VII - Les témoins de l’accusation
- Par Jean-Marc Varaut
Pages 150 à 171
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Paul Reynaud, qui n’a pas contesté que la France unanime se soit confiée au Maréchal dans le temps de sa pire épreuve, au « sauveur de la France », comme les enfants des écoles l’ont chanté, et qui est convaincu que le Maréchal ne trahissait pas et ne pouvait trahir la France, va s’employer à démythifier Pétain devant la Haute Cour. C’est parce qu’il a été arrêté, et poursuivi avec les responsables d’un aussi incompréhensible désastre, à la demande du pays encore tétanisé par cette grande peur collective de juin 1940, que Paul Reynaud est mieux à même de remettre en cause le socle du mythe, le vainqueur de Verdun :
M. Paul Reynaud. – Et, maintenant, Messieurs, l’armistice est signé et je suis peu après en prison car, à Georges Mandel et à moi, le fait de nous être opposés à l’armistice nous a coûté des années de prison et à lui la vie, par surcroît. Mais, en prison, j’étudie les causes de la défaite et je me suis dit : mais il n’est pas vrai que les hommes changent. Les hommes, ni d’ailleurs les peuples, ne changent jamais. Comment est-il possible qu’un homme qui vient d’avoir l’attitude dont j’ai été le témoin ait pu être un grand homme pendant la guerre précédente ? Alors, je me suis mis à étudier la guerre précédente.
Alors, s’appuyant sur les Mémoires de Joffre, il décerne à Nivelle le mérite de la défense victorieuse de Verdun. Il plaisante ensuite la formule que le maréchal Pétain avait fait sienne et qui avait été honorée par Paul Valéry faisant l’éloge du récipiendaire sous la Coupole : il a découvert que le feu tue…
Date de mise en ligne : 19/05/2020
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