Chapitre d’ouvrage

Présentation

Pages 317 à 318

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  • Berstein, S.
  • et Rudelle, O.
(1992). Présentation. Dans
  • S. Berstein
  • et O. Rudelle
Le modèle républicain (p. 317-318). Presses Universitaires de France. https://doi.org/10.3917/puf.berst.1992.01.0317.

  • Berstein, Serge.
  • et al.
« Présentation ». Le modèle républicain, Presses Universitaires de France, 1992. p.317-318. CAIRN.INFO, shs.cairn.info/le-modele-republicain--9782130441663-page-317?lang=fr.

  • BERSTEIN, Serge
  • et RUDELLE, Odile,
1992. Présentation. In : Le modèle républicain. Paris cedex 14 : Presses Universitaires de France. Politique d'aujourd'hui, p.317-318. DOI : 10.3917/puf.berst.1992.01.0317. URL : https://shs.cairn.info/le-modele-republicain--9782130441663-page-317?lang=fr.

https://doi.org/10.3917/puf.berst.1992.01.0317


1Dès 1918 avec les Lettres sur la réforme gouvernementale de Léon Blum débutent les propositions d’aménagement du modèle républicain sur le plan institutionnel. C’est le moment où commence à s’affirmer la prise de conscience d’une inadéquation entre un modèle définitivement mis en place dans les années qui précèdent la première guerre mondiale et la situation nouvelle léguée par celle-ci. Désormais, les critiques sur la nécessité de transformer un modèle encore dominant ne vont cesser de s’accentuer, prenant au cours des années 30 (tout au moins jusqu’en 1934) l’allure d’une vague qui s’enfle et paraît déferler sur une France en crise. Thème majeur de ces critiques adressées au modèle républicain, l’inadaptation d’institutions jusque-là considérées comme parfaites, ainsi qu’on l’a vu dans la seconde partie de cet ouvrage. Or le cœur même de cette charge contre les institutions « républicaines » réside dans le mouvement pour la réforme de l’État dont Nicolas Roussellier nous décrit la complexité, les acteurs et l’échec final. Il se trouve que quelques-uns des protagonistes de ces réformes vont penser trouver à Vichy les conditions nécessaires à la réalisation de leurs idées. Jean-Pierre Azéma nous montre comment Vichy s’est efforcé de mettre en place un régime dont les principes, les valeurs et le fonctionnement apparaissaient en tout point antithétiques du modèle républicain. Mais tout en tournant le dos aux conceptions républicaines, Vichy puise largement dans l’arsenal d’idées, de thèmes, de propositions fournis par les théoriciens « non conformistes » dont un certain nombre apparaissent un temps à Vichy. Sans doute tout cela ne débouche-t-il pas sur la création d’un nouveau modèle politique, le temps ayant manqué à l’expérience, le poids déterminant de l’occupation et de la guerre ayant été délibérément négligé et certaines des théories envisagées s’avérant à l’essai inapplicables. Toutefois, la tentative rend compte du profond discrédit en 1945 des propositions de réforme formulées naguère qui vont, du coup, s’identifier avec les pratiques antirépublicaines de Vichy. Le rejet de la dictature vichyste débouche en fait sur la reconstitution par la IVe République du modèle républicain de la IIIe, hier si décrié, mais qui se confond finalement avec le retour à la démocratie et à la liberté et qui répond à la culture politique de la majorité des Français jusqu’à la fin des années 50 (Serge Rerstein). La IVe République n’a pas voulu prendre en compte les propositions de réforme de Charles de Gaulle. C’est que celles-ci, comme nous le montre Odile Rudelle, se réclament d’une tout autre inspiration que la Tradition républicaine, inspiration sans doute démocratique mais qui ne se fonde en rien sur les conceptions essentielles de ceux qui se proclament « Républicains ». Et c’est en quoi l’événement du 13 mai, qui aboutit à la chute de la IVe République et ramène au pouvoir un de Gaulle décidé à appliquer ses idées fait en 1958 figure de traumatisme pour les tenants du modèle républicain. Fort loin des craintes de dictature émises par quelques-uns, mais d’une manière profondément différente de vues considérées jusqu’alors comme seules valides, de Gaulle va s’appliquer à bouleverser les institutions en même temps que se produisent des mutations des structures sociales, des pratiques gouvernementales, des conceptions politiques et même des mentalités. La relative stabilité acquise en plus de trente années de Ve République constitue-t-elle un nouveau modèle républicain avec ses références philosophiques ou historiques, ses conceptions institutionnelles, son projet social ? C’est la question que pose Serge Berstein dans la contribution qui clôt cet ouvrage.


Date de mise en ligne : 01/07/2014

https://doi.org/10.3917/puf.berst.1992.01.0317