Chapitre 6. La domination macédonienne 338-323
- Par Patrice Brun
Pages 110 à 126
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Notes
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La première position fut notamment défendue par l’historien britannique W.W. Tarn, La civilisation hellénistique, Paris, 1936 (trad. fr.) ; la seconde est actuellement le fait de certains historiens américains tels A.B. Bosworth, Alexander the Great : the Tragedy of Triumph, Oxford, 1996 ou V.D. Hanson, The Wars of Ancient Greeks, Londres, 1999, qui compare ainsi Alexandre à Hitler et voit en lui l’un des pires monstres de l’histoire.
Seul le découpage arbitraire de l’époque dite classique justifie de circonscrire ce titre à ces quinze années. En fait, la domination macédonienne sur le monde grec péninsulaire ne cessa vraiment qu’avec la disparition du dernier souverain de Macédoine, Persée, en 167. Mais les conditions de l’hégémonie macédonienne sont alors très différentes.
En 338 donc, fort de son incontestable victoire sur le terrain qu’il poursuivit par une promenade militaire dans le Péloponnèse, Philippe chercha à la rendre définitive grâce à une nouvelle organisation politique de la Grèce. Durant l’hiver 338/337, il présida à Corinthe un Congrès panhellénique qui jetait les bases juridiques d’une ligue (dite « de Corinthe ») dont le roi était le dirigeant (hègemon). Les cités s’engageaient par serment à rester fidèles au roi, à ne pas renverser les régimes en place (en préalable, Philippe avait pris soin d’installer un peu partout des gouvernements amis), à ne procéder ni à des libérations massives d’esclaves ni à des abolitions de dettes. Son but était, en fossilisant la situation dans les cités, d’assurer une tranquillité que les guerres civiles, fréquentes au ive siècle en Grèce, rendaient impossible. Mais au-delà, et le choix de Corinthe n’était évidemment pas neutre, cette tranquillité en Grèce était rendue nécessaire par le but avoué de la ligue, une expédition contre les Perses, qu’il fallait punir du sacrilège commis par Xerxès un siècle et demi plus tôt. Même si, dans le « droit religieux » grec, un sacrilège n’est pas oublié tant que la purification n’a pas été réalisée, on comprend vite qu’il s’agissait là d’un prétexte permettant de donner un fondement religieux à ce qui était avant tout une volonté d’agression contre les Perses, que Philippe jugeait affaiblis après l’assassinat du roi Artaxerxès III et la crise de succession qui le suivit…
Date de mise en ligne : 26/07/2024
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