Au confluent de l’intime et du social
- Par Ingrid Bayot
Pages 17 à 21
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- Bayot, I.
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L’être humain est fondamentalement un être social. Avoir
un enfant, devenir mère, devenir père, et inscrire un nouvel
être dans une double lignée familiale, dans un groupe, une
société, une époque, tout cela réfère aux sentiments d’appartenance, renvoie aux besoins d’insertion, de continuité, de projection
dans l’avenir.
Depuis la nuit des temps humains, plusieurs dynamiques se
conjuguent pour tisser des co-dépendances fortes entre la mère et
la société où elle vit, ainsi qu’avec ses différents groupes d’appartenance − familiaux, amicaux, ou tout autre regroupement par
intérêt commun (Blaffer-Hrdy, 2002). Ces co-dépendances sont
dynamiques et s’exercent dans deux directions, du cocon maternel
vers l’extérieur sociétal, et réciproquement :
de la société vers la mère : le nouveau-né humain est le
plus immature et le plus longtemps dépendant de tous les petits
mammifères, primates compris. Ses besoins − contacts, chaleur,
repères sensoriels, nourriture, soins − sont non négociables ; sa
survie et son développement dépendent de réponses adaptées,
chaleureuses et attentionnées. La charge des premiers soins est
tellement énorme qu’elle n’est soutenable qu’avec la présence
d’autres êtres humains qui entourent, épaulent et protègent.
Dans un milieu naturel, la solitude maternelle était impensable,
voire mortelle ; dans une société technologiquement avancée,
elle ne menace plus la survie immédiate, mais reste extrêmement
préjudiciable au développement de l’enfant, et aux compétences
maternelles …
Date de mise en ligne : 14/03/2025
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