3. La femme est-elle un animal politique ?
Pages 57 à 85
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- BARUS-MICHEL, Jacqueline,
- Barus-Michel, Jacqueline.
- Barus-Michel, J.
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Comme tous les autres, la femme est un autre de la même espèce, mais, à la différence des autres, elle est une constante irréductible de l’espèce ; elle seule, parmi toutes les différences repérables, colle à la variante mâle sur un mode complémentaire, ce qui se retrouve dans la très grande majorité des espèces animales. Pour autant, la question a toujours été de savoir ce que cette différence spécifique devait à l’animalité et impliquait pour l’humanité.
La femme dans sa nature, son essence, la place qu’il faut lui donner, fait problème depuis l’orée des siècles. Le mot ne concerne qu’un sexe tandis que celui d’homme concerne le sexe masculin mais aussi l’espèce humaine et, de ce fait, englobe les deux sexes, effaçant le deuxième au passage. « Femme » conjugue le sexe, le genre et le statut, amalgamant féminin, féminité, femelle et épouse. « La femme n’existe pas », assène Lacan, insistant, il est vrai, sur le « la », comme s’il ne pouvait y avoir une entité femme, mais des femmes ; alors sans doute qu’il y a l’homme puisqu’il est, à lui seul, sexe, genre et espèce, et surtout qu’il a le privilège de descendre d’un père originaire « entier », non castré, fût-ce symboliquement, et qui lui sert de référence. La femme, n’en parlons pas, elle compense comme elle peut le fait qu’elle est censée l’être réellement.
Laissons pour le moment la psychanalyse. Le concept de femme introduit d’emblée à la complexité : il entremêle inextricablement le social, le psychologique et l’organique…
Date de mise en ligne : 01/04/2012
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