Chapitre d’ouvrage

Cinquième séance. Le 27 janvier 1999

Pages 173 à 208

Citer ce chapitre


  • Derrida, J.,
  • Édition établie par Michaud, G.,
  • Cotton, N.
  • et Therezo, R.
(2020). Cinquième séance. Le 27 janvier 1999. Le Parjure et le Pardon : Volume II. Séminaire (1998-1999) (p. 173-208). Le Seuil. https://shs.cairn.info/le-parjure-et-le-pardon-volume-ii-seminaire-1998-1999--9782021466270-page-173?lang=fr.

  • Derrida, Jacques.,
  • et al.
« Cinquième séance. Le 27 janvier 1999 ». Le Parjure et le Pardon Volume II. Séminaire (1998-1999) Le Seuil, 2020. p.173-208. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-parjure-et-le-pardon-volume-ii-seminaire-1998-1999--9782021466270-page-173?lang=fr.

  • DERRIDA, Jacques,
  • Édition établie par MICHAUD, Ginette,
  • COTTON, Nicholas
  • et THEREZO, Rodrigo,
2020. Cinquième séance. Le 27 janvier 1999. In :
  • DERRIDA, Jacques,
  • COTTON, Nicholas
  • et THEREZO, Rodrigo,
Le Parjure et le Pardon Volume II. Séminaire (1998-1999) Paris : Le Seuil. Bibliothèque Derrida, p.173-208. URL : https://shs.cairn.info/le-parjure-et-le-pardon-volume-ii-seminaire-1998-1999--9782021466270-page-173?lang=fr.

Notes

  • [1]
    Il existe deux versions de cette séance dans le tapuscrit. La première version comporte plus d’annotations et des photocopies de textes. La seconde version porte la mention manuscrite « 2) autre impression » dans le coin supérieur droit de la première page. À l’exception de la pagination, des annotations et de la page 21 de la seconde version qui a été mal imprimée, le contenu des deux versions est identique. Nous utilisons ici la première version du tapuscrit de cette séance. Avant de commencer la séance, Jacques Derrida lit un article du Monde en préambule [le début de l’enregistrement manque] : « […] Alors, ce que j’ai lu hier dans Le Monde, c’est ceci, j’arriverai à 5 heures avec ça : “À l’église méthodiste de la 16e Rue, le prédicateur J. Philip Wogaman […] soudain […] déboucha sur le ‘triste débat de Capitol Hill’, ‘le plus douloureux, le plus désastreux des débats’. […] Le révérend Wogaman, théologien respecté, n’est-il pas connu comme le pasteur habituel de la famille Clinton ? L’un des trois conseillers spirituels – et officiels – de ce président qui devait, mardi soir, rencontrer Jean-Paul II ? ‘Le sujet [du désastreux débat], disait-il, oppose deux conceptions de la morale, deux visions de la vie en société. Ce peut être l’occasion, pour ce pays, de choisir clairement ses valeurs. De définir ce qui constitue son âme.’ D’un côté, le clan des conservateurs [et il est franchement du côté des Démocrates, c’est le révérend père pasteur de la famille Clinton] : ‘Ceux pour qui la morale est d’abord affaire de discipline, de stricte application de la loi. Cela va de pair avec les principes d’autorité, de condamnation et de punition.’ [Ce sont les accents avec lesquels le Christ condamnait les pharisiens qui sont pour la justice, les sanctions, etc.] De l’autre côté, le clan des libéraux : ‘Ceux pour qui la morale est affaire d’amour et d’attention aux autres. [Là aussi, Hegel disait la même chose quand il décrivait le rapport entre le Christ et les pharisiens.] Pour qui les idées de repentance, de pardon et de tolérance priment sur l’idée de sanction ou de revanche.’ […] À la sortie de l’office, J. Philip Wogaman confirmait : il continuera de soutenir Clinton, ‘indéfendable mais pas impardonnable’ [c’est une nouvelle distinction intéressante !], ‘pécheur et repentant sincère et fiable’ [Rires]. Au même moment, à l’ouest de la ville, dans l’église baptiste de Jérusalem, le révérend Clinton Washington [il s’appelle ‘Clinton’, prénom, ‘Washington’ !] accueillait ses fidèles pour l’office de 11 heures. De vrais fidèles, de ceux qui traversent toute la ville […]. L’imposant Clinton Washington, au rire gigantesque, avait un message à faire passer. Il a lu, une fois n’est pas coutume, le début de son sermon. ‘Le président William Jefferson Clinton est un pécheur, mais ce n’est pas un criminel.’ Une pause. […] Et d’ajuster son souffle. ‘Destituer un président parce que c’est un pécheur revient à détruire la Constitution. Destituer un président parce qu’on n’arrive pas à le battre lors de deux élections n’est pas seulement honteux, mais détourne la ‘règle de la loi’. Des dizaines de millions d’électeurs ne devraient pas voir balayer leurs votes au prétexte que moins de trois cents politiciens partisans ne sont pas contents de leur choix. Nous connaissons la différence entre le crime et le péché privé.’ […] Dénoncer le piège tendu à Clinton, ce président si proche, dit-il, des pauvres, des humbles, du peuple noir en particulier. ‘C’est un président qui se préoccupe de nous, qui nous aime et qui nous ressemble. Et ça les rend malades [les Républicains]. Et ils veulent le lui faire payer.’ […] ‘La destitution de Clinton serait tout simplement la nôtre.’ ” Voilà, c’était dans Le Monde hier et vous verrez que ça recoupe ce que je voudrais, peut-être, tenter d’étudier aujourd’hui et la prochaine fois. Voilà, il est 5 heures, ça va ! » (Voir Annick Cojean, « Baptistes et méthodistes, ils communient pour Clinton le pécheur », Le Monde, 27 janvier 1999, p. 1 (les italiques sont dans le texte) ; [en ligne], disponible sur URL : < https://www.lemonde.fr/archives/article/1999/01/27/baptistes-et-methodistes-ils-communient-pour-clinton-le-pecheur_3532851_1819218.html >, consulté le 15 juillet 2020.) Jacques Derrida annonce ensuite une rencontre à laquelle il participera et qui aura lieu le soir même à la librairie Le Divan autour d’un numéro spécial double des Cahiers Intersignes (Casablanca, Éditions Toubkal), « Idiomes, nationalités, déconstructions. Rencontre de Rabat avec Jacques Derrida », n° 13, automne 1998, puis il enchaîne avec la lecture du tapuscrit.
  • [2]
    Dans le tapuscrit, cette phrase a été ajoutée à la main par Jacques Derrida dans les deux versions. Elle figure dans le fichier informatique.
  • [3]
    Augustin, La Cité de Dieu, op. cit., vol. 1, Livre I, chap. xvii, p. 56.
  • [4]
    Évangile selon Matthieu, XXVII, 1-10, dans La Bible. Nouveau Testament, op. cit., p. 94-95. Voir supra, p. 278.
  • [5]
    Jacques Derrida reprend ici les pages qu’il n’avait pas lues lors de la séance précédente. Voir supra, p. 170-172.
  • [6]
    J. Rifkin, The End of Work, op. cit. ; trad. fr., La fin du travail, op. cit. Lors de la séance, Jacques Derrida traduit : « La fin du travail, le déclin de la force du travail mondial (global Labor Force) et l’aube d’une ère de l’après-marché (Post-Market), l’après-marchandise. »
  • [7]
    Dans le tapuscrit, il y a une annotation dans la marge : « ou, au contraire, pour une augmentation de la durée du travail ». Lors de la séance, Jacques Derrida commente : « Ou, au contraire, une lutte pour l’augmentation de la durée du travail. Il y avait tout ça au Moyen Âge, une lutte pour la réduction avec des procès, etc., comme aujourd’hui, et une lutte pour l’allongement de la durée du travail. »
  • [8]
    Jacques Le Goff, Un autre Moyen Âge, Paris, Gallimard, coll. « Quarto », 1999 [1991]. Jacques Derrida commente l’ouvrage de Le Goff (1924-2014) dans L’Université sans condition, op. cit., p. 18 et p. 61-64. Voir J. Le Goff, « Temps et travail », dans Un autre Moyen Âge, op. cit., p. 21-139.
  • [9]
    Voir supra, p. 133-139.
  • [10]
    Voir supra, p. 135-136.
  • [11]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « Nous avions évoqué très rapidement la situation non dite du psychanalyste dans ce scénario. »
  • [12]
    Lors de la séance, Jacques Derrida précise : « dans le sens que la psychanalyse donne à ce mot ».
  • [13]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « “sympa” ou plus “sympa” que ses adversaires, ou non, c’est compliqué. Le cas Clinton est, comme je disais tout à l’heure, compliqué. C’est pourquoi j’ai commencé tout à l’heure par parler de la peine de mort. Il n’a jamais demandé pardon pour renforcer la peine de mort aux États-Unis, ni pour l’Iraq ni pour quoi que ce soit d’autre ».
  • [14]
    J. Rifkin, « The Third Industrial Revolution », dans The End of Work, op. cit., p. 59-106 ; trad. fr., p. 91-152.
  • [15]
    Augustin, La Cité de Dieu, op. cit., vol. 3, Livre XXII, chap. xxx, p. 357 (passage modifié par Jacques Derrida) : « ce septième jour, que nous serons nous-mêmes ». Voir supra, p. 157-158.
  • [16]
    J. Derrida, Le parjure et le pardon, op. cit., p. 127-160.
  • [17]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « Vieille question, très vieille question. Qui appelons-nous ainsi de ce nom ? Eh bien, tout ici, dans le contexte ou la logique ou le discours qui nous assiège pour nous contraindre, tout nous dicte comme réponse : l’impossible. » Voir Jacques Derrida, Sauf le nom, Paris, Galilée, coll. « Incises », 1993, p. 31 sq.
  • [18]
    Lors de la séance, Jacques Derrida commente : « sérieuse, c’est-à-dire dans la promesse tenue. À tenir, donc tenue par lui. Pourquoi ? Alors là, il y a une différence, il est écrit en toutes lettres : “Quiconque promet de façon sérieuse, sincère, est dans une promesse à tenir”, mais ça ne veut pas dire qu’il puisse la tenir. Dieu est quelqu’un qui non seulement fait une promesse sérieuse, sincère, donc à tenir, mais qui la tient. Qu’est-ce que ça veut dire ? ».
  • [19]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « Et le mot “tôt” d’ailleurs, si vous vous intéressez au mot “tôt” comme je le fais, vous savez que c’est un mot très intéressant en langue française. Il y a deux étymologies possibles. L’une renvoie à tostus, qui veut dire “grillé”, comme un toast [Rires], c’est-à-dire immédiatement flambé, à l’instant, ça flambe, c’est la rapidité de ce qui flambe. L’autre étymologie, plus contestée, probablement injustifiée, renvoie à “cito”, la vitesse, n’est-ce pas. On va retrouver ce mot de “cito” (c. i. t. o.), qui veut dire “rapidement”. En tout cas, ici, c’est la vitesse absolue. Dès qu’il fait une promesse, il la tient. Elle est tenue par le fait d’être tenue. Il n’y a pas de temps entre les deux, entre la promesse faite et la promesse tenue. » Voir infra, p. 198.
  • [20]
    Lors de la séance, Jacques Derrida précise : « avec un e ou avec un a ».
  • [21]
    Emmanuel Kant, « Sur un prétendu droit de mentir par humanité » [1797], trad. fr. Louis Guillermit, dans Théorie et pratique – Droit de mentir, Paris, Librairie philosophique J. Vrin, coll. « Bibliothèque des textes philosophiques », 1980 [1967], p. 67-73. Voir J. Derrida, « Histoire du mensonge. Prolégomènes », dans Cahier de L’Herne Derrida, op. cit., p. 503 sq. ; rééd., p. 42 sq. Voir aussi la troisième séance du Séminaire « Le témoignage » (inédit, 1994-1995, EHESS, Paris), la cinquième séance du Séminaire « Hostilité/hospitalité » (inédit, 1995-1996, EHESS, Paris) et Jacques Derrida, De l’hospitalité, avec Anne Dufourmantelle, Paris, Calmann-Lévy, coll. « Petite bibliothèque des idées », 1997, p. 133.
  • [22]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « Même si on s’engage dans un débat interminable entre la logique infinitiste, disons, et chrétienne d’Augustin et une logique comme celle je développe en face de lui, dans les deux cas, dans les deux hypothèses, la présupposition commune, c’est que Dieu est le nom de l’impossible. »
  • [23]
    Augustin, La Cité de Dieu, op. cit., vol. 3, Livre XXII, chap. xxv, p. 342 ; De Civitate Dei. La Cité de Dieu (Livres XIX-XXII). Triomphe de la Cité céleste, trad. fr. Gustave Combès, Bernhard Dombart et Alfons Kalb (éds.), introduction et notes de Gustave Bardy, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Bibliothèque augustinienne. Œuvres de Saint Augustin », 1960, Livre XXII, chap. xxv, p. 678. Dans le texte latin, on lit plutôt : « mentiri non potest ».
  • [24]
    Voir supra, p. 182, note 1. Jacques Derrida cite un passage du De Mendacio d’Augustin (Le Mensonge, dans Œuvres, t. II, trad. fr. G. Combes, Paris, Desclée de Brouwer, coll. « Bibliothèque augustinienne », 1948) dans « Une histoire du mensonge. Prolégomènes », dans Cahier de L’Herne Derrida, op. cit., p. 518, note 1 ; rééd., p. 15 sq., note 1.
  • [25]
    Tel dans le tapuscrit et pour les occurences suivantes du verbe « se parjurer ». Jacques Derrida utilise rarement la forme pronominale. Voir J. Derrida, Le parjure et le pardon, op. cit., p. 74 : « je parjure comme je respire ».
  • [26]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « On a déjà comparé littéralement Clinton à l’Antéchrist, je vous signale, dans la presse. » Jacques Derrida fait peut-être allusion aux nombreuses théories conspirationnistes qui se multipliaient dans les médias en 1999, au seuil du nouveau millénaire.
  • [27]
    Ancienne fonctionnaire de l’état d’Arkansas, Paula Jones intenta un procès à Bill Clinton le 6 mai 1994 pour harcèlement sexuel. La preuve ayant été jugée insatisfaisante par la Cour, le procès donna lieu à un règlement à l’amiable. Cette affaire accéléra la procédure d’impeachment du président Clinton.
  • [28]
    Dans le tapuscrit, Jacques Derrida avait raturé les mots « au Sénat » et ajouté cette précision au sujet de Henry Hyde : « le président de la Commission des affaires judiciaires de la Chambre ». Lors de la séance, il précise : « des représentants ».
  • [29]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « Donc, ce serment-là, qu’il a prêté devant le grand jury, est analogue à celui quand il a prêté serment au moment de son intronisation. »
  • [30]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « alors, la phrase négative, de dénégation ».
  • [31]
    Henry Hyde, cité dans « Pour les républicains, “mentir sous serment est une insulte à la liberté” », Le Monde, 23 janvier 1999, p. 4 (les italiques sont dans le texte) ; [en ligne], disponible sur URL : < https://www.lemonde.fr/archives/article/1999/01/23/pour-les-republicains-mentir-sous-serment-est-une-insulte-a-la-liberte_3533451_1819218.html >, consulté le 15 juillet 2020.
  • [32]
    Dans le tapuscrit, Jacques Derrida avait raturé le mot « sénateur » et corrigé : « le représentant républicain » pour cette occurrence et les suivantes.
  • [33]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « D’où, raisonnement de Hyde : “puisqu’on est dans cette situation, au moins qu’on nous fasse confiance, que notre image soit assez bonne”. »
  • [34]
    H. Hyde, cité dans « Pour les républicains, “mentir sous serment est une insulte à la liberté” », Le Monde, art. cit., p. 4 (les italiques sont dans le texte).
  • [35]
    L’affaire dite du Watergate est le nom donné à un scandale électoral qui a éclaboussé le second mandat du gouvernement républicain de Richard M. Nixon (1913-1994) et qui a été déclenchée par l’intrusion de cambrioleurs dans les bureaux du parti Démocrate lors de la campagne électorale. Malgré sa réélection en 1972, le président Nixon devra démissionner le 9 août 1974, une première dans l’histoire des États-Unis.
  • [36]
    Dans le tapuscrit, Jacques Derrida avait écrit « Dr Jekill » pour toutes les occurrences du mot dans cette séance. Dans la nouvelle de Robert Louis Stevenson, The Strange Case of Dr. Jekyll and Mr. Hyde (Londres, Longmans, Green, and Co., 1886), un avoué, Gabriel John Utterson, enquête sur le lien entre Edward Hyde et le médecin Henry Jekyll.
  • [37]
    Dans le tapuscrit, Jacques Derrida avait raturé « du sénateur » et écrit : « de Mr ».
  • [38]
    Tel dans le tapuscrit.
  • [39]
    H. Hyde, cité dans « Pour les républicains, “mentir sous serment est une insulte à la liberté” », Le Monde, art. cit., p. 4 (les italiques sont dans le texte).
  • [40]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « Comme on dit aujourd’hui, pas d’exception pour les ministres. Les ministres doivent comparaître – il y en a qui vont le faire bientôt – devant la loi. » Voir infra, p. 211.
  • [41]
    H. Hyde, cité dans « Pour les républicains, “mentir sous serment est une insulte à la liberté” », Le Monde, art. cit., p. 4 (les italiques sont dans le texte).
  • [42]
    Ibid. (les italiques sont dans le texte).
  • [43]
    Lors de la séance, Jacques Derrida précise : « Ce qu’on appelle le mensonge “officiosus”, c’est le mensonge utile. Dans certains cas, eh bien, on a le droit de mentir dans l’intérêt de…, etc. Alors, il y a des gens qui croient au mensonge utile, comme Platon, et il y a des gens qui n’y croient pas, c’est le cas de Kant. Le mensonge officiosus est celui-là même que Kant jugeait inadmissible. On ne doit mentir en aucun cas, même pour sauver son ami, et même quand c’est absolument utile. »
  • [44]
    C’est plutôt l’expression « shade the truth » qu’emploie Henry Hyde dans son discours du 16 janvier 1999 : « Morally serious men and women can imagine the circumstances at the far edge of the morally permissible when, with the gravest matters of national interest at stake, a president could shade the truth in order to serve the common good. / But under oath for a private pleasure ? » Voir [en ligne], disponible sur URL : < https://www.govinfo.gov/content/pkg/CDOC-106sdoc4/pdf/CDOC-106sdoc4-vol2.pdf >, consulté le 15 juillet 2020. La traduction du Monde introduit les mots « mentir » et « cacher » qui ne figuraient pas dans le texte en anglais (voir infra, le passage cité par Jacques Derrida, p. 192).
  • [45]
    H. Hyde, cité dans « Pour les républicains, “mentir sous serment est une insulte à la liberté” », Le Monde, art. cit., p. 4 (les italiques sont dans le texte).
  • [46]
    H. Hyde, cité dans « Pour les républicains », “mentir sous serment est une insulte à la liberté”, Le Monde, art. cit., p. 4 ( les italiques sont dans le texte). Lors de la séance, Jacques Derrida commente : « Ça, ça ne peut pas être plus clair. Clinton, ce n’est pas le parjure, ce n’est pas seulement le parjure, le droit, il a voulu cacher son “plaisir personnel” et, pour cacher son “plaisir personnel”, il “a mis en péril” tout ça [Rires]. »
  • [47]
    Jacques Derrida fait peut-être allusion ici au personnage d’Ivy Pearson introduit dans le film de Rouben Mamoulian (1897-1987), Dr. Jekyll and Mr. Hyde, réalisé en 1931 et dont Victor Fleming fit un remake en 1941.
  • [48]
    H. Hyde, cité dans « Pour les républicains, “mentir sous serment est une insulte à la liberté” », Le Monde, art. cit., p. 4 (les italiques sont dans le texte). Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « Langage du diagnostic, du diagnostic médical. »
  • [49]
    Ibid. (les italiques sont dans le texte).
  • [50]
    Charles Ruff, cité dans anonyme, « Pour les défenseurs de la Maison-Blanche, il s’agit d’une manipulation des faits “concertée et partisane” », Le Monde, 23 janvier 1999, p. 4 (les italiques sont dans le texte) ; [en ligne], disponible sur URL : < https://www.lemonde.fr/archives/article/1999/01/23/pour-les-defenseurs-de-la-maison-blanche-il-s-agit-d-une-manipulation-des-faits-concertee-et-partisane_3533452_1819218.html >, consulté le 15 juillet 2020). Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « Vous connaissez le mot célèbre de Clinton qui, quand on lui a demandé : “Est-ce que vos relations ont été des relations sexuelles ?”, aurait répondu : “It depends on what ‘is’ is.” [Rires] Ça dépend de ce que “est” est, de ce que vous voulez dire par “est”. C’est pour ça qu’on accuse tous ses discours d’être déconstructionnistes ! [Rires] Donc, voilà, il n’a pas menti sur la nature de ses relations, mais sur les détails. » Voir la transcription du témoignage du 17 août 1998 du président Clinton devant le grand jury tel que le rapporte le Washington Post : « It depends on what the meaning of the word “is” is. If the – if he – if “is” means is and never has been that is not – that is one thing. If it means there is none, that was a completely true statement. » (« Clinton’s Grand Jury Testimony », 17 août 1998 ; [en ligne sur le site du Washington Post], disponible sur URL : < https://www.washingtonpost.com/wp-srv/politics/special/clinton/stories/bctest092198_4.htm >, consulté le 15 juillet 2020.)
  • [51]
    Ch. Ruff, cité dans anonyme, « Pour les défenseurs de la Maison-Blanche… », Le Monde, art. cit., p. 4 (les italiques sont dans le texte).
  • [52]
    J. Derrida, Séminaire « Le témoignage » (inédit, 1994-1995).
  • [53]
    W. Benjamin, « La signification du temps dans le monde moral », dans Fragments philosophiques…, op. cit., p. 107-108. Voir supra, p. 54.
  • [54]
    Augustin, De Civitate Dei, op. cit., Livre XXII, chap. xxx, p. 716 ; trad. fr., p. 717 (traduction modifiée par Jacques Derrida).
  • [55]
    Ibid., p. 718.
  • [56]
    Apocalypse de Jean, II, 8, dans La Bible. Nouveau Testament, op. cit., p. 867 ; La Sainte Bible polyglotte, op. cit., p. 476, pour le latin et le grec.
  • [57]
    Lors de la séance, Jacques Derrida commente : « Sequuntur en grec, c’est akolouthei, c’est-à-dire “accompagner” : leurs œuvres s’accordent avec eux, les suivent comme un héritage, comme une garde, n’est-ce pas. “Magnifiques les morts qui meurent dans le Seigneur. Dès maintenant, dit l’Esprit, oui, ils vont se reposer de leurs travaux car leurs œuvres les suivent.” Donc, la fin des travaux ne signifie pas la fin des œuvres ; les œuvres continuent de s’accorder, de suivre (akolouthei, sequuntur), d’aller avec eux. »
  • [58]
    Apocalypse de Jean, XIV, 13, dans La Bible. Nouveau Testament, op. cit., p. 891 ; La Sainte Bible polyglotte, op. cit., p. 514, pour le latin et le grec.
  • [59]
    Ibid., XXI, 4-6, p. 905 ; La Sainte Bible polyglotte, op. cit., p. 534, pour le latin et le grec.
  • [60]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « Alors, “bientôt”, c’est cito, c. i. t. o., très vite, tout de suite. »
  • [61]
    Apocalypse de Jean, XXII, 12, dans La Bible. Nouveau Testament, op. cit., p. 908 ; La Sainte Bible polyglotte, op. cit., p. 538, pour le latin et le grec. Lors de la séance, Jacques Derrida traduit : « à chacun son salaire suivant son œuvre ».
  • [62]
    Lors de la séance, Jacques Derrida précise : « pour ceux qui n’écoutent pas ou ne contresignent pas ou veulent écrire à leur tour ».
  • [63]
    Apocalypse de Jean, XXII, 16-18, p. 908 ; La Sainte Bible polyglotte, op. cit., p. 540, pour le latin et le grec.
  • [64]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « J’y insiste parce que je veux mettre ça en rapport avec la peine de mort dont on va commencer à parler aujourd’hui, le président et la peine de mort. » Voir infra, p. 249 sq.
  • [65]
    Apocalypse de Jean, XXII, 18-21, p. 908-909 ; La Sainte Bible polyglotte, op. cit., p. 540, pour le latin et le grec. Dans le tapuscrit, Jacques Derrida avait écrit : « La grâce du Seigneur Jésus soit avec vous ». Voir aussi Évangile selon Luc, VII, 48 : « Alors il dit à la femme : “Tes péchés te sont remis”. » (Évangile selon Luc, VII, 48, dans La Bible. Nouveau Testament, op. cit., p. 199 ; La Sainte Bible polyglotte, op. cit., p. 290, pour le grec.) Lors de la séance, il ajoute : « C’est sur ces menaces terribles que se termine l’Apocalypse de Jean. »
  • [66]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « l’écorce de vie ».
  • [67]
    Dans la marge du tapuscrit, il y a quelques annotations illisibles.
  • [68]
    J. Rifkin, La fin du travail, op. cit., p. 378 ; The End of Work, op. cit., p. 292 : « fraternal bonds ».
  • [69]
    Ibid., p. 13 ; The End of Work, op. cit., p. xv.
  • [70]
    Ibid., p. 14 ; ibid.
  • [71]
    Ibid., p. 15 ; ibid., p. xvi-xvii.
  • [72]
    Ibid. ; ibid., p. xvii.
  • [73]
    Ibid., p. 14 ; ibid., p. xvi.
  • [74]
    J. Rifkin, La f in du travail, op. cit., p. 16 ; ibid., p. xvii-xviii.
  • [75]
    Tel dans le tapuscrit.
  • [76]
    J. Rifkin, La fin du travail, op. cit., p. 379 ; The End of Work, op. cit., p. 293.
  • [77]
    Ibid., p. 378 ; ibid., p. 292.
  • [78]
    Ibid., p. 379 ; ibid., p. 293.
  • [79]
    J. Derrida, Glas, op. cit., p. 220-223, et D’un ton apocalyptique adopté naguère en philosophie, Paris, Galilée, coll. « Débats », 1983 ; rééd., 2005.
  • [80]
    J. Rifkin, La fin du travail, op. cit., p. 378-379 ; The End of Work, op. cit., p. 291-293.
  • [81]
    Lors de la séance, Jacques Derrida ajoute : « C’est ça, Jésus. »
  • [82]
    G. W. F. Hegel, Der Geist…, op. cit., p. 370 ; trad. fr., p. 75. Lors de la séance, Jacques Derrida traduit : « Le religieux est donc le plêrôma de l’amour, la réflexion et l’amour uni, tous les deux pensés, liés ensemble. »
  • [83]
    Werner Hamacher, Pleroma. Dialecture de Hegel, trad. fr. Marc Froment-Meurice et Tilman Küchler, postface de M. Froment-Meurice, Paris, Galilée, coll. « La philosophie en effet », 1996.
  • [84]
    En visite au Mexique et aux États-Unis du 22 au 26 janvier 1999, le pape Jean-Paul II rencontra Bill Clinton à Saint-Louis (Missouri), le 26 janvier.
  • [85]
    Neal Gabler, « The Deconstruction of Clinton », Los Angeles Times, 3 janvier 1999, p. M1 et p. M6 ; [en ligne], disponible sur URL : < http://articles.latimes.com/print/1999/jan/03/opinion/op-59891 >, consulté le 15 juillet 2020. (L’article mis en ligne sur le site du Los Angeles Times titre plutôt, de manière erronée, « The Destruction of Clinton ».) Lors de la séance, Jacques Derrida commente : « Alors, évidemment, c’est la “déconstruction”, on joue souvent sur la syntaxe de ce mot, c’est-à-dire “La déconstruction de Clinton”, c’est la déconstruction qui déconstruit Clinton ou bien la déconstruction opérée par Clinton pour se défendre. »
  • [86]
    Paul Greenberg, « Not everyone is fooled », The Tuscaloosa News, 15 décembre 1998, p. 7A (c’est Jacques Derrida qui traduit). Cet article, conservé dans le dossier « Le parjure et le pardon : documentation » de l’IMEC (219 DRR 240), est fortement annoté par Derrida, qui a écrit à la main la phrase : « “It depends on what is is”. »
  • [87]
    W. Shakespeare, Hamlet, op. cit., acte I, sc. 5, v. 188, p. 878 ; trad. fr., p. 68. Sur ce vers, voir Jacques Derrida, Spectres de Marx. L’État de la dette, le travail du deuil et la nouvelle Internationale, Paris, Galilée, coll. « La philosophie en effet », 1993, p. 21 et p. 43-46.
  • [88]
    Dans le tapuscrit, on trouve la photocopie d’une coupure de presse : Thomas Geoghegan, « Lincoln Apologizes », The New York Times, 5 avril 1998. Jacques Derrida reviendra sur cet article à la huitième séance et en lira quelques passages. Voir infra, p. 304, note 1.

Qu’est-ce que le travail ?
Et en quel sens peut-on dire que Dieu fait le mort ?
(Lire et commenter La Cité de Dieu, t. 1, < Livre I, chap. > xvii, p. 56, puis Matthieu, XXVII, 5, p. 94-95.)
[S]i le crime de Judas nous est justement odieux, et si la Vérité prononce que son désespoir fut le comble et non l’expiation de son parricide (cet abominable repentir, incrédule à la miséricorde de Dieu, lui fermant toutes les voies de salutaire pénitence), combien doit-on s’abstenir du meurtre de soi-même quand la conscience n’a rien à expier si cruellement ? Judas se tue [c’est un passage sur le suicide : Judas se tue, donc sans avoir vraiment accompli le repentir digne de ce nom], et cependant ce n’est pas de la mort seule du Christ, c’est de la sienne aussi qu’il meurt coupable ; c’est pour son crime, mais par un second crime qu’il se tue.
Alors Judas, qui l’avait livré, le voyant condamné se repentit, retourna les trente pièces d’argent aux grands prêtres et aux anciens et dit : J’ai péché, j’ai livré un sang innocent. Mais ils répondirent : Que nous importe ? À toi de voir ! Et il rejeta l’argent dans le sanctuaire, se retira et s’en alla se pendre. Les grands prêtres prirent l’argent et dirent : On n’a pas le droit de le jeter aux offrandes puisque c’est le prix du sang. Ils tinrent conseil et achetèrent avec cela le champ du potier pour la sépulture des étrangers. Voilà pourquoi ce champ aujourd’hui encore s’appelle le champ du sang. Alors fut remplie cette parole du prophète Jérémie : Et ils ont pris les trente pièces d’argent, le prix de celui qui a été mis à prix, celui que les fils d’Israël ont mis à prix, et ils les ont données pour le champ du potier, comme le Seigneur me l’a prescrit…


Date de mise en ligne : 28/07/2025

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