approfondie de la théorie que celle qu’on trouve ici, voir Ducrot (1984) et Nølke (1993). Dans ce dernier travail, j’ai esquissé une élaboration de la théorie qui vise à l’ancrer dans la structure formelle de la langue, et j’ai essayé de montrer que cette démarche la dote d’une importante valeur explicative potentielle. La grande venu de la théorie de la polyphonie est en effet qu’elle permet d’établir des liens précis entre différents niveaux de l’analyse linguistique.
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[9]
Ducrot propose le terme technique : actes primitifs. Comme il ne s’agit pas d’actes au sens habituel de ce tenue, j’ai préféré parler de points de vue (comme Ducrot le fait d’ailleurs lui-même de manière informelle) tout en donnant à ce terme un statut formel.
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[10]
Complètement différent pour exclure les êtres discursifs « ensemblistes » tels que ON, dont fait partie le locuteur. Ainsi les présupposés, dont l’énonciateur est lié à ON (cf. Ducrot 1984 : 231), ne sont pas des citations.
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[11]
La plupart des exemples de cette section sont tirés du corpus de textes juridiques établi à l’Ecole des Hautes Etudes Commerciales de Copenhague (cf. Dyrberg et al. 1988). Je renvoie à ce corpus par la majuscule J. Le chiffre est un code qui permet de retrouver l’exemple dans son contexte.
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[12]
En revanche, on ne peut pas décider à partir du seul énoncé de la lecture la plus probable de la deuxième négation de (25).
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[13]
Ainsi, malheureux et pas heureux ne signifient pas la même chose : on peut n’être ni heureux ni malheureux.
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[14]
C’est sans doute pour cette même raison que cet adverbial permet la présence de pas dans des réponses elliptiques, où on se sert par ailleurs de non. Ainsi on dira Pas exactement ou Pas tout à fait, exactement comme on dira Pas aujourd’hui, réponse dans laquelle la valeur descriptive de la négation ne fait pas de doute.
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[15]
De nombreuses études portent sur ces phénomènes. Voir p.ex. von Bremen 1986, Fauconnier 1977, Gaatone 1971a.
Rares sont les sujets linguistiques qui ont fait couler autant d’encre que la négation. Concept primitif et universel, la négation met en jeu toutes les sciences du langage : de la pragmatique à la lexicologie, en passant par la sémantique, la syntaxe, la morphologie. La négation a fasciné aussi bien les linguistes que les philosophes, les psychologues que les logiciens. Pour tenter de comprendre sa fonction il faudrait avoir une vision globale de l’activité linguistique.
Je me propose de montrer dans cette modeste contribution que l’analyse polyphonique de la négation syntaxique ne…pas nous permet d’une part de préciser certaines relations entre ses fonctions pragmatiques, d’autre part d’expliciter ses propriétés syntaxiques et sémantiques.
A l’instar de Oswald Ducrot (1984 : 217ss), je distinguerai trois emplois de la négation, et je proposerai une analyse polyphonique, selon laquelle l’emploi fondamental de ne…pas est polémique. Les négations métalinguistique et descriptive sont dérivées de cette valeur primaire. Ensuite je m’efforcerai de montrer que cette analyse pragmatico-sémantique a des conséquences syntaxiques et distributionnelles bien précises. On peut en effet repérer au niveau formel des contextes qui bloquent la dérivation et d’autres qui la favorisent L’interdépendance des niveaux de description ainsi mise en évidence, cette analyse pourra prétendre avoir une certaine valeur explicative.
Qu’est-ce que la négation, au fond ? Comment la définir ? Tout dépend de l’optique choisie…
Date de mise en ligne : 03/10/2016
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